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Les fantômes que le Japon refuse d'enterrer (COMMENTAIRE)

Par :  |  Mots clés : Japon-commentaire
French.china.org.cn | Mis à jour le 21-04-2026
Agence de presse Xinhua | 21. 04. 2026

La décision prise mardi par la dirigeante japonaise Sanae Takaichi d'envoyer une offrande rituelle au sanctuaire de Yasukuni (explicitement au nom de la "Première ministre") fait ouvertement le jeu de l'héritage toxique du militarisme japonais.

Il s'agit non seulement d'un nouvel affront envers les victimes de l'agression guerrière, mais également d'un signal inquiétant qui remet en cause les fondements moraux de l'ordre d'après-guerre.

Présenté comme un acte de deuil, ce geste revêt en réalité une portée historique et politique bien plus lourde. Ce sanctuaire n'est pas un lieu de culte ordinaire. C'est un symbole politique, car il honore 14 criminels de guerre de classe A de la Seconde Guerre mondiale parmi les défunts qui y sont vénérés, glorifiant ainsi le passé militariste du Japon. Depuis des décennies, les visites ou les offrandes des dirigeants japonais suscitent l'indignation dans toute l'Asie, où les souvenirs des agressions de la guerre restent vivaces.

Dans ce contexte, il n'y a pas de place pour les prétextes. Tout acte, en particulier officiel, lié à Yasukuni est un signal politique délibéré. Aucune rhétorique ne peut le priver de cette signification. Il s'agit également d'un choix conscient qui fait fi de la sensibilité de ceux qui ont souffert de l'agression japonaise pendant la guerre.

La démarche de Mme Takaichi s'inscrit dans la continuité de sa position erronée de longue date. Elle a toujours soutenu le révisionnisme historique qui tente de blanchir les crimes de guerre du Japon, et son engagement répété envers Yasukuni est antérieur à son accession au poste de Première ministre.

Ces dernières années, les forces de droite japonaises n'ont cessé de tester et d'étendre les limites des contraintes d'après-guerre du pays par des mesures progressives. La législation sur la sécurité réinterprétant la légitime défense collective, les révisions des stratégies de sécurité, l'assouplissement des règles d'exportation d'armes et les discussions ouvertes sur les accords de partage nucléaire indiquent toutes une volonté d'éroder les principes fondamentaux de la constitution pacifiste du Japon et de faire avancer la remilitarisation.

Les actions de Mme Takaichi s'inscrivent dans une logique cohérente. Depuis son ascension, elle défend un programme de sécurité articulé autour d'une prétendue "situation menaçant la survie (du Japon)", une logique dangereuse qui rappelle l'expansionnisme ayant précédé la Seconde Guerre mondiale. Sous sa direction, les dépenses de défense ont bondi et les efforts visant à acquérir des capacités de frappe préventive se sont accélérés. Plus inquiétants encore sont les signaux suggérant un engagement vacillant envers les trois principes non nucléaires, longtemps considérés comme la pierre angulaire de la politique de sécurité d'après-guerre du Japon.

Pour les voisins du Japon, cette combinaison est profondément alarmante. Un pays qui bat le tambour en faveur d'une puissance militaire accrue tandis que son dirigeant vénère des criminels de guerre condamnés n'envoie pas de signaux contradictoires : il envoie un message très clair. L'ombre du militarisme n'est pas une relique du passé. Sous Mme Takaichi, elle plane sur l'avenir du Japon.

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Source: Agence de presse Xinhua
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