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La Chine ouvre grand ses portes à l’Afrique

Par : 王栋 |  Mots clés : Chine
French.china.org.cn | Mis à jour le 29-04-2026
Chinafrique | 29. 04. 2026

Le commerce sino-africain devrait connaître une forte hausse dès ce mois-ci. La décision de la Chine d’accorder un traitement tarifaire zéro à 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle est entrée en vigueur le 1er mai. 

Cette date a été annoncée dans le message de félicitations du Président Xi Jinping à l’occasion du 39e Sommet de l’Union africaine (UA) en février, en plus des autres mesures visant à soutenir les exportations africaines vers la Chine, notamment l’amélioration du « corridor vert » pour les produits africains, faisant référence à des procédures douanières simplifiées et à des exigences réduites. 

L’importance de cette initiative ne saurait être surestimée. S’exprimant devant les médias en marge du Sommet, António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a salué cette initiative chinoise et a exhorté les autres économies développées et majeures à suivre cet exemple. 

Lors d’une conférence de presse tenue le 8 mars pendant les Deux sessions annuelles de la Chine, Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, a réaffirmé cet engagement. 

Une étape importante 

En 2003, la Chine avait initialement accordé le traitement tarifaire zéro à certains produits africains, lors de la 2e Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) à Addis-Abeba. À l’époque, le gouvernement chinois avait annoncé une série de mesures, notamment des exemptions tarifaires pour certaines importations provenant de pays africains les moins avancés (PMA). 

La politique a été mise en œuvre pour la première fois en 2005, lorsque la Chine a supprimé les droits de douane sur 194 lignes tarifaires provenant de 25 PMA d’Afrique. Depuis lors, le nombre de pays éligibles ainsi que le nombre de lignes tarifaires n’ont cessé d’augmenter, culminant avec la suppression totale des droits de douane en 2026. 

La politique actuelle de traitement tarifaire zéro répond à une préoccupation de longue date des pays africains: le déséquilibre commercial. Bien que les échanges sino-africains aient connu une croissance rapide, les exportations africaines vers la Chine ont augmenté plus lentement que les exportations chinoises vers l’Afrique. En 2025, le commerce bilatéral a atteint 348 milliards de dollars, soit une hausse de 17,7 % sur un an. Les exportations chinoises vers l’Afrique ont totalisé 225 milliards de dollars, en hausse de 25,8 %, tandis que les importations en provenance d’Afrique se sont élevées à 123 milliards de dollars, en progression de 5,4 %. 

L’augmentation des importations en provenance d’Afrique est devenue une priorité majeure dans l’engagement de la Chine avec le continent, et est considérée comme un moyen important de soutenir le développement économique africain. 

La politique devrait produire des effets immédiats pour les exportations agricoles africaines, qui représentent actuellement une part importante des exportations totales vers la Chine. Dans le même temps, elle est susceptible de stimuler les investissements dans la transformation et la fabrication, les exemptions tarifaires rendant l’Afrique plus attrayante comme base de production orientée vers l’exportation. Cela contribuera de manière plus générale aux efforts du continent visant à progresser dans la chaîne de valeur au-delà des exportations de matières premières. 


Participation à un système plus large 

Bien que considéré comme une mesure historique rarement observée dans l’histoire du commerce mondial, le traitement tarifaire zéro ne suffit pas, à lui seul, à résoudre les défis structurels (capacité de production limitée, difficultés à répondre aux normes internationales, manque de diversification des exportations et accès restreint au financement) auxquels est confronté le secteur des exportations africaines. 

La Chine a accompagné les exonérations tarifaires d’un ensemble de mesures de soutien. Des plateformes commerciales, telles que l’Exposition économique et commerciale sino-africaine à Changsha, contribuent à accroître la visibilité des produits africains et à créer des opportunités commerciales pour les exportateurs. L’Exposition internationale des importations de Chine à Shanghai a également vu une participation africaine croissante, soutenue par des mesures telles que des stands gratuits pour les PMA, des espaces d’exposition élargis, et une meilleure mise en relation des entreprises. 

La facilitation des échanges a également été renforcée grâce à des mesures telles que le « corridor vert » pour les exportations africaines, permettant un dédouanement plus rapide, des procédures phytosanitaires simplifiées, et des investissements accrus dans la logistique et la formation. Un exemple récent est l’accord complémentaire signé en avril entre la Chine et l’Afrique du Sud concernant les critères phytosanitaires pour les exportations d’agrumes. 

Pour l’Afrique, l’initiative du traitement tarifaire zéro représente une opportunité précieuse. Cependant, pour en tirer pleinement parti, il sera nécessaire de s’attaquer à certains problèmes structurels sous-jacents. Une préoccupation majeure devient récurrente: l’extension du traitement tarifaire zéro à un plus grand nombre de pays pourrait affaiblir l’avantage comparatif précédemment accordé aux PMA, car des marchés plus compétitifs comme l’Afrique du Sud et le Kenya bénéficient désormais d’un traitement égal. Cela souligne la nécessité d’une coopération régionale plus approfondie, notamment l’intégration des PMA dans les chaînes de valeur régionales et le renforcement des capacités d’exportation collectives afin d’être à la hauteur de la concurrence sur le marché chinois. 


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Source: Chinafrique
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