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RDC/Ebola : l'épidémie n'atteint pas son pic alors que plus de 1.000 cas sont confirmés (ANALYSE)

Par : 王栋 |  Mots clés : RDC, Ebola,Santé
French.china.org.cn | Mis à jour le 22-06-2026
Agence de presse Xinhua | 22. 06. 2026

Le nombre de cas confirmés d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a dépassé le seuil des 1.000, alors que les autorités sanitaires et les experts estiment que l'épidémie reste dans une phase ascendante et active.

Le ministère congolais de la Santé a indiqué dimanche que le pays avait enregistré 1.003 cas confirmés dans l'actuelle épidémie d'Ebola, dont 254 décès, depuis la déclaration de l'épidémie à la mi-mai.

La RDC a affirmé que la riposte se poursuivait malgré la hausse du nombre de cas, avec le renforcement des enquêtes épidémiologiques, du suivi des contacts, de l'engagement communautaire ainsi que des capacités de prise en charge et de diagnostic.

Selon les autorités et les experts, rien ne permet encore de conclure que l'épidémie a atteint son pic. La spécificité du virus en cause, les lacunes dans la détection des cas et le suivi des contacts, ainsi que le contexte sécuritaire et humanitaire complexe dans l'est de la RDC, rendent difficile toute évaluation rapide d'une stabilisation de l'épidémie.


PIC TOUJOURS INCERTAIN


Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a déclaré lors d'un point de presse récemment tenu à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, que l'épidémie se trouvait encore dans une "phase de croissance" ou une "phase ascendante".

Il a souligné que les autorités ne pourraient dire que l'épidémie a atteint son pic, un plateau ou une phase de décroissance qu'une fois les indicateurs stabilisés ou orientés à la baisse. "Quand on verra que ces barres rouges commencent à devenir stables ou commencent à baisser, en ce moment-là on vous dira : on a atteint le pic, maintenant on est peut-être dans le plateau, on est peut-être dans la décroissance. Mais le travail pour l'instant est continu", a-t-il dit.

Selon lui, l'augmentation du nombre de cas ne doit pas nécessairement être interprétée comme un signe négatif. Elle reflète aussi l'intensification de la recherche active des malades et l'identification de cas qui se trouvaient jusque-là dans les communautés sans être détectés.

Marie-Roseline Belizaire, directrice des urgences de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avait déclaré que la hausse des cas montrait aussi que le système de surveillance épidémiologique commençait à produire des résultats.

"Le fait qu'on a une augmentation de cas, ça veut dire que la surveillance épidémiologique a été mise en place et elle commence à donner des résultats", a-t-elle dit. "On commence à détecter les cas qui sont dans la communauté".

L'actuelle épidémie est causée par le virus Ebola Bundibugyo, pour lequel il n'existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé. M. Kamba a également souligné que cette épidémie était difficile à détecter cliniquement, car de nombreux patients ne présentent pas de saignements évidents, contrairement à l'image souvent associée à Ebola. Les premiers symptômes peuvent ressembler au paludisme ou à d'autres maladies courantes dans la région, ce qui retarde la prise en charge.


RIPOSTE RENFORCEE


Face à la poursuite de la hausse des cas, le gouvernement congolais, les institutions africaines et les partenaires internationaux intensifient leurs efforts.

Le ministère congolais de la Santé a indiqué dimanche que les activités de riposte étaient renforcées, notamment les enquêtes et le suivi des cas, la sensibilisation et la mobilisation communautaires, ainsi que l'amélioration des capacités de prise en charge et de dépistage.

Selon M. Kamba, plus de 500 lits avaient été installés en un mois, alors que plus de 1.000 relais communautaires avaient été déployés et que la capacité de laboratoire était passée d'environ 20 tests par jour au début de l'épidémie à plus de 2.000 tests par jour.

Mme Belizaire a indiqué que les capacités de prise en charge étaient passées de zéro centre de traitement dédié à Ebola au début de la riposte à neuf centres fonctionnels, offrant une prise en charge globale et incluant les soins médicaux, le soutien psychosocial et l'appui nutritionnel.

La mobilisation à l'échelle africaine s'accélère également. Lors du sommet virtuel spécial sur la riposte à Ebola, le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé les Etats membres de l'Union africaine et les partenaires internationaux à renforcer la solidarité et la coordination afin d'empêcher la poursuite de la propagation de l'épidémie et d'investir davantage dans des systèmes de santé résilients.

Il a appelé à renforcer les plans nationaux et régionaux de riposte, à améliorer la coordination transfrontalière et à intensifier les mesures de préparation, de surveillance et de confinement.


DES LACUNES A COMBLER


Malgré le renforcement de la riposte, d'importantes lacunes persistent.

Le suivi insuffisant des contacts demeure l'un des principaux goulots d'étranglement dans le contrôle de l'épidémie.

Dieudonné Mwamba Kazadi, directeur général de l'Institut national de santé publique (INSP), a déclaré à Xinhua que le contrôle de l'épidémie dépendait avant tout de la capacité des équipes à identifier et interrompre les chaînes de transmission. Pour déclarer l'épidémie sous contrôle, tous les contacts des cas confirmés doivent être listés et suivis, a-t-il expliqué.

Compte tenu du nombre de cas confirmés à ce moment-là, la liste des contacts aurait dû atteindre environ 35.000 personnes, mais seulement environ 12% des contacts attendus faisaient l'objet d'un suivi actif, a fait savoir Wessam Mankoula, expert du CDC Afrique.

La crise humanitaire préexistante dans l'est de la RDC accroît également les risques de transmission.

Selon l'OMS, l'épidémie se déroulait dans un environnement complexe marqué par les conflits et une crise humanitaire, avec des populations très mobiles et souvent déplacées, privées de services de base tels que la nourriture, l'eau potable, les abris, les soins de santé et la protection.

Bien que l'Ituri reste l'épicentre de l'épidémie, le CDC Afrique a aussi attiré l'attention sur les risques dans la province du Nord-Kivu. M. Mankoula a déclaré que la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu limitait gravement les déplacements des équipes de riposte, affectant la surveillance, la détection précoce, l'isolement des cas et le suivi des contacts par les agents communautaires.

Il a averti que si les couloirs humanitaires et l'accès des intervenants continuaient d'être retardés, les équipes pourraient, en arrivant plus tard dans ces zones, découvrir une flambée de cas.

Enfin, les mesures de prévention au niveau communautaire restent fragiles. "La communication pour les changements de comportement, c'est un processus qui n'est pas automatique", a dit Pierre Akilimali, gestionnaire d'incident au sein de l'INSP. "Très souvent au début, l'attitude, c'est l'hostilité, c'est le déni et ça prend du temps", a-t-il ajouté, rappelant qu'après plusieurs semaines de sensibilisation, certains groupes commençaient à reconnaître l'existence de la maladie.

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Source: Agence de presse Xinhua
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