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Des liens au-delà des océans

Par : 王栋 |  Mots clés :
French.china.org.cn | Mis à jour le 01-07-2026
Chinafrique | 01. 07. 2026

Le Salon Chine-Afrique sur la promotion des partenariats entre villes et ports s’est tenu le 27 mai à Ningbo (province du Zhejiang). Réunissant des représentants de villes et de ports jumelés de Chine et d’Afrique, l’événement a mis l’accent sur les ports intelligents et écologiques, ainsi que sur l’intégration entre port, industrie et ville, ouvrant de nouvelles perspectives à la coopération sino-africaine.

Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du 10e Forum de coopération portuaire de la Route maritime de la soie, organisé à Ningbo. Depuis sa création en 2015, ce forum s’est imposé comme une plateforme majeure de dialogue et de coopération internationale dans le domaine du transport maritime.

À cette occasion, l’Initiative de Ningbo sur la coopération entre villes et ports jumelés de Chine et d’Afrique a été publiée. Celle-ci appelle à renforcer les liens entre les villes portuaires des deux parties à travers une meilleure connectivité logistique, une collaboration industrielle et en matière d’investissement, ainsi qu’un développement vert et bas carbone.

Ces dernières années, Ningbo n’a cessé de multiplier ses échanges avec l’Afrique. Elle compte désormais sept villes jumelées africaines, soit le nombre le plus élevé de la province du Zhejiang, tandis que le port de Ningbo-Zhoushan est devenu une plateforme essentielle de la coopération maritime sino-africaine.

Cap sur des ports intelligents et durables

Evelyne Tchichelle, présidente du Conseil départemental et municipal et maire de la ville de Pointe-Noire (République du Congo), a souligné le rôle crucial des ports dans le développement industriel, urbain et l’intégration régionale. Selon elle, Pointe-Noire, important carrefour logistique d’Afrique centrale, cherche aujourd’hui à devenir un port plus intelligent, plus vert et davantage tourné vers le développement industriel. « Nous aspirons à devenir un port de référence en Afrique, et c’est dans cette perspective que nous percevons un immense potentiel de coopération avec la Chine », indique-t-elle.

Wu Changpan, directeur général adjoint du Zhejiang Seaport Group et du Ningbo-Zhoushan Port Group, souligne que le port de Ningbo-Zhoushan est prêt à renforcer sa coopération avec les pays africains en partageant son expérience dans des domaines tels que l’automatisation portuaire et la transition écologique.

Selon lui, le port de Ningbo-Zhoushan demeure le premier port mondial en termes de tonnage de marchandises. L’an dernier, il a traité un volume record de 1,4 milliard de tonnes de fret, conservant pour la 17e année consécutive sa place de leader mondial. « La croissance du port reflète l’augmentation de la demande mondiale pour les produits chinois, notamment sur les marchés africains, ce qui crée davantage d’opportunités de coopération entre les ports chinois et africains », explique-t-il.

Dans le cadre de sa transition écologique, le port de Ningbo-Zhoushan a construit le plus grand complexe portuaire de production d’énergie éolienne et solaire en Chine, produisant plus de 100 millions de kWh d’électricité verte par an. Plus de 95 % de ses grands équipements fonctionnent désormais grace aux énergies propres. Le port propose également un service intégré de soutage en carburants verts, notamment en GNL, biocarburants et méthanol vert, et développe des corridors de transport maritime à faible émission de carbone. Sur terre, il exploite la première ligne commerciale chinoise de fret par poids lourds à énergies nouvelles, avec plus de 300 camions électriques en service chaque jour.

Une nouvelle dynamique commerciale

Le salon a également analysé les effets du traitement tarifaire zéro que la Chine accorde désormais aux 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle. Les participants estiment que cette mesure dépasse largement le cadre commercial et peut insuffler une nouvelle dynamique à l’industrialisation du continent tout en renforçant les liens entre villes et ports jumelés.

« Cette politique favorisera la transition de l’Afrique, traditionnellement exportatrice de matières premières, vers un modèle de développement plus autonome et durable », affirme Phoebe Namulindwa, commissaire résidente du district de Kassanda (Ouganda). Selon elle, cette décision témoigne également de la sincérité de la Chine à l’égard de l’Afrique à une époque marquée par la montée du protectionnisme.

Abel Ago, fondateur de Green Pigeon, société de commerce international basée à Ningbo, est un témoin direct de l’essor de la coopération économique sino-africaine. Originaire du Bénin, il a fondé son entreprise en 2015 après avoir obtenu son doctorat à l’Université de Ningbo, attiré par la proximité du port de Ningbo-Zhoushan et par le dynamisme de l’environnement entrepreneurial local. D’abord spécialisée dans l’exportation de produits chinois de consommation courante (lessives, détergents liquides ou papier hygiénique) vers l’Afrique de l’Ouest, l’entreprise commercialise aujourd’hui des panneaux solaires, des batteries au lithium et d’autres équipements liés aux énergies vertes. Elle contribue également au développement d’activités de transformation et de production locales au Bénin.

Pour M. Ago, le traitement tarifaire zéro représente bien plus qu’une simple mesure commerciale. « Cette politique aidera l’Afrique à passer de l’exportation de matières premières à la transformation locale des produits, créant davantage d’emplois et favorisant le développement industriel », souligne-t-il.

À mesure que la Chine et l’Afrique approfondissent leur coopération dans les domaines du commerce, de la logistique et du développement industriel, les ports cessent d’être de simples points de passage pour les marchandises. Ils deviennent des plateformes d’échanges technologiques, de développement durable et de rapprochement entre les peuples.

Le salon montre que la coopération portuaire sino-africaine évolue progressivement d’une relation fondée sur les liaisons maritimes traditionnelles vers un partenariat plus global impliquant villes, industries et communautés. De la gestion intelligente des ports au transport bas carbone, en passant par la modernisation industrielle et la coopération entrepreneuriale, les deux parties ouvrent une nouvelle voie en matière de développement partagé.

À mesure que les navires relient les côtes chinoises et africaines, les liens entre ports et villes se consolident, ouvrant de nouvelles perspectives de croissance durable et d’un avenir toujours plus interconnecté.


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Source: Chinafrique
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