Ebola : l'OMS signale 220 décès suspects en RDC et avertit que l'épidémie progresse plus vite que la riposte
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a révélé lundi que l'épidémie d'Ebola en propagation rapide en République démocratique du Congo (RDC) a fait 220 décès suspects, tandis que les autorités sanitaires peinent à suivre le rythme de l'épidémie.
Alors que 101 cas ont été confirmés en RDC, dont 10 décès, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a noté que l'ampleur réelle de l'épidémie était bien plus importante. "Il y a désormais plus de 900 cas suspects et 220 décès suspects", a précisé M. Tedros lundi lors d'une réunion ministérielle virtuelle consacrée à l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo.
L'épidémie, déclarée urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai, s'est également propagée à l'Ouganda, où cinq cas confirmés et un décès ont été recensés.
M. Tedros a souligné un défi majeur : le retard dans la détection de l'épidémie signifie que les équipes sanitaires doivent désormais courir après une épidémie qui évolue très rapidement. "Nous intensifions d'urgence nos opérations, mais pour l'instant, l'épidémie progresse plus vite que nous", a-t-il dit.
La souche d'Ebola en cause est le virus Bundibugyo, contre lequel il n'existe aucun vaccin ni traitement approuvé. Cette souche n'a provoqué que deux épidémies auparavant : en Ouganda (2007) et en RDC (2012). L'OMS a recommandé de donner la priorité à deux anticorps monoclonaux dans le cadre d'essais cliniques.
Pour aggraver la crise, les provinces touchées de l'Ituri et du Nord-Kivu sont en proie à une forte insécurité et à une méfiance des communautés. Ces derniers mois, l'intensification des combats a déplacé plus de 100.000 personnes, tandis que deux incidents sécuritaires ont été signalés la semaine dernière dans des établissements de santé.
L'OMS a révisé son évaluation du risque d'Ebola à "très élevé" au niveau national, tandis que le risque reste "élevé" au niveau régional et "faible" au niveau mondial. Les pays voisins sont exhortés à prendre des mesures immédiates.
M. Tedros doit se rendre en RDC avec le directeur des urgences de l'OMS, alors que l'OMS s'engage à mettre fin à l'épidémie. "La situation va s'aggraver avant de s'améliorer", a-t-il admis. "Mais nous connaissons ce virus, et nous savons comment l'arrêter."








