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Le groupe automobile chinois Geely a réussi à racheter le suédois Volvo en dépit de sa taille financière trop faible à côté de celle de l'objet de son acquisition (1,2 milliard d'USD de chiffres d'affaires en 2008 contre 14,7 milliards d'USD). Li Shufu, président du conseil d'administration de Geely, a expliqué comment il comptait digérer cet éléphant qui lui a coûté près de 2,7 milliards de USD (1,8 milliard d'USD pour l'acquisition, plus le cash flow et les fonds à transfuser).
Volvo a l'image de la marque automobile la plus sûre au monde et possède beaucoup de brevets en sécurité automobile et en protection de l'environnement. Geely s'empare naturellement des propriétés ou des droits d'usage de ces brevets.
En 2008, le déficit de Volvo s'élevait à 1,46 milliard d'USD. C'est pourquoi Ford, ancien possesseur de la marque suédoise, a choisi de la céder à Geely. Selon M. Li, le coût moyen de Volvo est trop élevé en comparaison avec les autres marques de même rang telles que BMW et Mercedes Benz, en raison de ses importants investissements dans la recherche et le développement mal rentabilisés par sa faible production. M. Li s'efforcera de mettre en valeur les atouts de Volvo en élargissant considérablement la production afin de réduire le coût de production et de rendre la marque rentable d'ici deux ans.
Les chiffres d'affaires de Vovo ont connu une croissance de 80 % au cours des deux premiers mois de 2010 en Chine. Des médias ont révélé, il y peu, la création d'une base de production de Volvo à Beijing, ce qui, pour M. Li, ne sera pas immédiatement classé prioritaire dans son agenda trop chargé pour le moment par les détails de l'acquisition.
Le directeur de Geely a voulu insister sur l'indépendance de Volvo. Après l'acquisition, le siège de Volvo restera à Göteborg, et son équipe actuelle de gestion s'occupera toujours des affaires courantes. Lui-même prendra la fonction de président du conseil d'administration de Volvo, et le poste du vice-président sera assumé par un Suédois.
Selon M. Li, Geely respecte de bon gré la valeur essentielle de Volvo qui tient en haute considération la sécurité, la qualité, l'environnement et la conception moderne à la suédoise. « Geely ne produira pas des Volvos, et Volvo ne produira des Geelys non plus », a conclu M. Li.
En réalité, très peu de projets d'acquisition d'actif à l'étranger par des entreprises chinoises ont été couronnés de succès. En revanche, Li Shufu a plutôt l'air rassuré : « Je vois de bonnes chances de réussite pour le projet de Volvo, bien que rien ne soit facile. » |