La Namibie vise le marché chinois du bœuf haut de gamme grâce à la politique de zéro tarif douanier, selon le patron de l'entreprise Meatco (INTERVIEW)
La Namibie cherche à se positionner sur le segment haut de gamme du marché chinois avec ses exportations de viande de bœuf, alors que la politique de zéro tarif douanier appliquée par la Chine aux produits importés d'Afrique offre de nouveaux débouchés pour les produits agricoles à forte valeur ajoutée, a déclaré Albertus Aochamub, directeur général par intérim de la société publique Meat Corporation of Namibia (Meatco).
M. Aochamub a confié à Xinhua lors d'un récent entretien que cette politique, qui entrera en vigueur le 1er mai, constitue une étape importante renforçant le partenariat commercial entre la Namibie et la Chine.
La Chine a annoncé qu'elle accorderait un traitement tarifaire de zéro à l'ensemble des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques dès le mois prochain, et qu'elle élargira encore davantage l'accès aux exportations africaines grâce à des mesures telles qu'un "corridor vert" amélioré.
M. Aochamub a décrit cette initiative comme une occasion "dont tous les secteurs de tous les pays du continent voudraient tirer parti".
Pour la Namibie, a-t-il indiqué, cette politique s'inscrit dans le prolongement d'un commerce de viande bovine avec la Chine déjà établi, bien qu'encore modeste.
En mars 2019, la Namibie est devenue le premier pays africain à exporter du bœuf vers la Chine, avec une première livraison de 21 tonnes visant à diversifier ses destinations d'exportation.
M. Aochamub a souligné que la Namibie répond aux exigences sanitaires et phytosanitaires strictes de la Chine et se trouve déjà dans une bonne position commerciale.
La Namibie ne rivalisera pas avec les grands pays exportateurs de bœuf en termes de volume, mais continuera à positionner ses produits sur le segment haut de gamme du marché, où des livraisons plus modestes peuvent générer de meilleurs rendements, a-t-il poursuivi.
Selon les données de Meatco pour 2024/2025, les marchés étrangers ont absorbé 47% de son volume de ventes de bœuf tout en générant 84% du chiffre d'affaires total. L'Union européenne et la Norvège représentent environ 98% de ses recettes liées au bœuf.
La nouvelle politique devrait rationaliser les flux commerciaux existants, a-t-il prédit, ajoutant que la mise en œuvre de ce tarif signifie que la Namibie continuera à évoluer dans une situation "beaucoup plus détendue et moins réglementée, d'un point de vue tarifaire".
Meatco devra évaluer plus en détail sa gamme de produits, les régions cibles en Chine et les segments de marché pour le bœuf namibien, a estimé M. Aochamub. "Ce sera le principal moteur des volumes commerciaux à l'avenir."
Selon lui, le vaste marché chinois offre un potentiel considérable, mais la Namibie reste réaliste quant à sa capacité d'approvisionnement en raison de son cheptel national relativement restreint.
Le pays devra donc développer ses échanges avec la Chine de manière sélective plutôt que de viser des exportations de masse, a noté M. Aochamub.
La ministre namibienne des Relations internationales et du Commerce, Selma Ashipala-Musavyi, s'est rendue en Chine du 11 au 18 avril. Les deux parties sont convenues d'étendre leur coopération mutuellement bénéfique dans l'agriculture et d'autres secteurs, tandis que la Chine a exprimé son soutien au développement économique et social de la Namibie, y compris à ses efforts pour promouvoir l'industrialisation et la modernisation agricole.








