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(Avis d'invités) Chine-Afrique : une nouvelle perception en marche

Par :  |  Mots clés : Chine,Afrique,liens,perception
French.china.org.cn | Mis à jour le 22-05-2026
Agence de presse Xinhua | 22. 05. 2026

Une nouvelle perception est en marche dans les relations sino-africaines. Une meilleure compréhension mutuelle se développe entre les peuples, tandis que les échanges transforment progressivement les regards. Cette évolution ne relève pas uniquement des discours diplomatiques. Elle repose aussi, et surtout, sur des expériences humaines concrètes, des échanges culturels, universitaires, économiques et médiatiques qui ont permis à de nombreux Africains de découvrir la Chine au-delà des clichés. Pour ma part, cette perception positive repose autant sur l'observation que sur l'expérience vécue.

La Chine que j'ai découverte est un pays discipliné, organisé, ouvert sur le monde et porté par une impressionnante capacité d'innovation. Un pays où la modernité cohabite avec les traditions, où les infrastructures ultramodernes côtoient des villages ancestraux soigneusement préservés. Des villes futuristes aux régions rurales modernisées, des déserts reverdis aux réseaux ferroviaires ultra-performants, la Chine donne à voir une trajectoire de développement singulière qui inspire de nombreux pays émergents.

Mais au-delà des réalisations matérielles, ce sont surtout les échanges humains qui marquent durablement. J'avais l'occasion de traverser une vingtaine de villes et près d'une dizaine de provinces chinoises. J'y ai rencontré des citoyens, des étudiants, des entrepreneurs, des responsables locaux et des universitaires. Cette immersion a permis de mieux comprendre la société chinoise, son sens du collectif, son civisme, sa culture du travail et sa vision du développement.

Les nouvelles générations africaines construisent désormais leur regard sur des expériences directes et non plus uniquement sur des récits extérieurs. Un grand nombre de jeunes Africains étudient aujourd'hui dans les universités chinoises, travaillent avec des entreprises chinoises ou fréquentent des villes commerciales comme Yiwu ou Guangzhou, devenues de véritables plateformes présentant des possibilités économiques pour les commerçants africains. Les réseaux sociaux, les échanges universitaires, les voyages médiatiques et les coopérations techniques ont largement contribué à révéler une autre image de la Chine : celle d'un pays accessible, bien construit, innovant, accueillant et tourné vers le partage de la prospérité.

Le cas de Yiwu illustre parfaitement cette mutation des perceptions africaines à l'égard de la Chine. Située dans la province du Zhejiang, cette ville commerciale en plein essor est devenue un véritable carrefour économique mondial et un nouvel "eldorado" pour de nombreux opérateurs économiques africains. Des milliers d'Africains y transitent désormais pour leurs activités commerciales et des milliers d'autres y résident, dont de nombreux Sénégalais.

Cette dynamique contribue fortement à modifier l'image de la Chine auprès des populations africaines. Des commerçants sénégalais, maliens, nigérians ou guinéens y développent leurs entreprises, emploient aussi bien des travailleurs chinois qu'africains et participent à des chaînes d'approvisionnement reliant directement l'Afrique à la Chine. Beaucoup témoignent d'un environnement des affaires plus fluide, sécurisé et favorable à l'investissement.

Dans de nombreux témoignages de jeunes Africains revenus de Chine reviennent souvent les mêmes mots : sécurité, discipline, innovation, ouverture, respect et possibilités. Beaucoup y découvrent un environnement favorable à l'apprentissage, à l'entrepreneuriat et à l'éclosion des talents.

L'autre changement majeur réside dans la manière dont les Africains perçoivent désormais le modèle chinois de développement. De plus en plus de voix considèrent que la modernisation ne signifie pas nécessairement l'occidentalisation. La Chine démontre qu'un pays peut se développer rapidement tout en préservant ses spécificités culturelles, son identité, son système politique et ses priorités nationales. Cette idée gagne du terrain en Afrique, où beaucoup estiment aujourd'hui que le continent doit tracer ses propres voies de développement en s'appuyant sur ses réalités historiques, sociales et culturelles.

Le modèle chinois suscite ainsi un intérêt croissant parce qu'il montre qu'il est possible de lutter efficacement contre la pauvreté, de moderniser les infrastructures et de promouvoir l'industrialisation tout en conservant une forte souveraineté nationale. La réduction spectaculaire de la pauvreté en Chine, le développement des transports, la transformation écologique ou encore les avancées technologiques impressionnent nombre d'observateurs africains.

Au sein du Sud global, l'image de la Chine apparaît davantage confiante et plus reluisante. Beijing insiste régulièrement sur une coopération "gagnant-gagnant", sur le respect mutuel et sur une relation d'égal à égal avec les pays partenaires. Cette posture trouve un écho favorable dans les régions du monde en développement.

De surcroît, mon expérience personnelle en Chine a profondément influencé ma vision des relations entre la Chine, le Sénégal et l'Afrique. Elle m'a permis de comprendre que derrière les grands projets et les données économiques se trouve surtout une volonté d'ouverture, de dialogue et de coopération. Pour beaucoup d'Africains, notamment les jeunes, la Chine représente désormais bien plus qu'une puissance économique : elle incarne une source d'inspiration, une terre de possibilités et la preuve qu'un autre chemin vers le développement reste possible.

Dans un monde traversé par les crises, les fractures et les incertitudes, la coopération sino-africaine apparaît alors comme l'une des relations internationales les plus prometteuses de notre époque. Une relation appelée à se renforcer davantage à travers les échanges humains, la jeunesse, l'innovation et le partage d'expériences. Car au-delà des intérêts économiques, ce sont désormais les peuples eux-mêmes qui apprennent à mieux se connaître, à se comprendre et à construire ensemble un avenir commun fondé sur le respect mutuel et la prospérité partagée. Et le Sud global aura, à cet égard, un rôle majeur à jouer. Fin

Note de la rédaction : Amadou Diop est un journaliste sénégalais et expert des questions chinoises. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement les positions de l'agence de presse Xinh

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Source: Agence de presse Xinhua
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