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RDC/Ebola : plus de 1.100 cas, la riposte encore devancée par l'épidémie, selon l'OMS (PAPIER GENERAL)

Par :  |  Mots clés : RDC, Ebola,Santé
French.china.org.cn | Mis à jour le 25-06-2026
Agence de presse Xinhua | 25. 06. 2026

La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé mercredi avoir enregistré 1.118 cas confirmés d'Ebola, dont 291 décès, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que l'épidémie continuait de progresser plus vite que la riposte, malgré un renforcement important des capacités de prise en charge et de dépistage.

Selon une actualisation de la situation publiée mercredi par le gouvernement congolais, 122 personnes ont guéri, tandis que 408 patients sont en cours de prise en charge. La surveillance épidémiologique demeure active, ayant permis l'identification de 138 cas suspects. Le taux de suivi des contacts s'élève à 77,1%.

Ces derniers chiffres interviennent alors que les responsables de l'OMS ont fait état de progrès visibles ces dernières semaines, tout en soulignant que la riposte restait freinée par une recherche des contacts encore insuffisante, des capacités limitées de traitement et d'isolement, les difficultés liées aux enterrements sûrs et dignes, l'insécurité et l'accès humanitaire restreint dans les provinces touchées de l'est du pays.

L'épidémie a également suscité une nouvelle attention internationale après le signalement en France d'un cas importé concernant un médecin revenu d'une zone touchée par Ebola en RDC, tandis que l'OMS a insisté sur le fait que le risque pour le reste du monde demeurait "faible" et appelé les pays à éviter toute réaction excessive.

UNE EPIDEMIE PLUS RAPIDE QUE LA RIPOSTE

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré lors d'une conférence de presse à Genève que la riposte contre Ebola avait été "considérablement renforcée" sous la conduite du gouvernement congolais depuis le signalement de l'épidémie il y a cinq semaines.

Selon lui, la capacité de prise en charge est passée de moins de dix lits à plus de 500 lits répartis, tandis que la capacité de laboratoire est passée d'environ 30 tests par jour au laboratoire central de Kinshasa à plus de 2.000 tests par jour dans neuf laboratoires situés dans trois provinces.

M. Tedros a souligné que la détection précoce et les soins de soutien pouvaient sauver des vies. Il a toutefois averti que "l'épidémie continue de progresser plus vite que la riposte".

"La recherche des contacts n'est toujours pas au niveau requis. La capacité des centres de traitement et d'isolement est insuffisante. Les enterrements sécurisés et dignes restent un défi majeur. Le système de santé est sous pression", a-t-il dit.

Marie Roseline Belizaire, directrice régionale des urgences de l'OMS pour l'Afrique, a indiqué lors de la conférence de presse que chaque cas confirmé pouvait avoir au moins 120 à 200 contacts, selon l'expérience des précédentes flambées, tandis que certains décès communautaires pouvaient générer un nombre encore plus élevé de contacts.

Le défi est particulièrement aigu à Mongbwalu, dans la province de l'Ituri, une zone minière considérée comme l'épicentre de l'épidémie, où de nombreux patients sont de jeunes hommes qui viennent de différentes provinces à la recherche de travail et peuvent se déplacer à nouveau lorsqu'ils tombent malades. Les responsables de l'OMS ont indiqué que la préparation était également renforcée dans les provinces de la Tshopo, du Haut-Uélé et du Bas-Uélé, ainsi que dans la capitale Kinshasa.

Chikwe Ihekweazu, directeur exécutif du Programme OMS de gestion des situations d'urgence sanitaire, a estimé que la riposte se trouvait dans une situation "bien meilleure" qu'il y a quatre semaines, mais "loin du niveau nécessaire". "Dans une riposte à Ebola, il n'existe pas de taux de réussite de 99%," a-t-il déclaré.

M. Tedros a également indiqué que les préparatifs étaient achevés pour un essai clinique qui devrait commencer la semaine prochaine en RDC. Cet essai évaluera si deux antiviraux, le MBP134 et le remdesivir, peuvent réduire la mortalité chez les patients atteints de la maladie à virus Bundibugyo, seuls ou en combinaison. L'épidémie actuelle est causée par le virus Ebola Bundibugyo, pour lequel il n'existe pas de vaccin approuvé ni de traitement spécifique.

Vasee Moorthy, conseiller spécial au bureau du scientifique en chef de l'OMS, a indiqué qu'environ 1.000 participants devraient être concernés dans l'essai. "Cela signifie que nous envisageons environ 1.000 personnes à enrôler dans l'essai avant de pouvoir espérer obtenir une réponse sur la sécurité et l'efficacité de l'une ou l'autre de ces options," a-t-il dit.

PAS DE RAISON DE PANIQUER

La France a signalé mercredi qu'un médecin travaillant avec l'ONG ALIMA avait été testé positif à Ebola après son retour de RDC, où il avait "pris en charge un patient atteint d'Ebola", selon M. Tedros. Les responsables de l'OMS ont indiqué que le patient était sous surveillance et recevait des soins.

Selon le gouvernement congolais, ce médecin avait exercé du 22 mai au 19 juin dans un centre de traitement d'Ebola à Rwampara, dans la province de l'Ituri, l'un des épicentres de l'épidémie, où il avait travaillé comme "médecin-réanimateur".

Au regard de ses fonctions au sein du dispositif de prise en charge, il est considéré comme ayant été "exposé à un risque potentiel d'infection dans l'exercice de sa mission", a précisé le gouvernement congolais dans un communiqué.

La France a identifié et isolé cinq personnes qui pourraient avoir été exposées au virus Ebola après avoir partagé un vol avec le docteur testé positif.

Selon la ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, le patient ignorait avoir contracté le virus. "Il n'avait pas de signe quand il est monté dans l'avion, il n'était pas contagieux (...) Comme il est médecin et qu'il a eu dans l'avion des maux de tête, il a donné l'alerte."

L'homme a été placé en isolement dans un hôpital dès l'atterrissage de son vol. Il y restera "pour 21 jours, le temps de la période d'incubation", a ajouté Mme Rist.

Abdirahman Mahamud, directeur des opérations d'alerte et de riposte aux urgences sanitaires de l'OMS, a déclaré que le patient allait "bien", avec des "symptômes légers et de la fièvre". Il a salué la réaction rapide des autorités françaises et affirmé que le risque pour la population mondiale et pour la France demeurait faible.

Le risque mondial posé par l'épidémie d'Ebola en cours en Afrique reste faible malgré la hausse du nombre de cas dans la région touchée, a déclaré M. Tedros. Il a également appelé à éviter toute panique, rappelant que moins de 30 cas d'Ebola avaient été détectés hors d'Afrique au cours des 50 dernières années.

"Il n'y a pas lieu de paniquer," a-t-il dit. "Le risque est faible. Je le répète, le risque est faible."

Ce cas met néanmoins en évidence les risques auxquels sont exposés les intervenants en première ligne. M. Tedros a indiqué que plus de 80 agents de santé avaient été infectés dans le cadre de la riposte à l'épidémie.

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Source: Agence de presse Xinhua
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