| Carrefour SA vient d'annoncer le 15 octobre son intention de se retirer du marché russe, une nouvelle qui étonne tout le monde, car il y a seulement quatre mois qu'il a installé un supermarché à Moscou et qu'il vient tout juste, en septembre dernier, d'ouvrir son deuxième magasin en Russie à Krasnodar, rapporte l'hebdomadaire britannique « CBNweekly ».
Carrefour a investi au total 15,8 millions d'euros pour l'ouverture en Russie de ces deux supermarchés et personne n'a pu prévoir qu'en si peu de temps l'investissement est devenu le coût de revient.
Parlant des récentes rumeurs incessantes selon lesquelles Carrefour envisage de vendre ses activités dans les marchés émergents, le 'numéro deux' de Carrefour Pierre Bouchut, qui est Directeur Financier et Membre du Directoire du Groupe, a déclaré qu'aucune sortie des autres marchés n'est à l'ordre du jour pour le moment.
Les rumeurs sur la cessation de certaines affaires de Carrefour ont commencé à circuler à partir de la publication par la revue anglaise « The Economist » d'un article dans lequel il est dit que les principaux actionnaires de Carrefour poussent pour que le Groupe vende ses affaires en Asie et en Amérique latine, ce afin de pouvoir gagner les dividendes des actionnaires et de diminuer autant que possible les pertes de leurs investissements dans Carrefour.
Les deux principaux actionnaires de Carrefour Colony Capital LLC, une firme internationale de fonds d'investissement privés basée à Los Angeles, en Californie, aux États-Unis), et le Français Bernard Arnault, Président du Groupe LVHM, possèdent actuellement à eux deux 13% du droit d'apport de Carrefour et disposent de près de 20% du droit de vote.
Le prix d'achat des actions de Carrefour qui était de 50 euros en 2007 a continuellement chuté pour se chiffrer actuellement à 30 euros environ pour le moment, ce qui tout naturellement provoque le mécontentement et l'insatisfaction des investisseurs. Mais comparé à cela, ce qui les déplaît et les ennuie encore plus, c'est que les affaires de Carrefour ne montrent aucunement une amélioration permettant d'avoir confiance dans leur croissance et dans leur développement. Carrefour a publié ce jeudi soir une légère baisse de son chiffre d'affaires au troisième trimestre. Celui-ci a reculé de 2,9% sur la période, à 24 milliards d'euros. En France qui représente plus de 40% des affaires du tout le groupe, les revenus ont diminué de 3,4% sur le trimestre, tombant à 10,4 milliards d'euros et les explications données dans le rapport financier affirment que c'est le fléchissement de la vente des articles non alimentaires qui a accentué la pression exercée sur les supermarchés.
C'est devant cette situation que les actionnaires ont tablé sur les activités de Carrefour en Asie et en Amérique latine, lesquelles continuent à connaître une croissance soutenue et dont la vente leur permettra certainement de réaliser de gros profits. Toujours selon « The Economist », les chiffres d'affaires réalisés par Carrefour en Chine et au Brésil ont augmenté respectivement de 7,1% et de 14,8% durant le troisième trimestre de cette année.
Dans le cas où décision serait prise pour vendre les activités de Carrefour dans ces deux pays-là, il serait difficile de croire que les autres investisseurs exprimeraient leur satisfaction. A l'heure actuelle, les marchés prennent une attitude attentiste et expectante devant cette nouvelle et il n'y a pas eu de fluctuation sensible dans la transaction des prix de la valeur d'achat des actions de Carrefour le jour même de la publication de cette nouvelle et les jours suivants. Pour calmer et tranquilliser encore plus les investisseurs, Carrefour a même publié en Chine une déclaration officielle dans laquelle il est affirmé que du point de vue stratégique à long et à moyen terme, Carrefour vice principalement les marchés émergents, c'est pourquoi il est impossible qu'il se retire des marchés du Brésil et de la Chine. Suite à cette publication, la valeur des actions de Carrefour a augmenté de 0,5%.
Quant à Carrefour China, il a déclaré en plus que Carrefour compte actuellement en Chine 143 supermarchés, qu'il envisage d'accroître ses investissements dans le marché chinois et que son projet d'investissement qui prévoir d'ouvrir chaque année en Chine vingt à vingt cinq nouveaux magasins demeure inchangé inébranlablement.
Mais quelques jours seulement après la publication de cette déclaration d'éclaircissement, c'est le même Carrefour qui annonce qu'il se retire du marché russe. Cette manière d'agir, qui ne répond évidemment pas à la pratique habituelle et aux règles de l'exploitation, montre de façon plus qu'évidente la puissance des principaux actionnaires et le besoin urgent qu'ils ressentent de vendre des affaires, ainsi que d'éventuelles tensions entre la direction du Groupe et les actionnaires de référence. Si Carrefour ne peut pas donner des explications plus justificatives qui répondent à la logique commerciale, son comportement et sa façon d'agir jetteront de l'ombre et de l'inquiétude sur son futur en Chine. |