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ZOOM AFRIQUE : La flambée des prix du pétrole accentue les pressions sur le coût de la vie en Afrique

Par : 王栋 |  Mots clés : Afrique-société-énergie-prix
French.china.org.cn | Mis à jour le 28-05-2026
Agence de presse Xinhua | 28. 05. 2026

Dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, la hausse des cours internationaux du pétrole continue de fragiliser de nombreux pays africains fortement dépendants des importations énergétiques. La progression des prix des carburants se répercute désormais sur les transports, l'agriculture, l'électricité et les produits de première nécessité, alimentant le mécontentement populaire et accentuant les pressions sociales à travers le continent.

Au Kenya, les habitants de Nairobi, Mombasa ou encore Kisumu dénoncent depuis plusieurs semaines l'augmentation continue du coût de la vie. Les syndicats locaux du secteur des transports affirment que la flambée des prix du carburant a fortement accru les coûts d'exploitation, poussant de nombreux chauffeurs routiers à réduire leurs activités.

Selon les données du Bureau national des statistiques du Kenya, les prix des denrées alimentaires et des transports augmentent depuis le début de l'année à un rythme nettement supérieur à celui de l'inflation générale.

Aux Comores, archipel entièrement dépendant des importations de carburant, les fluctuations du marché pétrolier international affectent directement le quotidien de la population. Des médias locaux rapportent que des pêcheurs et des chauffeurs de taxi dénoncent une réduction importante de leurs revenus en raison de la hausse continue des prix du carburant.

L'Afrique du Sud fait également face à une pression croissante. Sous l'effet conjugué de la hausse du pétrole brut et de la faiblesse persistante du rand, les prix de l'essence et du diesel ont atteint leur plus haut niveau depuis près de quatre ans. Pour un nombre croissant de Sud-Africains, les trajets quotidiens deviennent un poids financier de plus en plus difficile à supporter.

Des analystes estiment que la flambée des coûts du transport et de la logistique contribue à tirer vers le haut les prix des produits alimentaires et des biens essentiels, renforçant les tensions inflationnistes dans le pays.

Le Nigeria, principal producteur de pétrole d'Afrique, subit néanmoins une pression face à la hausse du prix du brut. Le pays exporte la majeure partie de son pétrole brut à l'étranger pour qu'il y soit transformé en diesel, en essence et en d'autres produits, qui sont ensuite rachetés aux prix mondiaux. Alors que de nombreuses cargaisons restent bloquées dans le détroit d'Ormuz, les prix au Nigeria sont également affectés, réduisant ainsi les bénéfices tirés de la vente de pétrole. De plus, l'augmentation des prix internationaux de l'essence entraîne la montée des coûts du transport, ce qui pèse sur la vie de la population.

Face à ces difficultés, plusieurs gouvernements africains ont commencé à mettre en place des mesures d'urgence. Le Kenya a annoncé une réduction temporaire de certaines taxes sur les carburants et envisage d'élargir les subventions au transport public, et la Zambie a suspendu pour trois mois la perception de la taxe sur les carburants, tandis que l'Afrique du Sud discute actuellement d'un ajustement de la structure de taxation énergétique. La Namibie, de son côté, mobilise son fonds national de l'énergie afin d'absorber une partie des surcoûts liés aux importations pétrolières.

D'autres pays, comme le Sénégal et la Côte d'Ivoire, avaient déjà engagé des ressources budgétaires pour contenir les prix des carburants et d'autres produits de première nécessité, dans le but de préserver le pouvoir d'achat des ménages et de limiter les tensions sociales.

Cependant, de nombreux économistes estiment que ces mesures ne constituent qu'un soulagement temporaire. Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques de l'Afrique subsaharienne, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé à 4,3% sa prévision de croissance régionale pour 2026. L'institution souligne que la forte dépendance énergétique, la faible diversification économique et l'absence de mécanismes de résilience rendent les économies africaines particulièrement vulnérables aux chocs extérieurs.

Selon plusieurs experts, les politiques de réduction fiscale ou de subventions ne permettent que d'atténuer ponctuellement les tensions sans résoudre les fragilités structurelles du secteur énergétique africain. De fait, plusieurs pays, dont l'Angola, le Kenya et la Tanzanie, tentent d'accélérer des projets de raffineries, d'exploitation de gisements pétroliers et de réserves stratégiques de pétrole. Mais ces initiatives nécessiteront du temps avant de produire des effets tangibles.

Pour de nombreux gouvernements africains, la question énergétique devient désormais un enjeu majeur de stabilité économique et sociale. Le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, Claver Gatete, a récemment averti que les crises mondiales successives continuaient de révéler les vulnérabilités du continent, qu'il s'agisse des perturbations dans l'approvisionnement en carburant et en engrais, des pressions inflationnistes persistantes ou des contraintes budgétaires.

Il a ainsi souligné la nécessité de faire face aux chocs immédiats et aux défis à long terme grâce à la mise en place de couloirs d'infrastructures stratégiques, à un renforcement de l'intégration régionale et à une industrialisation accélérée.

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Source: Agence de presse Xinhua
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