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RDC : l'épidémie d'Ebola s'étend sur fond d'insécurité et de suivi insuffisant des contacts (PAPIER GENERAL)

Par :  |  Mots clés : RDC,Ebola
French.china.org.cn | Mis à jour le 12-06-2026
Agence de presse Xinhua | 12. 06. 2026

L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) continue de s'étendre, les autorités sanitaires faisant état de 676 cas confirmés, dont 136 décès, tandis que la faiblesse du suivi des contacts, l'insécurité et le manque de financements compliquent les efforts de riposte.

Selon le dernier rapport de situation publié jeudi par les autorités sanitaires congolaises, 41 nouveaux cas confirmés, dont neuf décès, ont été signalés mercredi. L'épidémie touche désormais 29 zones de santé dans trois provinces de l'est du pays, à savoir l'Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Le nombre de cas confirmés continue d'augmenter d'une semaine à l'autre, traduisant une transmission persistante au sein des communautés. Une extension géographique brutale de l'épidémie est à craindre si les mesures de santé publique ne sont pas rapidement mises en œuvre, selon le rapport.

Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), a déclaré jeudi soir lors d'une conférence de presse en ligne que l'extension géographique de l'épidémie et la faiblesse du suivi des contacts figuraient désormais parmi les principaux indicateurs guidant la riposte.

"Lorsque l'épidémie a été déclarée le 15 mai, nous avions trois zones de santé" touchées, a-t-il rappelé.

UNE PROPAGATION RAPIDE, UN SUIVI DES CONTACTS INSUFFISANT

Cette épidémie s'est ensuite étendue à trois provinces, tandis que le nombre de zones de santé affectées est passé de 14 à 27 en une dizaine de jours. "Cela signifie que nous doublons le nombre de zones de santé touchées en dix jours", a-t-il dit.

Le suivi des contacts reste très inférieur aux besoins, en particulier en Ituri, a souligné M. Kaseya.

Avec environ 600 cas confirmés dans cette province, les autorités sanitaires devraient s'attendre à environ 24.000 contacts à identifier, sur la base d'une estimation d'environ 40 contacts par cas confirmé. Or, près de 5.000 contacts seulement ont été listés, et seule une partie limitée d'entre eux fait l'objet d'un suivi actif, a-t-il indiqué.

"Si nous ne connaissons pas ces personnes, si nous ne les avons pas sur la liste, si nous ne les suivons pas, cela signifie qu'il existe un risque énorme de voir la transmission se maintenir dans la communauté", a averti Jean Kaseya.

Certains cas confirmés n'ont pas été admis dans des centres de traitement et se trouvent toujours en dehors des structures de soins, a-t-il ajouté. "Nous ne pouvons pas dire que nous pourrons contrôler cette épidémie très rapidement."

Selon lui, l'épidémie actuelle a déjà dépassé le bilan des deux précédentes flambées connues dues à la souche Bundibugyo, un variant plus rare du virus Ebola pour lequel il n'existe ni vaccin ni traitement homologué.

Le nombre de cas de l'épidémie actuelle est près de cinq fois supérieur à celui de l'épidémie de 2007 en Ouganda et 17 fois supérieur à celui de l'épidémie de 2012 en RDC, a-t-il indiqué.

En nombre de cas confirmés, l'épidémie actuelle est déjà la troisième plus importante parmi les 20 flambées d'Ebola enregistrées en Afrique, a ajouté M. Kaseya.

L'OMS MAINTIENT LE RISQUE EN RDC A UN NIVEAU "TRES ELEVE"

L'épidémie actuelle est la 17e flambée d'Ebola enregistrée en RDC depuis 1976 et la deuxième dans le pays causée par la souche Bundibugyo.

Dans une évaluation rapide des risques datée du 6 juin, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a maintenu le niveau de risque en RDC à "très élevé", évoquant la poursuite de la transmission, la hausse rapide du nombre de cas, l'extension géographique de l'épidémie et le risque de propagation nationale et régionale.

Selon l'OMS, entre le 22 mai et le 6 juin, le nombre de cas confirmés en RDC a été multiplié par plus de huit, passant de 63 à 515, tandis que le nombre de zones de santé ayant signalé des cas confirmés est passé de 16 à 25.

Des enquêtes rétrospectives ont identifié des cas suspects de fièvre hémorragique virale remontant au mois de mars dernier, ce qui laisse penser que le virus a pu circuler pendant plusieurs semaines avant la confirmation de l'épidémie en mai, a relevé l'OMS.

L'organisation a également indiqué que l'utilisation de tests diagnostiques non validés pour la souche Bundibugyo pourrait avoir contribué à des cas précoces non détectés, permettant à la transmission de se poursuivre dans les communautés et les structures de santé avant le plein déploiement de la riposte.

L'OMS a en outre mis en garde contre une probable sous-notification des cas, une couverture insuffisante du suivi des contacts, des capacités limitées de diagnostic en laboratoire, un manque d'infrastructures d'isolement et la méfiance de certaines communautés à l'égard des mesures de riposte.

Décrivant la maladie à virus Ebola Bundibugyo comme une fièvre hémorragique virale sévère, l'OMS a maintenu le risque actuel en RDC à un niveau "très élevé".

LA SITUATION EN OUGANDA SOUS CONTROLE

L'Ouganda, qui a signalé des cas liés à l'épidémie en RDC, reste sous surveillance étroite.

L'OMS a évalué le risque en Ouganda comme "élevé", tout en indiquant que tous les cas signalés dans ce pays étaient liés à des importations depuis la RDC ou à des cas secondaires rattachés à ces importations, sans transmission communautaire documentée.

M. Kaseya a estimé que l'épidémie en Ouganda était "réellement sous contrôle", au vu des chiffres disponibles auprès du CDC Afrique.

Les cas confirmés dans ce pays provenaient des listes de contacts, ce qui indique l'absence de preuve d'une transmission communautaire, a-t-il expliqué.

Par ailleurs, l'OMS a évalué comme élevé le risque pour les pays partageant une frontière terrestre avec les pays où la souche Bundibugyo a été détectée, tandis que le risque pour le reste de la région africaine et au niveau mondial demeure faible.

Aucun élément ne montre actuellement une transmission internationale soutenue au-delà des zones frontalières entre la RDC et l'Ouganda, même si l'exportation de cas par les voyages internationaux reste possible, selon l'OMS.

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Source: Agence de presse Xinhua
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