Des frappes aériennes et de drones font des dizaines de victimes au Soudan (ONU)
Des frappes aériennes et de drones dans les Etats soudanais du Kordofan et du Darfour ont fait des dizaines de victimes parmi les civils, dont des femmes et des enfants, ont déclaré lundi des responsables humanitaires de l'ONU.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a indiqué que, selon ses sources locales, des frappes menées vendredi dans les Etats du Kordofan du Sud et du Kordofan du Nord ont tué au moins 26 civils. Des affrontements armés et d'autres frappes aériennes ont également été signalés autour d'El Obeid et de la ville de Bara, dans le Kordofan du Nord.
L'OCHA a aussi relevé que samedi, selon des sources locales, plus de 17 personnes ont été tuées lors d'une frappe visant un camion civil qui circulait entre le village de Khoumi et la région d'Abou Zabad, dans l'Etat du Kordofan occidental.
Des frappes meurtrières de drones ont également été signalées ces derniers jours dans les Etats du Darfour du Nord et du Darfour du Sud, a ajouté le bureau.
Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a averti que les attaques de drones ont fait au moins 880 morts, soit plus de 80% de l'ensemble des victimes civiles liées au conflit enregistrées entre janvier et avril de cette année au Soudan.
"Ce recours croissant aux drones permet aux hostilités de se poursuivre sans relâche à l'approche de la saison des pluies, qui, par le passé, entraînait une accalmie des opérations terrestres", a noté Volker Türk, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme. "Une intensification des hostilités dans les semaines à venir, alors que les parties cherchent à prendre ou à consolider le contrôle du territoire dans un contexte de dynamique de conflit changeante, risque de voir les hostilités s'étendre encore aux Etats du centre et de l'est, avec des conséquences mortelles pour les civils sur de vastes zones".
L'insécurité oblige également davantage de personnes à fuir leurs foyers, a souligné l'OCHA.
L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a observé que l'insécurité accrue dans l'Etat du Nil Bleu a provoqué le déplacement de plus de 4.600 personnes originaires de villages de la localité de Kurmuk dans la seule journée de jeudi.
Les parties doivent respecter le droit international humanitaire et protéger les civils et les infrastructures civiles, a recommandé l'OCHA, ajoutant que l'aide doit pouvoir parvenir aux personnes dans le besoin rapidement, en toute sécurité et sans entraves.








