RDC/Ebola : la vaccination s'étend à l'Ituri, 3.700 personnes déjà vaccinées
La vaccination contre Ebola s'est étendue samedi à la province de l'Ituri, principal foyer de l'épidémie dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), alors que plus de 3.700 personnes ont déjà reçu le vaccin ERVEBO, dont l'efficacité contre le virus Bundibugyo n'a pas encore été établie.
Baptisée "BRAVO", l'étude est menée par Médecins Sans Frontières (MSF) et son centre de recherche Epicentre, en collaboration avec les autorités sanitaires congolaises et plusieurs partenaires scientifiques.
Lancée samedi à Bunia, chef-lieu de l'Ituri, cette étude prévoit de vacciner environ 20.000 travailleurs de première ligne en Ituri et au Nord-Kivu, deux provinces particulièrement touchées par l'épidémie. Les participants seront suivis afin d'évaluer l'effet du vaccin contre le virus Bundibugyo, responsable de l'épidémie en cours.
Le vaccin utilisé, ERVEBO, a déjà été largement administré en RDC et dans d'autres pays africains contre Ebola due au virus Zaïre. Il n'a toutefois pas été développé ni homologué spécifiquement contre le virus Bundibugyo, et son efficacité contre celui-ci chez l'être humain n'est pas encore établie.
"Bien qu'ERVEBO n'ait pas été initialement développé pour protéger contre Bundibugyo, certaines données préliminaires suggèrent qu'il pourrait offrir un certain degré de protection contre ce virus", a expliqué Guyguy Manangama, médecin épidémiologiste et directeur adjoint des opérations de MSF.
"Même une protection partielle pourrait contribuer à réduire les formes graves et les décès", a-t-il ajouté, soulignant que ces bénéfices potentiels devaient encore être démontrés scientifiquement.
Face à l'ampleur de l'épidémie, le Groupe international de coordination pour l'approvisionnement en vaccins (ICG) avait approuvé en août une première allocation de 70.000 doses d'ERVEBO à la RDC. Sur ce total, 50.000 doses ont été réservées à la vaccination des personnels de santé et autres travailleurs de première ligne, tandis que 20.000 doses sont destinées à un essai clinique de phase 3 visant à évaluer l'impact du vaccin contre le virus Bundibugyo.
Selon le CDC Afrique, 16.520 doses avaient été reçues en RDC. L'utilisation d'ERVEBO avait déjà commencé le 27 août dans le cadre d'un protocole d'accès encadré destiné aux personnes particulièrement exposées. Au 17 septembre, 3.771 personnes avaient été vaccinées, dont 3.063 dans la Tshopo et 708 dans le Bas-Uélé, a indiqué samedi le gouvernement congolais dans sa mise à jour épidémiologique.
BRAVO, doit durer entre neuf et douze mois et constitue une nouvelle étape de cette stratégie en permettant un suivi structuré des personnes vaccinées. Une autre étude, l'essai de phase 3, fondée notamment sur une stratégie randomisée de vaccination en anneau, est également prévue pour évaluer plus précisément l'efficacité d'ERVEBO contre le virus Bundibugyo.
Plusieurs vaccins développés spécifiquement contre le virus Bundibugyo sont par ailleurs en cours de développement, mais aucun vaccin ni traitement ciblant spécifiquement ce virus n'est actuellement disponible à grande échelle, selon MSF.
"Il est important de souligner que ce vaccin ne mettra pas fin à l'épidémie en cours", a déclaré M. Manangama. "Il pourrait néanmoins offrir une protection supplémentaire aux personnes les plus exposées et contribuer à renforcer la riposte aux côtés des autres interventions essentielles."
Selon le gouvernement congolais, la RDC compte désormais 7.541 cas confirmés, dont 3.639 décès, soit un taux de létalité de 48,3%. Au total, 1.823 patients ont été déclarés guéris.
L'épidémie actuelle est devenue la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, ainsi que la deuxième plus importante au monde après celle qui a frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016.








