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L'UE réfléchit à un « mécanisme de solidarité » face à la Chine 

French.china.org.cn | Mis à jour le 13. 07. 2026 | Mots clés : UE,haînes d'approvisionnement,protectionniste
french.china.org.cn | 13. 07. 2026

Pour tenter de résoudre ses problèmes commerciaux avec la Chine, l'Union européenne (UE) réfléchirait à un « mécanisme de solidarité » destiné à soutenir les entreprises qui diversifient leurs chaînes d'approvisionnement critiques pour s'affranchir de la dépendance à la Chine, et à amortir l'impact d'éventuelles mesures de rétorsion en cas de conflit commercial, selon un article publié le 11 juillet par Bloomberg. La mise en œuvre de ce mécanisme pourrait nécessiter un soutien financier.

Des experts chinois estiment toutefois un tel « mécanisme de solidarité » est un prolongement de la politique de « réduction des risques » (derisking) de l'UE. Ils soulignent qu'une véritable solidarité impliquerait d'aborder les relations commerciales sino-européennes de manière rationnelle et d'aider les entreprises à maintenir un environnement politique stable pour le commerce avec la Chine, plutôt que de générer davantage d'incertitude pour les entreprises des deux camps.

Citant des sources proches du dossier, l'article de Bloomberg indique que ce mécanisme aurait un coût et nécessiterait des financements, alors même que les Etats membres de l'UE négocient le prochain budget pluriannuel du bloc. Ce mécanisme, actuellement élaboré par l'exécutif européen, s'inscrirait dans les efforts de l'UE pour remédier à son déficit commercial massif avec la Chine, selon l'article.

Bien que les détails de ce « mécanisme de solidarité », notamment son champ d'application et ses modalités de mise en œuvre, restent flous, il semble d'ores et déjà empreint d'une forte connotation protectionniste, a déclaré Jian Junbo, directeur du Centre pour les relations Chine-Europe à l'Institut d'études internationales de l'université Fudan. « Cela reflète également un manque de confiance de la partie européenne dans la concurrence économique et commerciale avec la Chine, ainsi que des idées fausses persistantes à l'égard de la Chine », a ajouté M. Jian dans un entretien le 12 juillet.

« Le découplage, l'imposition de restrictions ou l'intensification de la confrontation n'amélioreront pas véritablement la compétitivité de l'Europe et ne constituent pas une voie viable vers une croissance et une prospérité à long terme », a déclaré Zhang Jian, vice-président des Instituts chinois des relations internationales contemporaines. Au contraire, de telles mesures ne feront qu'accroître l'incertitude pesant sur les relations économiques et commerciales entre la Chine et l'Europe, a-t-il souligné.

Cette proposition intervient peu après la conclusion, le 29 juin, de la première réunion du mécanisme de consultation Chine-UE sur le commerce et l'investissement. Lors de cette réunion, les deux parties ont souligné l'importance de relever efficacement les défis affectant leurs relations économiques et commerciales bilatérales et ont convenu de rechercher des solutions pragmatiques et réalisables, selon le ministère chinois du Commerce. Parallèlement, des responsables chinois et européens ont multiplié les réunions intensives ces dernières semaines pour trouver des solutions aux frictions commerciales et relancer les mécanismes de dialogue. 

Face à cette situation, des experts chinois ont également appelé la partie européenne à mieux exploiter les mécanismes de dialogue et de consultation, plutôt que de poursuivre une stratégie de « réduction des risques » vis-à-vis de la Chine au détriment des liens économiques et commerciaux bilatéraux.

L'UE poursuit depuis quelques années sa stratégie dite de « réduction des risques », cherchant à réduire ce qu'elle qualifie de dépendance à l'égard de la Chine dans des secteurs clés, tout en semblant négliger systématiquement les avantages qu'elle tire des domaines où elle détient un avantage concurrentiel dans ses échanges avec la Chine. En matière de commerce des services, l'UE continue d'enregistrer un excédent commercial avec la Chine, bien que celui-ci soit en baisse. Selon un rapport publié sur le site officiel de l'UE, cet excédent s'élevait à 21,3 milliards d'euros (24,3 milliards de dollars) en 2025. La Chine est le quatrième partenaire commercial de l'UE pour les services, indique le rapport. En 2024, l'excédent commercial dans le secteur des services avec la Chine a dépassé les 50 milliards de dollars, tandis que les seules redevances de propriété intellectuelle généraient plus de 10 milliards de dollars par an en provenance de Chine, selon des données officielles.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a réagi à plusieurs reprises et de manière claire aux projets de l'UE visant à élargir ses instruments pour remédier à ce qu'elle qualifie de déséquilibre commercial avec la Chine. 

« Le commerce international est une voie à double sens. Il n'y a pas de commerce forcé. Les relations commerciales entre la Chine et l'UE sont mutuellement bénéfiques. La Chine ne recherche pas d'excédent commercial. Se focaliser uniquement sur le commerce des marchandises tout en ignorant le commerce des services et les revenus des investissements, privilégier les quantités brutes au détriment de la structure des échanges et des flux de profits, et se concentrer sur les importations en provenance de Chine tout en négligeant ses propres restrictions à l'exportation : quiconque perçoit le commerce sous cet angle ne voit qu'un déséquilibre », a déclaré Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d'un point de presse le 28 mai.

Quel que soit le terme employé, qu'il s'agisse de « réduction des risques », de « diminution de la dépendance » ou de « déséquilibre commercial », il ne s'agit là que de différentes appellations sous couvert de protectionnisme. Ces mesures ne feront que nuire aux intérêts des consommateurs européens, augmenter les coûts pour les entreprises et affaiblir la compétitivité industrielle européenne à long terme, a affirmé Mme Mao. « L'UE doit replacer ses relations commerciales avec la Chine dans une perspective juste et honorer son engagement en faveur du libre-échange. La Chine suivra de près les actions de l'UE et prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre ses droits et intérêts légitimes. »

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Source:french.china.org.cn