République du Congo : une pénurie de carburant perturbe les transports à Brazzaville
Depuis près d'une semaine, la capitale de la République du Congo, Brazzaville, est confrontée à une importante pénurie de carburant, qui perturbe les déplacements des automobilistes et provoque de longues files d'attente dans les stations-service, a constaté sur place un journaliste de Xinhua.
Dans plusieurs quartiers de la ville, des bidons entassés, des motocyclistes et de longues files de véhicules s'étendant sur plusieurs mètres devant les stations-service témoignent de la rareté des produits pétroliers. La circulation est également moins dense que d'ordinaire sur les principales artères de la capitale.
Cette pénurie touche aussi bien les automobilistes que les usagers des transports en commun, qui éprouvent de grandes difficultés à se déplacer, notamment aux heures de pointe. Aux arrêts de bus, l'attente se prolonge, obligeant certains usagers à morceler leurs trajets, avec des dépenses plus élevées.
"C'est une situation vraiment difficile. On peut avoir de quoi payer le transport, mais il n'est pas facile de trouver un bus, ni même un taxi", s'est indigné Fiacre Nkombo, un usager rencontré à un arrêt de bus près de la mairie de Mfilou, dans le 7e arrondissement de Brazzaville.
Dans les rares stations-service encore approvisionnées en petites quantités, les policiers mobilisés peinent à maintenir l'ordre face à l'affluence des automobilistes.
"Cela fait trois jours que je cherche du carburant. C'est une vraie bataille, et dans ces conditions, il est difficile de faire la recette", a raconté un chauffeur de taxi devant une station-service du centre-ville, ajoutant qu'il faut parfois passer plusieurs heures, voire toute une nuit, dans une station pour espérer obtenir un peu de carburant.
Selon une source proche de la Société Commune de Logistique (SCLOG), chargée du stockage et du transport massif des hydrocarbures liquides sur l'ensemble du territoire national, les autorités sont contraintes de recourir à Kinshasa, en République démocratique du Congo, pour faire venir quelques barges chargées de carburant afin de tenter d'endiguer la pénurie à Brazzaville.
Dans un communiqué, le gouvernement a expliqué que cette pénurie serait liée à la baisse des stocks aux niveaux national et international, provoquée par la crise actuelle au Moyen-Orient.
Face à cette situation, certains automobilistes se tournent vers les vendeurs illicites de carburant, communément appelés "Kadhafis''. Ces derniers profitent de la pénurie pour spéculer sur les prix, un bidon de 25 litres étant vendu à plus de 25.000 francs CFA (44,25 dollars américains), contre environ 20.000 francs CFA (35,4 dollars américains) dans les stations-service.








