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(Avis d'invité) La Chine ne ressemble plus à l'idée que beaucoup d'Africains et plus encore d'Occidentaux continuent de s'en faire

Par : 张平平 |  Mots clés : Chine-Burundi
French.china.org.cn | Mis à jour le 05-08-2026
Agence de presse Xinhua | 05. 08. 2026

Dix jours en Chine ne suffisent pas à comprendre la Chine. Ce pays est trop vaste, trop ancien, trop stratifié pour tenir dans les impressions d'un visiteur de passage.

J'arrive à Beijing le lundi 5 mai avec une délégation burundaise, quand je rentre le 16 mai, c'est avec une conviction plus forte que toutes les statistiques : le développement moderne ne repose plus d'abord sur les slogans politiques ni sur les seules ressources naturelles. Il repose sur la maîtrise des infrastructures technologiques, sur la discipline de l'Etat et sur une capacité rare à penser le temps long.

Dès les premières heures, quelque chose frappe : la Chine ne ressemble plus à l'idée que beaucoup d'Africains et plus encore d'Occidentaux continuent de s'en faire. Beijing impressionne. Wenzhou intrigue davantage encore.

Beijing semblait moins subir son immensité qu'elle ne l'organisait. Puis vient le choc réel : vingt-trois millions d'habitants, et pourtant une capitale qui respire. Les avenues sont vastes, les réseaux de transport parfaitement articulés, les tunnels débouchent sur des quartiers anciens préservés, les flux humains glissent avec une fluidité presque silencieuse. Rien n'est improvisé. Tout semble pensé pour durer.

Cette mémoire cohabite d'ailleurs avec la modernité de façon étonnante. Les vieux hutongs survivent entre les tours de verre. Des vieillards jouent aux échecs sous les arbres pendant que les écrans géants dominent les avenues. La Chine ne donne pas l'impression d'un pays qui efface son passé pour courir vers l'avenir : elle donne plutôt l'image d'une civilisation qui tente d'organiser les deux.

Car la puissance chinoise ne réside pas seulement dans ses gratte-ciels ou ses excédents commerciaux. Elle réside dans une infrastructure invisible qui soutient tout le reste : backbone national de fibre optique, couverture numérique massive, services administratifs digitalisés, paiements dématérialisés, logistique intelligente, datacenters capables d'absorber les besoins d'une économie continentale. Là est le véritable cœur du miracle chinois.

Ce saut historique fascine parce qu'il détruit une idée profondément enracinée dans le Sud : celle selon laquelle le sous-développement serait une fatalité presque naturelle. Il ne l'est pas.

L'Afrique commet encore une erreur de lecture. La souveraineté moderne ne se mesure plus uniquement en divisions militaires ou en réserves minières. Elle se mesure en capacité de traitement de données, en autonomie numérique, en maîtrise des réseaux.

Puis vient Wenzhou. Et là, une autre Chine apparaît. Plus nerveuse. Plus commerçante. Wenzhou respire l'entreprise, l'initiative privée, le mouvement permanent des affaires. Cette ville rappelle que la puissance chinoise ne repose pas uniquement sur l'Etat central, mais aussi sur une culture économique profondément enracinée dans le travail, le commerce et l'adaptation rapide.

C'est peut-être là, au fond, que réside la grande leçon chinoise : la combinaison d'un Etat stratège et d'une société habituée à produire.

Le Burundi n'est pas la Chine. Il ne possède ni sa taille ni ses moyens financiers. L'Afrique, dans son ensemble, ne pourra jamais reproduire mécaniquement le modèle chinois. Mais elle peut et elle doit comprendre ceci : aucune transformation durable n'est possible sans infrastructures lourdes, sans discipline institutionnelle et sans vision stratégique. Le reste n'est que rhétorique.

(Note de la rédaction : Guillaume Muhoza est un journaliste burundais qui dirige le jeune média irisnews.org.. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement les positions de l'Agence de presse Xinhu

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Source: Agence de presse Xinhua
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