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L'agriculture constitue un lien important entre la France et la Chine, selon un responsable de FranceAgriMer (INTERVIEW)

Par :  |  Mots clés : France-Agriculture-Chine
French.china.org.cn | Mis à jour le 25-02-2026
Agence de presse Xinhua | 25. 02. 2026

"Les échanges agricoles revêtent une grande importance, car le commerce est en lui-même un fondement de la paix. La France et la Chine utilisent le commerce pour faire la paix." C'est par ces mots que Thomas Pavie, délégué aux filières génétique animale et lait chez FranceAgriMer, a résumé sa vision de la coopération agricole lors d'un entretien récemment accordé à Xinhua.

La 62e édition du Salon international de l'Agriculture (SIA) s'est ouverte samedi dernier au Parc des Expositions de la porte de Versailles, à Paris. En marge de l'inauguration du pavillon chinois, M. Pavie a estimé essentiel que la Chine puisse "raconter elle-même l'histoire de ses saveurs" sur une scène agricole internationale. "Il ne s'agit pas seulement d'une vitrine de produits, mais d'un dialogue entre civilisations", a-t-il déclaré.

Ayant vécu et travaillé en Chine il y a quinze ans, il dit bien connaître le pays. Selon lui, les deux pays partagent des affinités culturelles profondes, perceptibles dans la gastronomie, l'agriculture, les rituels traditionnels et les pratiques populaires.

Il cite notamment le caractère chinois signifiant "famille", dont la dimension pictographique l'a marqué : "un cochon sous un toit". Dans la France rurale d'autrefois, le bétail constituait également la base d'un foyer, la dot comprenant souvent un porc ou une vache. Pour lui, cette résonance illustre le rôle de l'agriculture comme trait d'union entre les deux pays.

Ce lien s'étend aujourd'hui aux domaines économique et technologique. "Aujourd'hui, les cochons français ont tous un peu de sang chinois", dit-il en souriant.

La France est réputée comme "pays du jambon", rappelle-t-il, une tradition qui porte aussi une part de "gènes chinois". Les croisements franco-chinois ont donné naissance à des lignées combinant les qualités des deux origines, certaines étant ensuite exportées vers la Chine, contribuant à la modernisation de l'élevage local.

Parallèlement, les produits aquatiques chinois ont trouvé leur place sur les tables françaises. Une part importante des poissons et crevettes commercialisés en France provient de Chine, désormais intégrée aux habitudes de consommation. Pour M. Pavie, cette présence croisée reflète la complémentarité et l'interdépendance croissante des systèmes agricoles des deux pays.

Il salue les avancées de la Chine dans la robotique agricole et les équipements intelligents, tandis que la France développe activement l'agriculture de précision. "Nous pouvons intensifier les échanges technologiques afin d'améliorer l'efficacité, économiser l'eau, renforcer la résilience face à la sécheresse et réduire les émissions de carbone", explique-t-il.

S'agissant des ressources génétiques animales, il souligne la nécessité de mécanismes durables. Certaines races bovines chinoises présentent une résistance naturelle à des maladies spécifiques, tandis que la France dispose d'un système de sélection éprouvé. Le partage des gènes et les programmes de croisement permettraient ainsi de mieux prévenir d'éventuelles "maladies transfrontalières" et de renforcer la résilience du secteur.

Evoquant les incertitudes du commerce international, M. Pavie conclut : "Certains pays utilisent le commerce comme un outil de confrontation, tandis que la France et la Chine l'ont toujours considéré comme un pont en faveur de la paix. Nous devons poursuivre sur cette voie."

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Source: Agence de presse Xinhua
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