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ZOOM AFRIQUE : L'éolien africain porté par la coopération Sud-Sud

Par : 张平平 |  Mots clés : Zoom Afrique,éolien
French.china.org.cn | Mis à jour le 26-02-2026
Agence de presse Xinhua | 26. 02. 2026

La mise en service récente du parc éolien d'Aysha II, construit par une entreprise chinoise dans l'est de l'Ethiopie, a réuni les dirigeants de l'Ethiopie, de Djibouti et de la Somalie. La scène dépasse le cadre d'un simple projet énergétique, révélant une dynamique régionale où infrastructures, intégration économique et transition énergétique s'entrecroisent.

Dans un contexte mondial marqué par l'accélération de la transition énergétique et la persistance de déficits électriques dans de nombreux pays en développement, la coopération sino-africaine dans l'éolien s'inscrit désormais dans une logique structurelle. Les projets ne répondent plus seulement à un besoin immédiat en électricité : ils s'intègrent dans des trajectoires industrielles et territoriales de long terme.


UNE LOGIQUE DE CHAINE INTEGREE


Dans des environnements naturels exigeants et des réseaux encore fragiles, l'implantation d'un parc éolien constitue un défi technique et organisationnel. L'intérêt suscité par Aysha tient précisément à la méthode déployée.

Lancé en 2017, le projet éolien Aysha II affiche une capacité installée totale de 120 mégawatts. Les premières unités mises en service alimentent déjà la région Somali, la zone industrielle de Dire Dawa ainsi que la ligne ferroviaire Addis-Abeba-Djibouti, renforçant la stabilité du réseau électrique dans l'est du pays.

Mais l'enjeu dépasse la production. Le projet repose sur une coopération couvrant l'ensemble du cycle : planification, ingénierie, fourniture d'équipements, construction, raccordement et exploitation, les entreprises chinoises ayant déployé une chaîne complète de compétences.

Il ne s'agit pas d'une intervention ponctuelle, mais d'un dispositif cohérent couvrant l'ensemble du cycle de vie du projet. Cette continuité technique permet de structurer un savoir-faire local en gestion de projets renouvelables.

Pour les spécialistes éthiopiens du secteur énergétique, ce type d'approche intégrée facilite l'appropriation des compétences organisationnelles et opérationnelles. Elle crée une base méthodologique réutilisable pour les projets futurs, dans un pays engagé dans l'augmentation de la part des énergies renouvelables.


L'HUMAIN AU COEUR DE LA TRANSITION


La transition énergétique ne se mesure pas uniquement en mégawatts. Elle se matérialise aussi dans les parcours professionnels.

Dans la province sud-africaine du Cap-Nord, le parc éolien de De Aar, premier projet éolien intégré (investissement, construction et exploitation) d'un producteur chinois sur le continent, illustre cette dimension humaine.

Agé de 31 ans, Xolani Taute fait partie des techniciens du site. Ancien étudiant sans perspective claire, il a suivi un programme articulant formation théorique, entraînement pratique et insertion professionnelle. Aujourd'hui, il participe aux inspections quotidiennes et aux opérations de maintenance, occupant un poste technique clé.

Avec une capacité installée de 244,5 mégawatts et une production annuelle d'environ 770 millions de kilowatt-heures, le parc figure parmi les plus importants d'Afrique du Sud. Mais son impact dépasse la fourniture d'électricité : plus de 80% des effectifs sont locaux, et une majorité des postes techniques sont désormais assumés par des employés sud-africains.

A travers les programmes de formation, les bourses d'études et les initiatives communautaires, le projet s'inscrit progressivement dans l'écosystème local. L'énergie propre réduit les tensions d'approvisionnement, tandis que les compétences acquises renforcent la résilience sociale et professionnelle.

M. Taute confie : "L'éolien n'a pas seulement transformé mon travail, il a aussi changé la manière dont j'envisage mon avenir. Etre capable d'exploiter une turbine de façon autonome, de diagnostiquer et résoudre les problèmes, me donne le sentiment de progresser en même temps que le projet".

Son parcours illustre une dimension souvent moins visible de la transition énergétique : la constitution progressive d'un capital humain local. Au-delà de la production d'électricité, ces projets contribuent à stabiliser des emplois qualifiés, à structurer des trajectoires professionnelles et à ancrer durablement les compétences techniques sur le territoire. Lorsque les savoir-faire restent et que les responsabilités sont assumées localement, la coopération dépasse le cadre contractuel pour devenir un levier de développement endogène.


AU-DELA DU DEBAT SUR LES CAPACITES


Les critiques occidentales évoquant une "surcapacité" dans les industries chinoises des énergies renouvelables peinent à saisir la réalité africaine.

Dans de nombreux pays du continent, la contrainte principale demeure l'accès à une électricité abordable et fiable. Le parc d'Amunet en Egypte, d'une capacité de 500 mégawatts et intégré à la planification énergétique nationale, illustre cette adéquation entre offre industrielle et besoin structurel. L'énergie produite soutient les zones portuaires, les activités manufacturières et l'expansion urbaine.

Dans ce contexte, la coopération sino-africaine dans l'éolien relève moins d'un excédent d'offre que d'une complémentarité économique. Les équipements, l'ingénierie, la gestion et la formation constituent un ensemble cohérent adapté aux priorités de développement du continent.

De l'Ethiopie à l'Afrique du Sud, jusqu'aux projets nord-africains en cours de déploiement, l'éolien africain s'inscrit progressivement dans une logique de montée en gamme industrielle. Chaque parc ajoute une capacité énergétique ; ensemble, ils contribuent à structurer un marché et à renforcer des compétences locales durables.

Les projets éoliens ne se limitent ni à une amélioration de l'approvisionnement électrique ni à une simple coopération technique. Ils relèvent d'une construction progressive de capacités, où infrastructures, organisation industrielle et formation professionnelle avancent en synergie.

Les jeunes techniciens d'Aysha et de De Aar incarnent concrètement cette dynamique. A mesure que les parcs éoliens se raccordent aux réseaux nationaux, ils renforcent la sécurité énergétique locale. Mais au-delà de l'électricité produite, ils laissent sur place des compétences et des responsabilités nouvelles. Ainsi se dessine un modèle de coopération où développement énergétique et montée en capacité avancent ensemble.

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Source: Agence de presse Xinhua
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