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Les besoins énergétiques de l'IA ouvrent un nouveau champ de coopération franco-chinoise, selon un expert français (INTEVIEW)

Par :  |  Mots clés : France,énergie,AI,coopération
French.china.org.cn | Mis à jour le 09-07-2026
Agence de presse Xinhua | 09. 07. 2026

Le développement de l'intelligence artificielle (IA) rebat les cartes du paysage énergétique mondial. Partout dans le monde, la demande en électricité abondante, décarbonée et compétitive connaît une forte progression. Pour Gilles Rogers-Boutbien, secrétaire général d'Equilibre des Energies, cette évolution ouvre également de nouvelles perspectives de coopération entre la Chine, la France et l'Europe.

Dans un entretien accordé récemment à Xinhua, M. Rogers-Boutbien souligne que les centres de données "ne constituent qu'un maillon d'un écosystème industriel beaucoup plus vaste". Derrière l'essor de l'IA, du cloud, des télécoms et des semi-conducteurs, c'est toute une chaîne de valeur, de la collecte des données jusqu'aux utilisateurs finaux, qui entraîne une forte hausse des besoins en électricité.

C'est précisément là que les partenariats internationaux entrent en jeu. Evoquant le rôle des entreprises chinoises, il estime que la Chine dispose d'atouts reconnus dans les réseaux électriques, le stockage, l'intégration des renouvelables et les solutions industrielles à grande échelle.

Selon lui, ces compétences peuvent contribuer utilement au développement des infrastructures énergétiques nécessaires à l'IA, notamment dans le cadre de "partenariats équilibrés" avec des acteurs français et européens. La France, de son côté, peut jouer un rôle majeur dans cette coopération grâce à un système électrique largement décarboné et à une expertise industrielle reconnue.

Au-delà des aspects technologiques, cette coopération repose aussi sur une vision commune du développement durable. Evoquant le concept chinois des "deux montagnes", selon lequel "des eaux limpides et des montagnes verdoyantes valent autant que des montagnes d'or et d'argent", M. Rogers-Boutbien y voit "un point de dialogue intéressant" entre les deux pays.

"Nous partageons une écologie de la conciliation : protéger l'environnement tout en permettant le développement économique, la réindustrialisation et l'accès à une énergie abondante, compétitive et décarbonée", explique-t-il.

Dans un contexte de tensions géopolitiques, l'Europe renforce sa vigilance sur les questions de souveraineté énergétique, industrielle et stratégique. Cette évolution ne traduit pas, selon lui, une volonté de repli sur soi, mais plutôt "la recherche d'un meilleur équilibre entre ouverture économique et résilience". La volonté de coopérer avec la Chine "demeure réelle", assure-t-il, même si elle se fait aujourd'hui plus sélective.

Il estime que d'importantes marges de coopération subsistent, notamment dans les domaines du stockage de l'énergie, de l'efficacité énergétique, de la décarbonation de l'industrie, des infrastructures de recharge, de l'électrification des usages et de l'adaptation au changement climatique. Autant de secteurs dans lesquels des coopérations pragmatiques restent, selon lui, pleinement envisageables.

Enfin, M. Rogers-Boutbien rappelle que des associations comme Equilibre des Energies peuvent contribuer à cette dynamique en réunissant entreprises, experts et pouvoirs publics afin de faciliter les échanges et d'encourager des coopérations concrètes entre acteurs français, européens et chinois dans le domaine des infrastructures énergétiques bas carbone.

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Source: Agence de presse Xinhua
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