| Des médias rapportent que les grandes entreprises sidérurgistes japonaises, dont notamment Nippon Steel Corporation, ont été récemment parmi les premières à parvenir avec Vale of Brazil (ex-CVRD), l'un des trois géants mondiaux de fourniture du fer (BHP Billiton, Rio Tinto et Vale) qui représentent environ 80 % des exportations mondiales, à un accord sur les prix trimestriels 2010 du minerai de fer, soit une hausse de plus de 90% par rapport à l'année précédente. Puis, elles ont été suivies par la sud-coréenne Pohang Iron and Steel Co. Ltd (POSCO)qui le quatrième principal producteur mondial d'acier.
Acculées à ce fait, les entreprises sidérurgiques européennes et chinoises auront encore moins d'échappatoire dans les négociations déjà extrêmement dures et difficiles avec les producteurs de minerai de fer, car d'après la pratique internationale dans ce genre de négociations, pourvu qu'il y ait un sidérurgiste qui aurait parvenu avec un groupe minier à un accord sur les prix d'approvisionnement pour la nouvelle année, les autres parties négociatrices devraient alors poursuivre les discussions sur cette base-là. Le Directeur général de l'Eurofer Gordon Moffat indique que cette fois-ci, ce sont toujours les Japonais qui donnent l'exemple en se soumettant les premiers aux géants miniers. Toutefois, a-t-il ajouté, les sidérurgistes européens ne sont pas prêts à renoncer à leur position dans les pourparlers et il a exprimé en même temps tout son soutien aux collègues chinois qui s'en tiennent à une semblable position.
Lors d'une interview exclusive accordée à un journaliste, Gordon Moffat, qui est le premier responsable de la Confédération européenne des industries du fer et de l'acier (Eurofer), a une fois de plus émis des critiques vives et sévères à l'encontre des « exigences frénétiques et farouches » des géants miniers internationaux qui demandent une hausse de prix de 80% à 90%. Il a indiqué que cette hausse exagérée ne répond complètement pas à la situation actuelle essentielle entre l'offre et la demande et que ce sont ces derniers qui sont en train de réclamer des prix exorbitants en ne tenant aucunement compte de la réalité., du fait que selon les prévisions, la demande en fer et en acier augmentera cette année seulement de 8% à 10%. Il a poursuivi en disant qu'effectivement l'économie mondiale connaît actuellement un commencement de redressement, mais que comparé aux années précédant l'éclatement fin 2008 de la crise financière internationale, il est prévu que la consommation cette année dans le monde des produits sidérurgiques continuera à diminuer environ de 27%.
Il a reconnu que le fonctionnement des entreprises sidérurgiques européennes dépend en grande partie de l'importation du minerai de fer et c'est la raison pour laquelle la hausse des prix de ce dernier les affecte énormément. Les données publiées par World Steel Association montrent qu'en 2008, les vingt sept pays de l'Union européenne (EU) ont importé au total plus de 180 millions de tonnes de minerais de fer, soit à peu près 19,4% des importations mondiales.
Le milieu sidérurgique européen a publié récemment une déclaration dans laquelle il est indiqué que la hausse exagérée et excessive du minerai de fer constitue une menace pour le relèvement déjà assez faible de l'économie européenne. Il y est affirmé que le minerai de fer constitue la base de la plus importante chaîne industrielle de l'Union européenne et que dans le cas où l'on ne pourrait pas obtenir efficacement et économiquement ce minerai du fait de la fixation irrationnelle et déraisonnable de ses prix, cela pourrait affecter la production sidérurgique et métallurgique européenne, avoir des conséquences désastreuses pour l'ensemble de la chaîne industrielle et compromettre la création de plusieurs millions d'emplois.
L'Association des constructeurs européen d'automobiles (ACEA) vient de publier de son côté une déclaration dans laquelle elle exprime sa profonde inquiétude pour la hausse excessive du minerai de fer. Il y est indiqué que le fer et l'acier sont les plus importantes matières pour la fabrication automobile et qu'il en faut en moyenne une tonne pour construire une auto, c'est pourquoi les prix exagérés de ce minerai et le mécanisme imprévisible de fixation des prix nuisent énormément à la compétitivité des industries manufacturières européennes, y compris l'industrie automobile. |