share

L'autoroute Mbour-Kaolack amorce sa dernière ligne droite au Sénégal (REPORTAGE)

Par :  |  Mots clés : Sénégal,autoroute
French.china.org.cn | Mis à jour le 25-02-2026
Agence de presse Xinhua | 25. 02. 2026

Dans la périphérie de Mbour, ville dans l'ouest du Sénégal, l'air semble vibrer sur le chantier de la nouvelle autoroute Mbour-Kaolack, longue de près de cent kilomètres. Sous une chaleur avoisinant les 38 degrés Celsius au mois de février, les équipes travaillent d'arrache-pied sur le terrain pour finaliser les travaux, dont le taux d'avancement est supérieur à 90%.

Sur ce chantier balayé par les vents secs et la poussière de sable, le rythme ne faiblit pas. Les dernières phases du chantier, dont la mise en place des couches de fondation, la pose de l'enrobé et les rotations continues d'engins lourds, exigent une attention constante pour respecter les exigences de qualité et de sécurité, ainsi que le calendrier des travaux.

La principale difficulté technique du projet se situe sous la chaussée. En s'enfonçant vers l'intérieur des terres, le tracé traverse de vastes zones composées de sables fins et de sols salinisés. Afin d'assurer la stabilité de la couche de fondation et de réduire les risques de tassement, d'importants volumes de remblai en latérite sont nécessaires.

"Près de 40% de la latérite utilisée pour les remblais a dû être acheminée depuis des zones situées à 80, voire plus de 100 kilomètres d'ici", explique Jiang Yong, directeur du projet au sein de l'entreprise China Road and Bridge Corporation (CRBC), en charge des travaux.

Selon Ju Zhicheng, directeur adjoint du projet, le choix d'assurer en régie l'extraction et le transport de la latérite a permis de mieux maîtriser la qualité des matériaux. "Cette solution exigeait davantage d'efforts, mais elle nous permettait de garder la maîtrise des matières premières et de garantir la qualité des travaux", précise-t-il.

A ces contraintes géologiques s'ajoutent celles liées à l'approvisionnement en matériel. Sur un chantier à l'international, les délais d'acheminement des pièces et des consommables peuvent s'allonger, en raison notamment des distances, du transport et des procédures logistiques. "Un composant manquant peut suffire à interrompre une séquence de travaux", raconte M. Jiang. Afin de prévenir toute interruption du chantier, les équipes ont ainsi constitué des stocks de sécurité en pièces et en matériaux, garantissant la continuité des opérations.

Bien que l'autoroute soit conçue comme une infrastructure entièrement clôturée, les concepteurs ont veillé à préserver les modes de déplacement traditionnels des populations rurales ainsi que les transhumances du bétail. Après des reconnaissances de terrain le long du tracé, 289 passages et ponts ont été aménagés afin de permettre la circulation des riverains et des troupeaux, notamment de zébus, très présents dans la région.

Le chantier a également généré un volume significatif d'emplois locaux. Au pic des travaux, plus de 2.200 employés sénégalais ont participé au projet, représentant au total près de 10.000 opportunités d'emploi directes et indirectes. Sur le terrain, la coopération quotidienne a progressivement estompé la barrière linguistique. Mathieu Kodjo, traducteur togolais présent sur le chantier depuis trois ans, constate que de nombreux ouvriers sénégalais communiquent désormais directement avec leurs collègues chinois, allant jusqu'à demander un marteau en mandarin sans passer par un interprète.

Pour Modou Fall, assistant aux ressources humaines du projet, cette évolution témoigne d'un transfert de compétences durable. De nombreux jeunes ouvriers ont acquis des qualifications en topographie, en essais de laboratoire ou en conduite d'engins, contribuant progressivement à la constitution d'une main-d'œuvre technique locale qualifiée.

Aux yeux de M. Jiang, l'autoroute s'inscrit dans un ensemble plus large de liaisons régionales. Il explique que l'axe permettra de renforcer les connexions vers le Mali à l'est et vers la Gambie au sud. En complément de la Route nationale existante, cette nouvelle infrastructure devrait contribuer à fluidifier durablement les transports de marchandises et de voyageurs, tout en consolidant l'intégration économique régionale.

Pour les usagers réguliers, ces changements se traduiront avant tout par un gain de temps considérable. Babou Marone, chauffeur dakarois de transport en commun et habitué de la Route nationale existante, évoque les nombreux ralentisseurs à la traversée de villages ainsi que les poids lourds stationnés en bord de route, qui entravent fréquemment la circulation. "Avant, il fallait plus de trois heures pour effectuer le trajet. Après l'ouverture de l'autoroute, il faudra moins d'une heure et demie", estime-t-il.

Une fois ouverte à la circulation, l'autoroute devrait offrir des conditions de transport plus sûres et plus fluides le long de l'un des principaux corridors du Sénégal.

Suivez China.org.cn sur Twitter et Facebook pour rejoindre la conversation.
Source: Agence de presse Xinhua
Retournez en haut de la page