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L'épidémie d'Ebola en RDC n'en est qu'à ses débuts et pourrait prendre des mois à contenir (responsable)

Par : 王栋 |  Mots clés : RDC, Ebola
French.china.org.cn | Mis à jour le 27-05-2026
Agence de presse Xinhua | 27. 05. 2026

La République démocratique du Congo (RDC) se trouve encore au début de sa nouvelle épidémie d'Ebola et pourrait avoir besoin de jusqu'à six mois pour l'endiguer, a déclaré mardi soir le ministre de la Santé, Roger Kamba, alors que la souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe pas de vaccin, continue de se propager dans l'est du pays, une région déjà meurtrie par les conflits.

S'exprimant lors d'un point de presse, onze jours après la déclaration de l'épidémie, M. Kamba a indiqué qu'environ 1.000 personnes présentaient des symptômes compatibles avec Ebola, tandis que 101 cas avaient été confirmés en laboratoire. Il a fait état d'environ 220 décès probables, dont près de 17 confirmés par test, et d'environ 3.600 contacts placés sous surveillance.

Ces chiffres restent provisoires, a souligné le ministre, expliquant que le gouvernement avait choisi de communiquer le nombre le plus large possible de cas suspects pendant que les enquêtes et les confirmations de laboratoire se poursuivent. "Nous sommes encore au début d'une épidémie", a-t-il dit, ajoutant que le pays se trouvait dans une phase de hausse du nombre de cas, de malades et de décès.

Selon M. Kamba, l'épidémie touche jusqu'à présent trois provinces : l'Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. En Ituri, la cité minière de Mongbwalu demeure l'épicentre. Le ministre a précisé qu'aucun cas confirmé n'avait été signalé en dehors de ces trois provinces orientales, malgré des alertes venues d'autres régions du pays, y compris de la capitale, Kinshasa.

L'épidémie, déclarée le 15 mai et qui est la 17e enregistrée en RDC depuis 1976, est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une forme plus rare de la maladie qui complique la détection précoce.

Selon M. Kamba, la souche Bundibugyo est moins spectaculaire dans sa phase initiale que la souche Zaïre, responsable de plusieurs précédentes flambées d'Ebola en RDC. Les premiers symptômes peuvent ressembler à ceux du paludisme, notamment fièvre, vomissements et diarrhée, tandis que les signes hémorragiques peuvent apparaître tardivement, voire ne pas apparaître.

Le ministre a rappelé qu'il n'existait actuellement dans le monde ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé contre la souche Bundibugyo. La prise en charge repose donc principalement sur les soins de soutien, notamment la réhydratation, le traitement de la détresse respiratoire et la prise en charge de l'anémie.

Dans sa dernière évaluation rapide des risques, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que l'épidémie présentait un risque "très élevé" au niveau national, "élevé" au niveau régional et "faible" au niveau mondial. L'évaluation cite notamment l'expansion géographique rapide, la forte mobilité des populations, l'insécurité, les infections parmi le personnel de santé, les décès communautaires et l'absence de vaccin homologué ou de traitement spécifique.

Roger Kamba a indiqué que les autorités déployaient des capacités de diagnostic au plus près des zones touchées et à risque, notamment des laboratoires mobiles et des tests supplémentaires. Environ 2.000 tests étaient en cours d'acheminement vers le terrain et 4.000 autres devaient suivre, a-t-il fait savoir.

Le ministre a également indiqué que le "patient zéro" n'avait pas encore été identifié, ajoutant que les autorités s'appuyaient sur la surveillance, le dépistage, l'isolement, le traçage des contacts, l'engagement communautaire et les enterrements sécurisés pour contenir la transmission.

M. Kamba a précisé que le plan de riposte était préparé pour une période de quatre à six mois, compte tenu de l'ampleur de l'épidémie. "On se donne entre quatre et six mois", a-t-il dit. "En considérant que c'est une épidémie majeure, on se donne peut-être six mois pour pouvoir la terminer".

Au-delà des contraintes médicales et logistiques, les autorités congolaises estiment que la résistance communautaire et l'insécurité constituent des obstacles majeurs.

M. Kamba a cité des attaques contre des structures de prise en charge d'Ebola à Rwampara et à Mongbwalu, en Ituri, affirmant que certains habitants estimaient avoir le droit de récupérer les corps et de les enterrer selon leurs pratiques traditionnelles. Il a averti que le contact avec les malades ou les dépouilles pouvait propager le virus, tandis que la désinformation, notamment les affirmations selon lesquelles la maladie serait "mystique" ou fabriquée, avait entravé la riposte.

La communication sur les risques, a-t-il poursuivi, doit davantage s'appuyer sur les chefs locaux, les responsables religieux, les relais communautaires et les voix de confiance sur place, plutôt que sur des responsables venus de Kinshasa. Le gouvernement prévoit de recruter 60.000 relais communautaires à partir de juillet afin de renforcer la surveillance sanitaire et la sensibilisation.

L'accès aux zones contrôlées par les rebelles constitue une autre préoccupation majeure. Interrogé sur la riposte à Goma et à Bukavu, deux grandes villes où des cas confirmés ont été signalés et qui se trouvent sous le contrôle par la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23), Roger Kamba a déclaré que la question n'était pas seulement technique, mais aussi politique et logistique.

Samedi dernier, le gouvernement congolais a suspendu les vols civils de passagers à destination et en provenance de Bunia, capitale de la province de l'Ituri et épicentre de l'épidémie, tout en maintenant les vols humanitaires.

M. Kamba a précisé que cette suspension temporaire des vols civils à l'aéroport de Bunia ne devait pas être considérée comme une fermeture de frontière. L'aéroport, a-t-il dit, est en "rénovation" et les autorités doivent s'assurer que les procédures de contrôle sanitaire aux frontières pour les passagers à l'arrivée et au départ soient correctement organisées.

"C'est pourquoi, temporairement, nous avons décidé de maintenir les vols humanitaires et d'arrêter les vols civils", a-t-il expliqué, ajoutant que cette mesure serait levée "très rapidement".

L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a déclaré lundi que les services aériens internationaux demeuraient sûrs malgré l'épidémie, tout en appelant les gouvernements, les compagnies aériennes, les aéroports et les autorités sanitaires à suivre strictement les recommandations de l'OMS.

L'OACI a rappelé qu'Ebola ne se transmettait pas par contact occasionnel ni par voie aérienne, mais par contact direct avec le sang ou d'autres liquides biologiques d'une personne infectée. Elle a indiqué que les mesures liées au transport aérien devaient être fondées sur les risques et sur les données disponibles, en privilégiant le dépistage à la sortie des zones touchées plutôt que des restrictions générales aux voyages ou au commerce.

L'OMS a recommandé aux pays de ne pas fermer les frontières ni imposer de restrictions aux voyages et au commerce internationaux, tout en appelant les pays touchés à empêcher les cas confirmés et les contacts d'entreprendre des voyages internationaux, sauf dans le cadre d'une évacuation médicale appropriée.

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Source: Agence de presse Xinhua
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