Yémen : la hausse des prix du carburant attise les tensions dans le sud du pays
Le gouvernement yéménite a augmenté jeudi les prix du diesel dans un contexte de pressions accrues sur l'approvisionnement en carburant et de hausse des coûts d'importation, provoquant des manifestations alors que la colère de la population s'accentue en raison de la détérioration des conditions de vie et des pannes de courant prolongées.
Cette décision a fait monter le prix d'un jerrycan de 20 litres de diesel de 29.500 rials yéménites (123 dollars) à 36.000 rials (151 dollars), a confirmé à Xinhua un responsable local de la compagnie pétrolière publique à Aden.
Quelques heures après l'entrée en vigueur de cette hausse, des manifestations ont éclaté dans la province productrice de pétrole de l'Hadramaout (sud-est), où les habitants ont bloqué des routes et brûlé des pneus pour protester contre la dégradation des services, les coupures d'électricité récurrentes et l'aggravation de la crise du carburant.
Des activistes locaux ont indiqué que les forces de sécurité avaient ensuite commencé à disperser les manifestants et ouvrir le feu. Aucune victime n'a été signalée dans l'immédiat.
Bien que l'Hadramaout soit l'une des principales régions productrices de pétrole du Yémen, elle connaît une frustration grandissante de sa population depuis plusieurs mois en raison du déclin des services publics et de l'aggravation des difficultés économiques.
Les responsables locaux ont associé la dernière hausse des prix du pétrole à des difficultés croissantes d'approvisionnement et à une augmentation mondiale des coûts du carburant alimentée par l'instabilité régionale.
Dans la ville portuaire d'Aden (sud), où est basé le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite, la frustration continue d'enfler sur fond de détérioration des conditions économiques et des coupures de courant qui, selon les habitants, peuvent à présent durer jusqu'à 18 heures par jour dans certains districts.
Le diesel demeure une ressource essentielle au Yémen car il est utilisé pour le transport, les générateurs d'électricité privés, les pompes à eau et la majeure partie des activités commerciales, alors que les infrastructures publiques se sont effondrées après des années de conflit.
Le conflit au Yémen a débuté fin 2014, quand les forces houthies se sont emparées de la capitale Sanaa et de la majeure partie du nord du pays, poussant une coalition dirigée par l'Arabie saoudite à intervenir en 2015 en soutien au gouvernement yéménite.
Le conflit prolongé a dévasté l'économie et les infrastructures du Yémen, contribuant à l'une des plus graves crises humanitaires au monde, selon les Nations Unies.








