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Les forages financés par la Chine ravivent l'espoir d'une vie meilleure au centre du Togo (REPORTAGE)

Par : 王文晔 |  Mots clés : Togo,Chine,forages
French.china.org.cn | Mis à jour le 20-05-2026
Agence de presse Xinhua | 20. 05. 2026

En roulant vers le nord depuis Lomé, la capitale du Togo, le paysage s'élève progressivement vers la région des Plateaux, l'une des cinq régions administratives du pays ouest-africain. Si les forêts luxuriantes et les collines ondulantes offrent des paysages pittoresques, ce décor verdoyant a longtemps masqué une difficulté centenaire pour les habitants : une grave pénurie d'eau.

A Bato Losso, un village de la préfecture de Haho dans la région des Plateaux, les villageois devaient autrefois marcher plusieurs kilomètres chaque jour sous un soleil brûlant pour aller chercher un seau d'eau boueuse dans des fossés de rivière éloignés.

"Chaque fois que nous revenions après être allés chercher de l'eau, nous étions complètement épuisés", se souvient Bandawa Nayagla, président du comité de développement du village de Bato Losso. "L'eau était souvent contaminée par des bactéries, ce qui rendait les gens facilement malades."

Cette dure réalité est en train de connaître une transformation profonde. Depuis son lancement officiel en novembre 2024, le projet d'approvisionnement en eau rurale soutenu par la Chine au Togo, confié à la Jiangxi Zhongmei Engineering Construction Company, a vu des flux d'eaux souterraines claires traverser des couches de roche dure pour jaillir dans toute la région centrale des Plateaux.

Selon le chef de projet Huang Xianzhou, le projet prévoyait initialement de forer 300 puits d'approvisionnement en eau rurale dans la région des Plateaux. Cependant, lors des phases réelles d'exploration et de construction, l'équipe chinoise a optimisé le calendrier et amélioré l'efficacité afin de couvrir autant de villages isolés que possible.

"A ce jour, ils ont foré avec succès 305 puits, dépassant l'objectif initial", a-t-il déclaré.

A Afidegnigban, un village situé à environ 40 kilomètres au sud-est d'Atakpamé, la capitale de la région des Plateaux, le villageois Tchador Plafala Kokouvi ne pouvait cacher son enthousiasme. "Nous marchions autrefois des kilomètres pour de l'eau boueuse, et les enfants étaient constamment malades. Maintenant, de l'eau potable propre est disponible ici même dans notre village !"

N'Tchou Kowovi, président du comité de développement du village d'Afidegnigban, a témoigné du fait que tout le village a éclaté de joie lorsque la première eau de source est apparue. "Le chef du village m'a immédiatement appelé pour me dire que c'était notre journée la plus mémorable", a-t-il raconté.

Le forage de puits dans la région des Plateaux n'est pas une tâche facile. Yan Jianwen, responsable de production du projet, a expliqué que les chantiers sont dispersés dans plus de 300 villages répartis sur douze préfectures de la région. Les routes menant à ces villages sont pour la plupart étroites, non goudronnées et impraticables pour les grands véhicules.

"Par conséquent, les matériaux de construction comme les pierres, le sable et le ciment devaient être transportés par lots à l'aide de petits véhicules. En outre, la saison des pluies qui dure plusieurs mois et la menace de maladies infectieuses comme le paludisme ont posé des défis importants à l'équipe de construction", a-t-il indiqué.

Le principal défi du forage réside dans la localisation de l'eau. M. Huang a souligné qu'en raison de la faible densité des fractures et failles, des mauvaises conditions hydrogéologiques et de nappes phréatiques profondément enfouies dans la région des Plateaux, l'équipe a rencontré des "puits secs" dans certaines zones malgré l'utilisation de technologies géophysiques avancées.

Maganawe Djadja, gouverneur de la région des Plateaux, a noté que l'immense difficulté du forage dans certaines zones rend ces puits d'autant plus précieux. "Le professionnalisme et la 'vitesse chinoise' démontrés par l'équipe chinoise sont vraiment admirables", a-t-il salué.

Kogo Koffi Itche, directeur régional de l'hydraulique pour la région des Plateaux, a affirmé que la partie chinoise a maintenu un contrôle strict de la qualité à chaque étape, de la prospection géologique aux essais de pompage de 72 heures.

"Les résultats des tests de qualité de l'eau sont particulièrement rassurants : tous les indicateurs sont excellents, sans aucun métal lourd dépassant les normes de sécurité. Les villageois peuvent la boire sans risque", a-t-il remarqué.

L'arrivée de l'eau potable a déclenché une réaction en chaîne positive dans la vie rurale. M. Itche a détaillé l'impact économique : auparavant, chaque ménage dépensait environ 50.000 francs CFA (environ 88 dollars) par an pour les maladies hydriques. Avec plus de 150.000 personnes bénéficiant directement du projet, cela représente des centaines de millions de francs CFA économisés chaque année en dépenses médicales locales.

En outre, les enfants qui devaient auparavant aider à aller chercher de l'eau arrivaient souvent en retard à l'école. Désormais, avec environ trois heures gagnées par personne chaque jour, les villageois sont libérés de la pénible corvée de collecte de l'eau, a-t-il ajouté.

Yao Lombo, conseiller technique au ministère togolais de l'Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, a salué le projet comme une démonstration concrète de la coopération amicale entre le Togo et la Chine.

"L'eau n'est pas seulement une source de vie, mais aussi le fondement de la sécurité alimentaire", a rappelé M. Lombo, ajoutant qu'un approvisionnement en eau stable et propre permet aux agriculteurs de se concentrer sur la production agricole. "La haute qualité de construction et le transfert technique approfondi réalisés par l'entreprise chinoise ont une importance à long terme pour la revitalisation rurale du Togo."

Afin d'assurer la durabilité à long terme des puits, un mécanisme local d'exploitation et de maintenance a été mis en place. Awo Tchangani, préfet de Haho, a confirmé que chaque village a formé un "comité de l'eau" chargé des inspections et de l'entretien de routine à différents niveaux.

Dans le village d'Abalo-Copé, Sati Kao, responsable de la maintenance du forage, inspecte la pompe à eau chaque jour. "Nous devons protéger ce puits comme nous chérissons nos propres yeux", a-t-il déclaré.

Djaho Jandress, traducteur du projet diplômé en chinois de l'Université de Lomé, travaille sur le projet depuis près de deux ans.

"Je transmets les difficultés des villageois aux ingénieurs chinois, et j'apporte la bienveillance de la Chine aux populations locales", a-t-il expliqué. "Voir que les enfants ne boivent plus l'eau sale des fossés rend tout cela valable. Les ingénieurs chinois sont travailleurs et amicaux, ils nous aident vraiment de tout leur cœur."

A la fin avril 2026, le projet avait achevé la construction de 285 plateformes de puits et l'installation de 260 pompes manuelles. L'achèvement complet du projet est prévu d'ici la fin du mois de juin.

Alors que le soleil se lève et se couche sur les Plateaux centraux du Togo, ces 305 forages ravivent l'espoir des habitants en une vie meilleure.

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Source: Agence de presse Xinhua
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