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Affectées par l’épidémie de COVID-19, un grand nombre d’entreprises en Inde ne parviennent plus à garantir une livraison normale, notamment dans les secteurs du textile, des ingrédients pharmaceutiques actifs et des appareils électroniques. Afin d’assurer leur approvisionnement en marchandises, les détaillants européens et américains ont transférés un grand nombre de leurs commandes de produits initialement destinées à l’Inde vers la Chine.
Dans une note de recherche publiée mercredi, la société IHS Markit, un fournisseur mondial d’informations basé à Londres, indique que l’essor prolongée du COVID-19 en Inde a affecté de manière négative ses perspectives économiques. Selon les statistiques de l’Agence nationale de promotion et de facilitation des investissements de l’Inde, la fabrication électronique, l’un des secteurs phares contribuant pour près de 20 % au PIB du pays, fait partie des secteurs les plus touchés.
Canalys, une entreprise mondiale d’analyse spécialisée dans les technologies de l’information, prévoit une chute soudaine des livraisons de smartphones sur le marché indien pour le 2e trimestre, du fait de l’aggravation de la situation pandémique. L’Inde est l’un des plus grands marchés pour les smartphones, notamment pour les marques chinoises comme Xiaomi, Vivo et Oppo.
Alors que certaines entreprises textiles chinoises enregistrent une augmentation majeure des commandes internationales, faisant tourner leurs usines à plein régime, celles-ci s’inquiètent également du caractère potentiellement temporaire de cette tendance, qui rendrait inutile d’augmenter la capacité de production.
D’autres entreprises textiles précisent qu’elles n’ont pas enregistré de transfert des commandes étrangères de l’Inde à la Chine, mais plutôt une augmentation de leurs commandes domestiques.
Un fournisseur de secours
D’après une source au sein du groupe Zhejiang Textiles Import & Export, un nombre croissant de commandes des marchés occidentaux seraient transférées de l’Inde vers la Chine, à la suite des perturbations enregistrées dans la production indienne depuis le début de l’épidémie. Et la flambée récente du nombre de cas accélère définitivement cette tendance.
L’Inde est le 2e fabricant et exportateur de textile au monde après la Chine, comptant pour 5 % du commerce mondial de textile et de vêtements. Selon le ministère indien des Textiles, ce secteur contribue à 2 % du PIB indien et 12 % des revenus des exportations du pays.
Le commerce de textile entre la Chine et l’Inde est relativement faible, car les deux pays sont de grands fabricants de textiles, avec les pays occidentaux comme principaux marchés cibles pour leurs exportations.
D’après la source du groupe Zhejiang Textiles Import & Export, tant que l’épidémie en Inde ne sera pas endiguée, l’approvisionnement du textile ne pourra être garanti. Les commandes internationales risquent donc de se transférer vers la Chine.
Néanmoins, les analystes estiment que ce flux de commandes de textiles de l’Inde vers la Chine devrait être temporaire, car ce secteur nécessite une main d’œuvre considérable. Or, le coût de la main d’œuvre en Chine a sensiblement augmenté depuis un certain nombre d’années et de nombreux ateliers ont été transférés en Asie du Sud-Est.
Pour autant, certaines entreprises chinoises voient les choses différemment. M. Chen, un directeur de l’entreprise Quli Textile basée à Shaoxing dans la province orientale chinoise de Zhejiang, note que ses commandes enregistrent une « légère hausse » depuis le mois de mars dernier, du fait principalement d’une hausse de la demande domestique.
La Chine est en train de passer d’une destination de production manufacturière « tirée par les prix » à une destination « tirée par l’innovation ». Par ailleurs, l’attention des fabricants chinois devrait désormais se concentrer de plus en plus sur leur marché domestique en forte croissance.
La part mondiale de la Chine sur le marché des exportations va probablement diminuer et cela pourrait créer un vide d’une valeur avoisinant les 50 milliards de dollars (41 milliards d’euros) d’ici 2025, représentant une grande opportunité pour de nombreux pays − notamment l’Inde, le Bangladesh, l’Ethiopie, le Kenya ou encore le Myanmar − de tirer profit des parts de marché nouvellement disponibles, indique un rapport de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie de l’Inde (FICCI).
Emergence de nouvelles chaînes d’approvisionnement
D’après les dernières données disponibles, la situation épidémique du COVID-19 a atteint un nouveau palier en Inde, avec 2,97 millions de cas actifs et 201 166 morts. De fait, les acheteurs internationaux s’inquiètent du fait que les industries indiennes ne parviennent pas à proposer un approvisionnement suffisant et sont à la recherche de nouvelles sources de secours, comme la Chine.

« Etant donné la marge de profit net très limitée de l’industrie textile, la chaîne d’approvisionnement du textile est relativement courte et principalement limitée au sein d’un même pays, ce qui diffère de la production de médicaments, qui implique de nombreux participants dans différents pays avant une livraison sur le marché final », explique un analyste industriel.
Habituellement, l’Inde est un transformateur dans la chaîne d’approvisionnement entre la Chine et les destinations finales en Europe ou aux Etats-Unis. Cependant, les acheteurs essaient de faire sans elle du fait de la gravité de sa situation épidémique.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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