ZOOM AFRIQUE Photovoltaïques avec stockage : la coopération sino-africaine branche l'Afrique au Soleil
A Kaumbwe, une localité du district de Petauke, située à quelque 400 kilomètres à l'est de Lusaka, la capitale zambienne, les professionnels de santé s'inquiétaient autrefois pour les vaccins qui doivent être conservés au froid et pour les patients susceptibles d'avoir besoin de soins médicaux d'urgence une fois la nuit tombée. De leur côté, les élèves aspiraient à une alimentation électrique fiable pour pouvoir suivre les nouveaux programmes scolaires.
A la fin du mois de juin, le conseil municipal de Petauke a annoncé que dix écoles publiques et cinq centres de santé ruraux de Kaumbwe avaient reçu des systèmes photovoltaïques et de stockage d'énergie d'une capacité respective de 49 kW et 130 kWh, offerts par Simba New Materials Technology, une entreprise chinoise basée dans la province du Jiangsu (est). Grâce à ces installations, les activités sanitaires et éducatives ne sont plus tributaires des anciennes plages horaires d'alimentation électrique.
Des solutions similaires sont mises en œuvre dans un nombre croissant de pays africains. Conçus selon un modèle intégré alliant production, réseau, charge et stockage, ces micro-réseaux photovoltaïques peuvent fonctionner soit en étant connectés au réseau principal, soit en mode "îlot", en autonomie totale.
Parallèlement à ces applications locales, les entreprises chinoises participent à de grands projets solaires sur le continent. En février dernier, dans le gouvernorat égyptien de Qena (est), la première phase du projet Obelisk, l'un des plus grands projets photovoltaïques avec stockage en Afrique, est entrée en exploitation commerciale. Doté d'une capacité solaire de 561 MW et d'un stockage de 200 MWh, ce projet a été réalisé avec des solutions et des équipements chinois.
Le 30 juin, le système de stockage d'énergie par batterie du projet hybride solaire-stockage Abydos II, dans le gouvernorat d'Assouan (sud-est), a réussi son raccordement au réseau à pleine capacité. Construit par un groupement d'entreprises chinoises, il comprend une centrale photovoltaïque de 1 GW et un système de stockage d'énergie de 600 MWh et constitue un projet de référence pour la transition énergétique en Afrique du Nord.
RENFORCEMENT DES CAPACITES LOCALES
L'engagement chinois ne se limite pas à l'infrastructure : il s'étend au transfert de compétences et au développement industriel local.
En janvier, des techniciens de Pietermaritzburg, en Afrique du Sud, ont suivi une formation dispensée par une équipe d'aide chinoise, acquérant des compétences en maintenance et exploitation de systèmes photovoltaïques et de stockage. A Nairobi, la capitale du Kenya, des professionnels kényans ont participé en mai à un atelier sur l'installation et la mise en service de systèmes de stockage à usage commercial, industriel et résidentiel.
En juin, 18 participants issus de neuf pays africains, dont Madagascar, le Kenya et la Zambie, se sont rendus à Lanzhou, dans le nord-ouest de la Chine, pour une formation sur les technologies solaires appliquées : conception de systèmes, essais de modules, exploitation et maintenance des centrales, et technologies intégrées de stockage.
La production locale des équipements photovoltaïques s'accélère aussi avec la coopération des entreprises chinoises. En Afrique du Sud, des modules photovoltaïques fabriqués à Pinetown, dans la province du KwaZulu-Natal (est), par la société sud-africaine ARTsolar et l'entreprise chinoise JA Solar, alimentent déjà un projet de stockage de 500 MWh dans la province du Cap-Nord (nord-ouest), mis en service en juillet.
VERS UNE AFRIQUE ENERGETIQUEMENT AUTONOME
Selon Islam Swaleh, responsable de la Division de l'entrepreneuriat et de l'investissement à la Commission de l'Union africaine (UA), la convergence des richesses naturelles de l'Afrique et des capacités technologiques de la Chine offre une opportunité sans précédent pour un partenariat stratégique.
La future coopération énergétique sino-africaine doit se concentrer non seulement sur la production d'électricité, mais aussi sur le renforcement des capacités nationales qui créent des emplois, consolident les industries et soutiennent une transformation structurelle à long terme, a-t-il déclaré lors du Forum énergétique des think tanks Chine-Afrique 2026, qui s'est tenu en juin dernier à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.
La Chine s'y est engagée. Dans le plan d'action du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), adopté en septembre 2024, elle affirme qu'elle "fournira des technologies et produits des énergies nouvelles, développera 30 projets d'énergies propres et de développement vert et mettra en place un fonds spécial sino-africain pour les chaînes industrielles vertes".
Les investissements suivent le mouvement. En janvier, le gouvernement zambien a signé un protocole d'accord avec des entreprises chinoises concernant des projets solaires totalisant jusqu'à 1.000 MW, cette coopération incluant des investissements dans le stockage d'énergie. En avril, l'Agence de développement de la Zambie a annoncé que l'entreprise China Machinery Engineering Corporation s'était engagée à investir environ 1,5 milliard de dollars dans le secteur de l'énergie, dont 300 MW en énergie solaire et 300 MW en énergie éolienne.
Comme l'a promis Jiang Feng, chef de la mission chinoise auprès de l'UA, lors du forum énergétique d'Addis-Abeba, "la Chine est prête à partager son expérience et à aider l'Afrique à exploiter ses abondantes ressources énergétiques, tout en améliorant l'accès à des sources d'énergie modernes et fiables".








