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meroun: la CONAC réclame des
sanctions contre l'ex-ministre des Forêts pour corruption
YAOUNDE, 29 novembre (Xinhua) - -
La Commission nationale anti- corruption (CONAC) demande des
sanctions administratives et financières contre l'ex-ministre des
Forêts et de la Faune Elvis Ngolle Ngolle et plusieurs de ses
collaborateurs et établissements bancaires pour des actes de
corruption dans l'attribution des ventes de coupe de bois, selon un
rapport publié jeudi à Yaoundé.
« Plusieurs malversations ont été
relevées dans le secteur des forêts et de la faune portant sur
l'attribution des ventes de bois de coupe, les ventes aux enchères
publiques des produits saisis et la gestion des fonds alloués dans
le cadre de l'initiative pays pauvres très endettés (PPTE) destinés
au projet des forêts communautaires », indique le Rappor sur l'état
de la contre la corruption au Cameroun 2011.
Sur la base de l'exploitation des
dénonciations et des informations dont elle a été saisie, la CONAC
a pu établir et définir les sanctions et pénalités à l'endroit des
agents de ce ministère et des sociétés reconnues coupables.
Le ministre Elvis Ngolle Ngolle
accusé de « détournement de deniers publics et de solidarité dans
les dérapages constatés avant, pendant et après la Commission
interministérielle » devra remettre au trésor public une somme de
1,5 million de francs CFA ( environ 3.000 USD) représentant un
trop-perçu sur la procédure de passation des marchés.
Les sanctions administratives
appropriées sont en revanche laissées à l'appréciation de sa
hiérarchie, notamment le Premier ministre ou le président de la
République.
En outre, des exclusions
temporaires pour une durée n'excédant pas six mois sans préjudice
des poursuites judiciaires sont requises contre des agents ayant
commis des fautes lourdes, à l' instar Samuel Ebia Ndongo, Paul
Wamba, et Paul Ndogmo, respectivement directeur des forêts,
inspecteur N°1 et chef de la Brigade nationale de contrôle au
ministère des Forêts.
Trois établissements bancaires et
une quinzaine d'entreprises spécialisées dans la filière bois
accusés d'avoir falsifié des offres financières, de trafic
d'influence et de délivrance de fausses cautions bancaires
encourent une suspension de l'agrément de 4 à 6 mois et une amende
de 10 millions de francs CFA (environ 20.000 USD).
Selon le président de la CONAC,
Dieudonné Massi Gams, « la corruption a pris des proportions
alarmantes. Elle est quasi institutionnalisée au Cameroun. Son
éradication est une préoccupation permanente de tous les instants
du chef de l'Etat. C' est pourquoi la CONAC a toujours eu pour
ambition de susciter dans l'opinion publique, une prise de
conscience active et collective ».
Pour résumer l'activité de la lutte
contre la corruption en 2011, la CONAC a recensé un certain nombre
de problèmes dans divers secteurs sociaux.
Les infrastructures scolaires ne
sont pas équitablement distribuées sur l'ensemble du territoire,
l'enseignant vit dans une précarité psychologique et matérielle
permanente.
En matière de santé, le rapport de
323 pages dénonce la délivrance des agréments à des structures de
formation privées non qualifiées, le trafic d'influence et l'indice
de la vente des places lors des concours d'entrée dans les facultés
de médecine, les écoles publiques de formation des personnels
médicaux- sanitaires, le harcèlement sexuel, le détournement des
équipements de santé à des fins privées, l'extorsion des fonds aux
malades, la vente parallèle de médicaments, etc.
Plusieurs cas de faux, usage de
faux, d'escroquerie foncière et de délivrance de titres fonciers
fictifs ont été enregistrés au ministère des Domaines, du Cadastre
et des Affaires foncières.
Concernant les banques, la
microfinance et le commerce, «des centaines de milliards restent
planqués à l'étranger, ceci à cause de la fraude et des cas de
corruption recensés dans les transactions bancaires». Dans ce sens,
l'Agence d'investigation financière (ANIF) a enregistré en 2011,
128 déclarations d' opérations suspectes de la part des assujettis
contre 124 en 2010, soit une hausse de 3,23%.
Plus de 640.000 USD représentant le
montant des redevances fiscales en souffrance dans les banques
commerciales ont déjà été recouvrés et versés au trésor public.
Des réserves ont cependant été
émises par Pierre Flambeau Ngayap, secrétaire général de l'Union
nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), un parti
politique d'opposition allié du Rassemblement démocratique du
peuple camerounais (RDPC) et représenté à l'Assemblée nationale, et
Isaac Justin Mabout, coordonnateur national de l'ONG Justice et
paix, qui souhaitent voir la CONAC se doter de moyens de répression
pour rendre ses actions plus efficaces et non plus se limiter à la
phase de proposition de sanctions.
Le premier rapport de la CONAC
publié en novembre 2011 avait accusé l'ancien ministre des Travaux
publics Bernard Messengue Avom de malversations financières d'un
montant de 33 milliards de FCFA (environ 66 millions USD) en
liaison avec le bitumage de la route allant de la localité d'Ayos
dans la région du Centre à Bognis à l'Est du Cameroun.
Messengue Avom avait été limogé de
ses fonctions le 9 décembre lors d'un remaniement ministériel du
président Paul Biya, réélu deux mois plus tôt pour un nouveau
mandat de 7 ans, après 29 ans de pouvoir. Fi
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