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L'accord commercial sino-européen sur les véhicules hybrides garantit la croissance des exportations et un traitement équitable pour les entreprises chinoises (observateurs)
Le respect des règles de l'OMC est essentiel pour protéger les intérêts des constructeurs automobiles et assurer la stabilité des perspectives commerciales, selon des analystes
La Chine et l'Union européenne (UE) ont mené plus de 30 cycles de consultations intensives sur le commerce des véhicules hybrides et électriques. Durant ces échanges, l'équipe de négociation chinoise a fait preuve d'ouverture et a maintenu un dialogue constant avec les industries automobiles des deux parties, a affirmé au Global Times une source proche du dossier.
Les deux parties ont convenu d'un mécanisme d'ajustement à la hausse fondé sur le volume des importations européennes de véhicules hybrides chinois en 2025, assorti d'une augmentation annuelle fixe par la suite, offrant ainsi aux constructeurs chinois la possibilité de maintenir et d'accroître progressivement leurs exportations, a annoncé lundi le ministère chinois du Commerce.
Il a également été convenu qu'aucune mesure ne ciblerait spécifiquement les produits chinois ni ne discriminerait les entreprises chinoises, et que le quota alloué à la Chine ne serait pas inférieur à celui accordé à toute autre source d'importation de l'UE.
Cet accord figure parmi les 16 résultats obtenus lors de la deuxième réunion du mécanisme de consultation Chine-UE sur le commerce et l'investissement, tenue à Beijing les 8 et 9 octobre. Ces discussions ont porté sur divers sujets, notamment le commerce et l'investissement, le contrôle des exportations, les droits de propriété intellectuelle et la réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
L'accord sur les véhicules hybrides a suscité l'attention à la suite d'informations parues dans des médias étrangers, suggérant qu'il pourrait permettre de réduire de plus de moitié les exportations chinoises de véhicules hybrides vers l'UE au cours des quatre prochaines années par rapport aux niveaux prévus.
Le Global Times a appris que les négociations s'étaient appuyées sur les volumes réels d'importation de véhicules hybrides chinois par l'UE en 2025. Selon les données d'Eurostat, l'UE a importé 107 000 véhicules hybrides en provenance de Chine en 2024, un chiffre porté à 302 000 en 2025.
« En vertu des règles régissant les enquêtes de sauvegarde, les calculs doivent se fonder sur les statistiques officielles de l'économie importatrice », a déclaréChen Jingjing, secrétaire générale de la branche automobile de la Chambre de commerce de Chine pour l'importation et l'exportation de machines et de produits électroniques.
« En obtenant un accord qui permet aux exportations de continuer à croître à partir du niveau réel des importations de l'UE en 2025, la Chine a garanti les avantages à l'exportation les plus importants possibles pour ses constructeurs automobiles », a-t-elle assuré.
Des analystes ont fait remarquer que l'affirmation d'une réduction de plus de 50 % reposait sur une projection de la croissance rapide des exportations chinoises de véhicules hybrides observée ces dernières années appliquée aux quatre années à venir, comparant ensuite les chiffres obtenus avec les termes de l'accord négocié plutôt qu'avec les volumes d'importation réels utilisés lors des discussions. De telles projections sont par nature incertaines, compte tenu de l'influence des facteurs de marché à court terme sur la croissance passée des exportations.
Il convient de noter que l'accord ne s'applique qu'aux véhicules particuliers hybrides, et non à l'ensemble des exportations de véhicules chinois vers l'UE. Les données des douanes chinoises montrent que la Chine a exporté environ 1,009 million de véhicules vers le bloc européen en 2025, soit une hausse de 30,4 % sur un an, dont 181 000 véhicules thermiques, 472 000 véhicules électriques et 356 000 hybrides. Les hybrides n’ont ainsi représentéqu’environ 35,3 % du total, ce qui montre que l'accord ne couvre qu'une partie des exportations automobiles chinoises vers l'UE.
Zhou Mi, chercheur à l'Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique, a déclaré au Global Times que cet accord répondait aux préoccupations des industries des deux parties tout en préservant une marge de manœuvre pour la poursuite de la croissance des exportations et la planification des activités. « L'UE connaît une demande importante de véhicules importés, en particulier d'hybrides, et restreindre les importations en provenance de Chine rendrait cette demande plus difficile à satisfaire », a-t-il ajouté.
« Au cours des dernières décennies, les entreprises chinoises ont renforcé leurs capacités grâce à une concurrence loyale, à l'innovation et à leur capacité à répondre aux besoins des clients », a affirmé M. Zhou. Un traitement équitable offrirait donc une base plus solide pour que les entreprises puissent poursuivre leur coopération, a-t-il ajouté.
Les récentes consultations ont contribué à stabiliser les perspectives économiques plus larges. Le ministre chinois du Commerce Wang Wentao a déclaré lundi lors d'une rencontre avec Antoine de Saint-Affrique, PDG de Danone, que la deuxième réunion du mécanisme de consultation Chine-UE sur le commerce et l'investissement avait abouti à une série de résultats et d'accords ayant contribué à stabiliser les attentes du secteur.
M. Wang a également affirmé que la Chine restait déterminée à promouvoir une ouverture de haut niveau, alors que son marché de consommation en pleine expansion et la montée en gamme continue de la consommation offrent de vastes opportunités aux entreprises à capitaux étrangers. Il a invité Danone à accroître ses investissements ainsi que ses activités de recherche et développement (R&D) axées sur l'innovation en Chine.
Selon des analystes, l'enjeu majeur des négociations commerciales entre la Chine et l'UE réside, en fin de compte, dans leur capacité à inspirer aux entreprises des deux parties la confiance nécessaire pour investir et opérer dans des conditions de marché stables et prévisibles.
« Toutefois, bien que la Chine ait abordé les négociations avec sincérité, certaines actions de l'UE ont compromis la confiance mutuelle », a avancé la source anonyme proche du dossier. « La Chine a fait preuve à la fois de sincérité et de patience dans sa recherche de solutions négociées, mais la sincérité ne peut être unilatérale, et la patience de la Chine a des limites. »
Dans ce contexte, la confirmation par les deux parties que les accords commerciaux doivent être conformes aux règles de l'OMC revêt une importance particulière. Chen Jingjing a souligné que « cela signifie que la Chine conserve tous ses droits dans le cadre de l'OMC, y compris celui de recourir au règlement des différends et de demander des compensations commerciales ».
Si l'UE enfreint les règles pertinentes de l'OMC au cours de son enquête, la Chine pourra utiliser tous les moyens légaux conformes à ces règles pour défendre efficacement les intérêts des entreprises chinoises, offrant ainsi davantage de garanties aux entreprises, a précisé Mme Chen.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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