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La souveraineté numérique européenne : entre volonté politique et réalités technologiques (SYNTHESE)

Par : 张智超 |  Mots clés : UE-outils numériques-dépendance
French.china.org.cn | Mis à jour le 13-06-2026
Agence de presse Xinhua | 13. 06. 2026

Depuis le 4 juin, le moteur de recherche français Qwant est devenu le moteur de recherche par défaut sur l'ensemble du parc informatique du Parlement européen, même si les 720 députés, ainsi que des milliers d'assistants et de membres du personnel administratif, sont libres d'utiliser des alternatives.

Selon un porte-parole de l'institution, cette décision s'inscrit dans une démarche plus large visant à réduire la dépendance du Parlement à l'égard des outils numériques non européens et à promouvoir des services basés en Europe et axés sur la protection de la vie privée.

Un exemple donné par le pouvoir législatif de l'UE pour défendre la "souveraineté technologique". Mais la volonté de combattre les outils non européens ne signifie pas pour autant une adoption automatique des outils européens. Selon une étude de leptidigital, un média spécialisé dans le marketing numérique, Qwant, le moteur de recherche installé par défaut dans les administrations françaises depuis janvier 2020, ne représentait qu'une part de marché très faible (1,02%) en France en 2026. En Europe, Google dispose depuis de nombreuses années d'une large position dominante (environ 90%).

Les talons d'Achille de l'Europe se trouvent dans un contrôle insuffisant de sa propre économie numérique et dans des infrastructures sous-développées. Avec des règlements sur les services numériques (DSA) et sur les marchés numériques (DMA), la Commission européenne a déjà infligé ces dernières années des amendes énormes aux géants numériques non européens pour non-conformité aux règles européennes.

Parallèlement aux efforts pour encadrer les grandes entreprises technologiques dominantes sur son marché, l'Europe continue sans relâche de s'attaquer au fossé en matière de capacités et d'infrastructures sur son propre sol. Pour consolider les capacités en matière d'IA, de semi-conducteurs, de cloud (stockage de données) et de logiciels libres (open source), la Commission a dévoilé le 3 juin un nouveau train de mesures, formulé en deux propositions législatives, une stratégie en faveur de l'open source, ainsi qu'une feuille de route stratégique pour la numérisation et l'IA dans le secteur de l'énergie.

En matière d'IA, l'Europe est à la traîne dans la course mondiale. Le continent n'héberge qu'une poignée de modèles d'IA et reste loin derrière les Etats-Unis et la Chine en matière d'innovation et de déploiement. Le même fossé existe pour les puces électroniques. Alors que la loi sur les puces de 2022 a apporté un nouvel élan au secteur des microprocesseurs, il est "très peu probable" que l'UE atteigne son objectif de représenter au moins 20% de la production mondiale de semi-conducteurs de pointe et durables d'ici 2030, selon un rapport d'avril 2025 de la Cour des comptes européenne.

Selon un rapport de 2025 de Synergy Research Group, une société d'études de marché, les fournisseurs européens d'infrastructure cloud ne représentent que 15% de leur propre marché. Synergy a indiqué que l'ampleur des investissements des géants technologiques américains tels qu'Amazon, Microsoft et Google en a fait les principaux bénéficiaires de la croissance du cloud, laissant les concurrents européens face à "une pente impossible à gravir".

Avec les nouvelles mesures, la Commission vise à tripler la capacité des centres de données européens dans un délai de cinq à sept ans, à accélérer le déploiement de solutions numériques et d'IA dans l'ensemble du bloc, à développer des capacités de pointe dans le domaine des semi-conducteurs pour alimenter les applications de l'IA, ainsi qu'à promouvoir des alternatives open source dans des domaines prioritaires.

Ce train de mesures va contribuer à élargir l'éventail des choix technologiques essentiels à la disposition des entreprises, des citoyens et des administrations publiques de l'UE, écrit la Commission dans son communiqué.

Cependant, il a suscité la controverse au sein de l'industrie. Concernant les dispositions liées au règlement sur les semi-conducteurs 2.0, DIGITALEUROPE, une association européenne de l'industrie numérique, a affirmé que la chaîne de valeurs des semi-conducteurs était internationale et qu'il n'existait pas de "puce européenne". Elle a averti que les exigences de contenu local étaient impossibles à appliquer parce qu'elles fragmenteraient les chaînes d'approvisionnement et saperaient la compétitivité de l'UE, y compris celle des industries en aval.

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Source: Agence de presse Xinhua
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