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La RDC et ses voisins renforcent les contrôles face à l'épidémie d'Ebola détectée tardivement (PAPIER GENERAL)

Par : 王栋 |  Mots clés : RDC, Ebola, Santé
French.china.org.cn | Mis à jour le 23-05-2026
Agence de presse Xinhua | 23. 05. 2026

Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) et de pays voisins renforcent les mesures sanitaires et les restrictions de déplacement, alors que les équipes de riposte tentent de rattraper l'épidémie d'Ebola qui, selon des responsables de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), se serait propagée silencieusement pendant plusieurs semaines avant d'être pleinement détectée.

L'OMS a indiqué vendredi que 82 cas avaient été confirmés en RDC, dont sept décès confirmés, tandis que près de 750 cas suspects et 177 décès suspects laissent penser que l'épidémie est bien plus étendue que ne l'indiquent les seuls chiffres confirmés.

L'organisation a relevé son évaluation du risque en RDC au niveau "très élevé", tout en maintenant le risque régional à un niveau "élevé" et le risque mondial à un niveau "faible".

Cette aggravation a poussé la province congolaise de l'Ituri (est), épicentre de l'épidémie, à limiter les rassemblements publics, suspendre les veillées mortuaires et durcir les règles relatives aux inhumations et au transport des corps. Le Rwanda a imposé des restrictions d'entrée aux voyageurs ayant récemment séjourné ou transité par la RDC, tandis que l'Ouganda a annoncé la suspension des liaisons de transport public avec la RDC après la détection de cas importés.


MESURES RENFORCEES A L'EPICENTRE


Dans la province de l'Ituri, où la nouvelle épidémie d'Ebola a été déclarée le 15 mai, le gouverneur Johnny Luboya a signé vendredi une note d'instruction imposant une série de mesures préventives d'urgence sur l'ensemble de la province.

Les réunions publiques, manifestations et cérémonies sont désormais limitées à un maximum de 50 personnes. Les veillées mortuaires sont suspendues, et les inhumations doivent être effectuées dans le strict respect des protocoles sanitaires par les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés. La poursuite du championnat de football de l'Ituri a également été interdite, selon la note.

Le texte interdit aussi le transport des corps à moto, dans des véhicules privés, par transports en commun ou par tout autre moyen, seules les ambulances des équipes de riposte étant autorisées à cet effet.

Des responsables de l'OMS avaient indiqué plus tôt cette semaine que les premières informations faisaient état d'un cas index suspect à la fin du mois d'avril, suivi d'un possible événement de superpropagation lié aux pratiques funéraires et à la transmission communautaire.

Selon l'OMS, les enquêtes se poursuivent pour déterminer avec précision quand et où la flambée a commencé. Mais l'ampleur de l'épidémie laisse penser que le virus circulait déjà depuis un certain temps avant sa confirmation.

"Nous pensons que cela a probablement commencé il y a quelques mois", a déclaré mercredi Anaïs Legand, responsable technique de l'OMS sur les fièvres hémorragiques virales, soulignant que les priorités immédiates étaient la recherche des contacts, l'isolement et la prise en charge des cas suspects et confirmés.

Vendredi, l'OMS a relevé au niveau "très élevé" le risque national lié à cette flambée, provoquée par la souche moins connue Bundibugyo.

Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, a mis en garde vendredi contre toute sous-estimation du risque. "Ce serait une grave erreur de la sous-estimer", a-t-il déclaré à la presse à Genève.


PAYS VOISINS QUI SE PREPARENT


L'inquiétude régionale s'est accrue à mesure que l'épidémie, initialement signalée en Ituri, a touché la province du Nord-Kivu et celle du Sud-Kivu, tandis que l'Ouganda, dont la situation reste "stable", selon le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, a également rapporté deux cas confirmés, dont un décès.

Jeudi, la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) a confirmé un cas à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu. Le groupe, qui contrôle la ville depuis février 2025, a indiqué que le patient, un homme de 28 ans, avait voyagé depuis Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, et était décédé avant la confirmation de son diagnostic.

Au moins un cas suspect a été signalé en Tshopo, a indiqué vendredi une source onusienne à Xinhua, bien que la province n'ait pas officiellement rapporté de cas. Kisangani est l'un des principaux pôles de transport du pays, ce qui alimente les inquiétudes sur l'étendue possible de la circulation du virus avant sa détection.

Le ministère rwandais de la Santé a déclaré vendredi qu'aucun cas d'Ebola n'avait été signalé dans le pays, mais a annoncé un renforcement des mesures de prévention aux postes-frontières terrestres avec la RDC ainsi qu'à l'aéroport international de Kigali.

Avec effet immédiat, les ressortissants étrangers ayant voyagé ou transité par la RDC au cours des 30 derniers jours se verront refuser l'entrée au Rwanda. Les citoyens rwandais et les résidents étrangers pourront entrer dans le pays, mais seront soumis à une quarantaine obligatoire s'ils ont voyagé ou transité par la RDC durant la même période.

L'Ouganda a également décidé de restreindre ses liaisons avec son voisin occidental. Les autorités ougandaises ont annoncé jeudi la suspension de tous les transports publics entre l'Ouganda et la RDC, mesure qui doit entrer en vigueur dans un délai de 48 heures, à l'exception du transport de marchandises et de denrées alimentaires.

Les Etats-Unis ont également imposé des restrictions d'entrée aux détenteurs de passeports non américains ayant séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours, tout en exigeant que les citoyens américains revenant de ces pays entrent par l'aéroport international Washington-Dulles pour un dépistage renforcé.

"Il y a un besoin urgent de solidarité et de soutien, plutôt que de restrictions ou d'interdictions de voyage. Nous avons besoin d'un accès humanitaire. Nous avons besoin de vols pour nous rendre sur place. Nous devons soutenir les autorités locales et toutes les ONG qui y travaillent. C'est le moment de la solidarité", a déclaré vendredi Muhammad Munir, virologue, lors d'une conférence de presse aux côtés de M. Tedros.


UNE SOUCHE RARE, MAIS PEU D'OUTILS DISPONIBLES


La flambée est aussi plus difficile à contenir car elle est causée par la souche Bundibugyo, une forme moins fréquente du virus Ebola, différente de la souche Zaïre à l'origine de plusieurs précédentes flambées en RDC.

M. Tedros a souligné que l'épidémie actuelle était due au virus Bundibugyo, contrairement à de nombreuses flambées précédentes causées par le virus Ebola Zaïre, et qu'il n'existait "aucun vaccin ni traitement approuvé" contre cette souche. L'OMS discute avec ses partenaires de vaccins candidats en cours de développement et de production, a-t-il ajouté.

Concernant les traitements, M. Tedros a indiqué que le mécanisme R&D Blueprint de l'OMS avait réuni son groupe consultatif technique sur les traitements, les vaccins, la conception des essais cliniques et d'autres contre-mesures médicales.

La scientifique en chef de l'OMS, Sylvie Briand, a également indiqué que l'antiviral obeldesivir pourrait être utilisé chez les contacts exposés au virus afin de prévenir le développement de la maladie.

Mme Briand a précisé que les options vaccinales contre la souche Bundibugyo étaient encore en cours d'examen et qu'aucun candidat n'était prêt pour un déploiement immédiat.

Elle a expliqué qu'Ervebo, le vaccin homologué contre le virus Ebola Zaïre, n'était pas considéré à ce stade comme une option prioritaire, faute de preuves suffisantes d'une "protection croisée" contre le virus Bundibugyo, tandis que des candidats plus ciblés nécessitent encore des données supplémentaires, des doses disponibles et une préparation aux essais cliniques.


UNE MEFIANCE QUI HANTE


L'épidémie se déroule dans l'une des régions les plus fragiles de la RDC. L'Ituri et le Nord-Kivu sont depuis longtemps touchés par les conflits armés, les déplacements de population et un accès limité aux services de santé.

La violence et l'insécurité entravent la riposte à Ebola, a déclaré M. Tedros.

La résistance communautaire est également devenue un obstacle majeur. Jeudi, à Rwampara, épicentre de l'épidémie en Ituri, des habitants en colère ont incendié un site de traitement d'Ebola après avoir réclamé la restitution du corps d'un membre de la communauté décédé après son admission dans le centre.

Selon la police et les autorités locales, la foule s'était rassemblée aux portes du centre peu après l'annonce du décès, accusant les agents de santé de retenir le corps en vertu des protocoles de sécurité liés à Ebola.

M. Tedros a également évoqué cet incident, affirmant qu'il existait une "méfiance importante envers les autorités extérieures" au sein des communautés locales. La construction de la confiance dans les zones touchées est essentielle au succès de la riposte et constitue l'une des principales priorités de l'OMS, a-t-il déclaré.

Les responsables de l'OMS ont souligné que la hausse rapide du nombre de cas signalés ne signifiait pas nécessairement que la riposte échouait, mais qu'elle reflétait à la fois une transmission passée non détectée et un renforcement de la surveillance.

La représentante de l'OMS en RDC, Anne Ancia, a déclaré vendredi que l'épidémie était déjà "rampante et se disséminait silencieusement depuis quelques semaines" lorsque les équipes de riposte sont arrivées.

"Nous courons derrière (...) Nous ne sommes pas encore en situation de contrôle", a-t-elle reconnu, ajoutant que les opérations seraient renforcées et intensifiées afin de maîtriser l'épidémie le plus rapidement possible.

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Source: Agence de presse Xinhua
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