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RDC : à Bukavu, entre deuil et reconstruction après l'incendie qui a tué 29 élèves (REPORTAGE)

Par : 王文晔 |  Mots clés : RDC,incendie,REPORTAGE
French.china.org.cn | Mis à jour le 12-09-2026
Agence de presse Xinhua | 12. 09. 2026

Sur un mur du quartier sinistré de Kadutu, à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), dix photographies d'une même famille sont exposées côte à côte. Des habitants s'arrêtent devant les portraits, échangent quelques mots à voix basse ou restent silencieux, les yeux fixés sur les visages des victimes.

Tout autour, le paysage porte encore les traces de l'incendie survenu ce jeudi : murs noircis, maisons réduites en cendres, tôles déformées par la chaleur et objets personnels éparpillés au milieu des décombres.

Le bilan du sinistre s'est alourdi à 29 morts, tous des élèves, selon un rapport des autorités éducatives locales publié jeudi soir. Vingt-cinq autres élèves ont été hospitalisés, dont quatre se trouvaient dans un état instable.

L'incendie a ravagé deux établissements scolaires et plus de 300 maisons dans ce quartier de Bukavu.


UNE VILLE EN DEUIL

Dans les rues touchées, le drame est d'abord celui des enfants qui ne rentreront plus chez eux. Assise sur les ruines de sa maison entièrement calcinée, Maman Rachelle Munigi contemple ce qu'il reste de son habitation.

"Plusieurs pleurent, non seulement parce qu'ils ont perdu l'un des leurs, mais aussi parce qu'ils ont perdu leurs élèves", a-t-elle confié à Xinhua.

Les incendies sont fréquents à Bukavu, mais plusieurs habitants rencontrés sur place disent n'avoir jamais connu un sinistre ayant coûté la vie à autant d'enfants.

"Bukavu est peut-être habituée aux incendies depuis toujours. Nous en enregistrons plusieurs. Mais Bukavu n'avait jamais perdu autant d'enfants innocents dans un incendie, surtout pas des élèves", témoigne Bashengzei Chrispin, lui aussi devant les ruines de sa maison.

À quelques mètres de là, des habitants continuent de se rassembler devant les photographies des victimes. Certains commentent les images à voix basse. D'autres restent immobiles, le visage fermé.

Selon le rapport des autorités éducatives, les deux établissements touchés, construits en bois, ont été entièrement détruits alors que les élèves étaient en classe. Une bousculade s'est produite lorsque des enfants, des habitants ainsi que des parents venus chercher leurs enfants ont tenté d'évacuer les lieux par un passage étroit.

Serge Chirimwami, enseignant à l'école Furaha, atteinte par les feux, se souvient de la panique qui s'est emparée de l'établissement à mesure que les flammes progressaient.

"La majorité des élèves sont morts à cause des mouvements de panique alors qu'ils se trouvaient à l'intérieur de l'école et que la porte était fermée. Lorsque l'enseignant est arrivé, il était déjà trop tard pour eux", a-t-il expliqué.

Selon un enseignant rencontré sur place, environ 900 élèves se trouvaient dans les locaux au moment où l'incendie s'est déclaré.

L'origine de l'incendie reste pour l'heure indéterminée. Selon le rapport des autorités locales, des foyers d'incendie auraient été constatés presque simultanément en trois endroits différents, distants d'environ 500 mètres. Les circonstances exactes du sinistre n'ont pas encore été établies.


CHERCHER CE QUI RESTE

Vendredi, au lendemain du drame, femmes, hommes et enfants fouillaient encore les décombres.

Certains soulevaient des morceaux de tôle ou déplaçaient les restes calcinés de leurs maisons à la recherche de ce qui pouvait encore être sauvé : quelques vêtements, des ustensiles de cuisine ou des matériaux ayant résisté aux flammes.

Pour beaucoup, il ne reste presque rien. Plus de 300 maisons voisines ont été réduites en cendres, selon le rapport des autorités éducatives.

Au milieu des ruines, des femmes accompagnées de leurs enfants récupèrent les tôles qui restent de son habitation. Elles ne savent pas encore comment elles pourraient les réutiliser, mais les ont rassemblés une à une.

Un peu plus loin, d'autres familles nettoient déjà les parcelles calcinées.

Bahati Mushagalusa fait partie de ceux qui ont tout perdu. Sa maison, ainsi qu'une autre habitation qu'il mettait en location, ont été entièrement détruites.

"Tout est calciné, même les biens qui s'y trouvaient. Nous ne savons pas où nous allons dormir", a-t-il confié à Xinhua.

Face à l'ampleur de la tragédie, la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), qui a saisi cette ville depuis février 2025, a décrété vendredi trois jours de deuil dans l'ensemble de la province du Sud-Kivu.

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Source: Agence de presse Xinhua
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