En 105 ans, le PCC a conduit une transformation "profonde et rapide" de la Chine, selon un expert français (INTERVIEW)
En 105 ans d'existence, le Parti communiste chinois (PCC) a conduit la Chine à travers "l'une des transformations les plus profondes et les plus rapides" de l'histoire contemporaine, a déclaré Richard Abitbol, professeur à l'Institut des études d'administration et de management (IEAM) de France, dans une interview récemment accordée à Xinhua.
Il a mis en avant des réalisations majeures, telles que l'éradication de la pauvreté absolue, avec près de 800 millions de personnes sorties de la misère et la montée en puissance industrielle et technologique de la Chine, désormais en pointe dans des secteurs stratégiques.
Ces réalisations reposent, selon M. Abitbol, sur "la planification à long terme et la continuité des politiques". Le PCC, a-t-il expliqué, a fait de la continuité une ressource stratégique : les plans quinquennaux ne sont pas de simples documents rhétoriques, mais "des feuilles de route opérationnelles" dotées de mécanismes de suivi et d'évaluation.
Il a cité à cet égard le réseau ferroviaire à grande vitesse chinois, le plus étendu du monde, ainsi que le méga projet de transfert d'eau Sud-Nord, estimant que de tels projets de long terme ne pourraient aboutir sans une forte continuité institutionnelle. Cette prévisibilité, a-t-il ajouté, donne aussi aux entreprises la confiance nécessaire pour inscrire leurs investissements en R&D dans la durée, notamment dans les énergies propres, les biotechnologies et d'autres secteurs stratégiques.
Cette continuité s'inscrit, selon M. Abitbol, dans une vision plus large de la modernisation à la chinoise. Depuis le lancement de la réforme et de l'ouverture, la Chine a su tirer parti du rôle du marché dans l'allocation des ressources, tout en maintenant un pilotage étatique dans les secteurs stratégiques, sans suivre mécaniquement un modèle institutionnel occidental.
Cette modernisation à la chinoise se caractérise par plusieurs traits distinctifs, à savoir l'importance accordée à l'intérêt collectif, à la stabilité sociale et à la cohésion nationale, considérés comme des conditions préalables au développement ; l'attachement à la souveraineté nationale et au principe de non-ingérence ; ainsi que la promotion de la prospérité commune, visant à assurer une répartition plus équitable des fruits du développement au sein de la population, a poursuivi M. Abitbol.
Pour lui, cette trajectoire entre aujourd'hui dans une nouvelle étape, celle du développement de haute qualité. La Chine, a-t-il relevé, cherche désormais à passer à un modèle de croissance fondé sur l'innovation, l'amélioration de la productivité et la transition écologique.
Le pays dispose, selon lui, d'atouts importants, notamment sa capacité de coordination stratégique et de mobilisation rapide des ressources face aux mutations technologiques. Qu'il s'agisse de l'intelligence artificielle générative, des technologies énergétiques avancées ou de la biologie de synthèse, la Chine peut concentrer capitaux, talents et plateformes de recherche autour de priorités nationales, a-t-il expliqué.
Elle bénéficie aussi d'une base solide dans la transition verte, grâce à ses capacités dans le solaire, les batteries et les véhicules électriques, qui occupent une place clé dans les chaînes de valeur mondiales et devraient soutenir durablement son développement.
Pour conclure, selon M. Abitbol, le cap fixé pour le milieu du siècle, à savoir édifier un grand pays socialiste moderne et réaliser le renouveau national, confère à la modernisation chinoise une profondeur historique et stratégique. Il permet d'orienter ses ressources économiques, technologiques et institutionnelles vers un projet de développement global "pleinement assumé".








