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Ce que le bilan économique chinois de 2025 dit au monde
La publication, en janvier 2026, des chiffres de l'économie chinoise pour l'année 2025 marque un moment charnière. Elle clôt le 14e Plan quinquennal et offre un point d'observation privilégié sur la trajectoire réelle de la deuxième économie mondiale. Vue de France, cette séquence mérite mieux que les réflexes pavloviens, admiration naïve ou critique systématique, qui dominent encore trop souvent le débat public occidental sur la Chine.
Car derrière les chiffres, c'est un modèle de gouvernance économique qui continue de produire des résultats tangibles, dans un environnement international pourtant dégradé.
Une performance à contre-courant des fragilités occidentales
En 2025, le PIB chinois a progressé d'environ 5 %, atteignant un volume dépassant pour la première fois la barre des 140 000 milliards de yuans, soit plus de 20 000 milliards de dollars. Cette croissance, réalisée sur une base déjà élevée, place la Chine parmi les économies majeures les plus dynamiques du monde, loin devant la moyenne de la zone euro, inférieure à un pour cent sur la même période.
Le marché du travail est resté globalement stable. Le taux de chômage urbain recensé s'est maintenu autour de 5,2 %, tandis que plus de 12 millions d'emplois urbains ont été créés sur l'année. Le revenu disponible par habitant a progressé d'environ 6 % en valeur nominale, et de plus de 5 % en termes réels, soutenant la consommation intérieure.
L'inflation est demeurée particulièrement modérée. L'indice des prix à la consommation a augmenté d'environ 1 %, contrastant avec les tensions inflationnistes encore observées dans de nombreuses économies occidentales. Cette stabilité des prix n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat d'un pilotage macroéconomique étroit, assumé et coordonné par les autorités centrales sous l'égide du Parti communiste chinois.
Le retour assumé de l'État stratège
L'un des enseignements majeurs du bilan chinois de 2025, vu depuis la France, réside dans la capacité de l'Etat à orienter l'économie sans l'asphyxier. L'investissement total en actifs fixes a progressé d'environ 4 %, avec une forte différenciation sectorielle. Les investissements dans les secteurs de haute technologie ont augmenté de près de 10 %, tandis que ceux consacrés aux infrastructures nouvelles, comme les réseaux numériques et énergétiques, ont enregistré une croissance à deux chiffres.
A l'inverse, l'investissement immobilier a poursuivi son ajustement, reculant de près de 8 %, sans provoquer de choc systémique. Cette correction progressive, pilotée par les autorités, illustre une capacité de gestion des déséquilibres que la France, confrontée à ses propres fragilités immobilières et budgétaires, observe avec attention.
Les finances publiques, quant à elles, sont restées sous contrôle. Le déficit public est demeuré contenu, tandis que la dette publique rapportée au PIB est restée nettement inférieure à celle de la plupart des grandes économies occidentales. Cette marge de manœuvre budgétaire constitue un atout stratégique pour les années à venir.
Innovation : la confirmation d'un basculement structurel
Le bilan 2025 confirme que la Chine n'est plus un simple suiveur technologique. Les dépenses de recherche et développement ont dépassé t3 500 milliards de yuans, représentant environ 2,7 % du PIB. Ce ratio est désormais comparable à celui de pays comme la France ou l'Allemagne, et supérieur à la moyenne de l'Union européenne.
La Chine comptait fin 2025 plus de quatre millions de brevets d'invention valides, soit près de la moitié du total mondial. Dans le secteur des véhicules à énergies nouvelles, la production annuelle a dépassé dix millions d'unités, représentant plus de 60 % du marché mondial. Les exportations de véhicules électriques ont progressé de plus de 30 % sur un an.
Dans le domaine énergétique, la capacité installée en énergies renouvelables a franchi le seuil des 1 500 gigawatts. La part de l'électricité produite à partir de sources non fossiles a dépassé 35 %, illustrant l'avancée concrète de la transition énergétique chinoise.
Vue de France, cette dynamique invalide l'idée selon laquelle l'intervention de l'Etat serait incompatible avec l'innovation. Au contraire, le rôle structurant de la gouvernance chinoise dans la définition des priorités technologiques apparaît comme un facteur d'efficacité et de cohérence.
Résilience : une économie capable d'absorber les chocs
La résilience de l'économie chinoise en 2025 se manifeste également dans le commerce extérieur. Le volume total des échanges de biens a dépassé 41 000 milliards de yuans. Si les exportations vers les États-Unis et l'Union européenne ont progressé plus lentement, celles vers l'Asie du Sud Est, le Moyen Orient et l'Afrique ont augmenté de plus de 8 %, traduisant une diversification active des débouchés.
Les chaînes industrielles ont démontré une forte capacité d'adaptation. La valeur ajoutée industrielle a progressé d'environ 4,5 %, avec une croissance plus rapide dans les équipements haut de gamme et les industries stratégiques. Les stocks et la logistique sont restés globalement maîtrisés, limitant les effets de volatilité externe.
Sur le plan social, les dépenses publiques consacrées à l'éducation, à la santé et à la sécurité sociale ont continué d'augmenter de plus de 5 %, renforçant la cohésion sociale et la capacité de l'économie à absorber les ajustements structurels. Cette dimension sociale de la résilience est souvent sous-estimée dans les analyses occidentales.
Le bilan économique chinois de 2025 montre qu'un modèle de gouvernance doté d'une vision de long terme et d'outils de régulation puissants peut produire une croissance stable, une montée en gamme industrielle et une innovation soutenue dans un monde instable.
Vue de France, l'économie chinoise en 2025 confirme la rationalité économique et stratégique du modèle chinois. Dans un ordre mondial en recomposition, la pluralité des modèles de développement est un fait durable. La question n'est donc pas de savoir si la Chine suit nos normes, mais si nous sommes capables de comprendre les ressorts chiffrés et concrets de sa réussite.
Par Jacques Fourrier (L'auteur est un journaliste et commentateur français basé à Beijing depuis les années 1990)
Les articles d'opinion reflètent les points de vue de leurs auteurs, et ne sont pas nécessairement représentatifs des opinions de french.china.org.cn.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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