| Le Bassin du Congo en Afrique Centrale connaît le taux de déforestation le plus faible que ceux de l'Amazonie en Amérique Latine et du Bassin du Bornéo-Mékong en Asie, a indiqué vendredi après-midi à Brazzaville, en République du Congo, le coordonnateur du Centre de recherche forestière internationale en Afrique centrale (CIFOR), Richard Eba' a Abyi.
S'exprimant lors d' un point de presse organisé par le CIFOR, en prélude de la tenue du sommet des chefs d' Etat et de gouvernement sur les trois grands bassins forestiers tropicaux du monde, M. Eba' a Abyi a dit que les forêts de l' Afrique centrale sont relativement mieux conservées.
L'Afrique centrale a plus de 5 milliards d' hectares des forêts certifiées, a-t-il relevé, invitant à cet effet les dirigeants à s' intéresser à ce secteur qui alimente l' économie. "Conserver et développer les ressources durables en vue d' améliorer les conditions de vie des plus démunis est l' un des objectifs du CIFOR", a-t-il affirmé.
Le CIFOR est une organisation internationale scientifique qui entreprend des recherches en vue d' aider les pays de la sous-région à s'approprier les informations sur le domaine forestier. Les résultats de ces recherches sont publiés dans des revues spécialisées, a précisé le coordonnateur du CIFOR, regretté toutefois le fait qu' en Afrique centrale la prise de décision ne se fait pas toujours sur la base des recherches scientifiques.
"Dans le domaine forestier, les décideurs prennent de temps en temps en compte nos décisions, mais ce n' est pas encore suffisant", a reconnu M. Eba' a Abyi. "Notre ambition est que tous les pays intègrent les données concernant notamment le secteur du bois domestique", a-t-il signifié, citant l'exemple du Cameroun où le secteur du bois domestique consomme plus de bois que le secteur du bois industriel destiné à l' exploitation.
Dans le même contexte, le CIFOR a organisé samedi dans la capitale congolaise, en marge de la conférence de presse, une journée de la forêt en Afrique centrale placée sous le thème "Gouvernance et changements climatiques". Cette journée visait à partager les connaissances sur la gouvernance et le changement climatique dans le secteur forestier. et des enseignements tirés de la gestion des autres bassins ; le renforcement de la coopération régionale et la synthèse de certains messages clés.
A cette occasion, il a été démontré le fait que l' économie de l' Afrique centrale dépend en grande partie du capital naturel comprenant, entre autres, les forêts, les produits halieutiques et agricoles et les minerais.
"Vastes et abondantes, les forêts du Bassin du Congo de l' Afrique centrale offrent un certain nombre de biens et services éco-systémiques pour soutenir les moyens de subsistance des communautés et des économies locales qui en dépendent", a-t-on appris.
La journée de la forêt en Afrique centrale visait à cet égard la mise en action des questions de gouvernance qui peuvent être liées à la conception et à la mise en œuvre des politiques d' atténuation et d' adaptation dans les forêts sous-régionales. Elle permet aussi l' orientation du débat sur les forêts et les changements climatiques en mettant l' accent sur la gouvernance.
Parmi les thèmes développés à cette journée, on a noté "Les droits des communautés forestières et peuples autochtones" ; "Financements et partage des bénéfices" ; "Adaptation aux changements climatiques et synergies potentielles avec l' atténuation des changements climatiques" et "La gouvernance multi-scolaire et changement climatique".
Avec une vingtaine d' années d'existence, le CIFOR a pour siège en Afrique centrale, Yaoundé au Cameroun. Faisant partie d' un groupe de 15 consortiums de recherche dans le monde. il est financé par la Banque Mondiale, l' Union Européenne, les institutions d' origine canadienne, française et biens d' autres donateurs à travers le monde. |