Un responsable onusien salue les premières règles mondiales sur les véhicules autonomes et loue le rôle de la Chine (INTERVIEW)
La première réglementation mondiale sur les véhicules entièrement autonomes, adoptée récemment par la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU), marque "une avancée décisive" après dix ans d'efforts, a estimé un responsable onusien, tout en louant le rôle "important et constructif" de la Chine dans l'élaboration de cette réglementation historique.
La CEE-ONU a adopté le premier cadre réglementaire mondial pour les systèmes de conduite entièrement autonomes (ADS) fin juin. Il impose aux fabricants de mettre en œuvre une gouvernance et des processus de sécurité audités sur tout le cycle de vie, de mener des tests crédibles et de fournir des preuves structurées que leur ADS ne présente aucun risque déraisonnable.
Il nécessite également la surveillance et les rapports des performances en service ainsi qu'un système de stockage des données pour la conduite automatisée.
"Depuis une dizaine d'années, les premières prédictions annonçant une généralisation de la conduite automatisée ne se sont pas concrétisées. Cette réglementation met fin à cette impasse en établissant le premier cadre réglementaire mondial permettant d'autoriser légalement les véhicules entièrement autonomes", a noté François Guichard, secrétaire du Groupe de travail sur les véhicules automatisés/autonomes et connectés (GRVA) de la CEE-ONU, dans une interview écrite accordée à Xinhua.
La principale portée de cette réglementation, a-t-il déclaré, réside dans le remplacement d'approches nationales fragmentées par un cadre international commun, offrant une sécurité réglementaire aux constructeurs, renforçant la confiance des consommateurs et permettant un déploiement sûr des innovations sur les marchés.
Selon la CEE-ONU, le nouveau cadre établit des exigences de sécurité internationales uniformes et une méthodologie commune pour valider les véhicules équipés de systèmes ADS.
M. Guichard a également souligné la contribution de la Chine au processus d'élaboration des règles. En tant que vice-présidente de la GRVA, la Chine a joué "un rôle important et constructif" en participant activement à l'élaboration de cette réglementation, a-t-il loué.
"En tant que l'un des principaux marchés mondiaux de l'innovation dans le domaine de la conduite automatisée, la Chine est bien placée pour continuer à contribuer à l'élaboration des futures réglementations internationales et à faire progresser la coopération mondiale", a fait remarquer M. Guichard.
Celui-ci s'est dit confiant quant aux perspectives d'une mise en œuvre mondiale de cette réglementation. "Les principaux marchés automobiles, y compris le Canada, la Chine, l'Union européenne, le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, ont approuvé la réglementation, signalant un fort élan vers une adoption mondiale."
Pour l'avenir, M. Guichard a indiqué que les avancées technologiques et les cadres réglementaires ne suffisaient toujours pas, soulignant que le prochain défi consistait à déployer la conduite automatisée dans des conditions réelles. Il s'est dit convaincu que les atouts de la Chine dans ce secteur pouvaient contribuer au déploiement à grande échelle de cette technologie.
"Parmi les principaux atouts de la Chine figurent son écosystème d'innovation dynamique, ses solides capacités industrielles ainsi que ses importantes activités d'essais menées dans des zones pilotes et de démonstration, qui offrent de précieuses opportunités pour un déploiement à grande échelle", a-t-il précisé.
"L'expérience de la Chine en matière d'essais et de déploiement, combinée à celle d'autres grands marchés automobiles, peut apporter une contribution importante aux discussions internationales sur la conduite automatisée", a-t-il ajouté.








