Le président libanais estime un cessez-le-feu indispensable à la reprise des négociations alors que les frappes aériennes israéliennes se poursuivent
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré jeudi qu'un cessez-le-feu était essentiel pour ouvrir la voie à des négociations directes, alors que Washington a annoncé que les dirigeants israéliens et libanais s'entretiendraient plus tard dans la journée.
M. Aoun a fait ces déclarations lors d'une rencontre à Beyrouth avec le député britannique Hamish Falconer, selon un communiqué de la présidence libanaise.
Le Liban cherche à mettre un terme à l'escalade des hostilités dans le sud et dans tout le pays, a déclaré M. Aoun, dans le but de mettre fin aux attaques contre les civils et à la destruction des habitations. Toute négociation serait menée exclusivement par les autorités libanaises, au nom de la souveraineté nationale, ajoute le communiqué.
M. Aoun a également déclaré que le retrait israélien du territoire libanais était essentiel pour consolider le cessez-le-feu. Cela permettrait à l'armée libanaise de se redéployer le long des frontières internationalement reconnues, d'étendre l'autorité de l'Etat et d'éliminer toute présence armée non autorisée.
M. Falconer, sous-secrétaire d'Etat parlementaire britannique chargé du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord, de l'Afghanistan et du Pakistan, a exprimé le soutien de Londres aux efforts de cessez-le-feu et s'est engagé à appuyer les décisions du gouvernement libanais. Il a également annoncé une aide humanitaire de 20,5 millions de livres sterling (environ 25,5 millions de dollars) en faveur des personnes déplacées par le conflit.
Israël et le Liban ont tenu leurs premiers pourparlers diplomatiques depuis 1993 en début de semaine à Washington, les deux parties ayant convenu de lancer des négociations "directes" après la réunion. Le président américain Donald Trump a déclaré que les dirigeants des deux pays devaient s'entretenir jeudi.
Galia Gamliel, membre du cabinet de sécurité israélien, a déclaré à la radio de l'armée israélienne que le Premier ministre Benjamin Netanyahou s'entretiendrait jeudi avec M. Aoun, faisant écho aux propos de M. Trump. Le Liban n'a pas officiellement confirmé que des pourparlers entre les deux parties auraient lieu jeudi.
Par ailleurs, une frappe aérienne israélienne a touché jeudi un véhicule sur la route reliant Beyrouth à Damas, tuant une personne, selon l'Agence nationale d'information libanaise, gérée par l'Etat. La frappe a eu lieu dans la région de Dahr al-Baidar, à l'est de la capitale.
Des sources libanaises ont également rapporté qu'une frappe israélienne avait détruit jeudi le dernier pont reliant le sud du Liban au reste du pays.
Les combats ont provoqué un exode massif vers la frontière. Plus de 277.000 personnes ont fui le Liban pour se réfugier en Syrie depuis début mars, a déclaré mercredi l'agence des Nations Unies pour les réfugiés. Parmi elles, comptent environ 234.000 Syriens et 43.000 Libanais.
Le bilan de victimes au Liban est important. Les frappes aériennes et les opérations terrestres israéliennes, qui se sont intensifiées vers le 2 mars, ont tué au moins 2.167 personnes et en ont blessé plus de 7.061 autres, selon le ministère libanais de la Santé.








