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Les dirigeants africains appellent à une action décisive et au financement national alors que la lutte contre le paludisme marque le pas

Par :  |  Mots clés : Afrique-UA-paludisme
French.china.org.cn | Mis à jour le 15-02-2026
Agence de presse Xinhua | 15. 02. 2026

Les dirigeants africains ont lancé samedi un appel urgent à l'action, alors que les progrès vers l'élimination du paludisme sur le continent sont "au point mort", l'Afrique représentant 96% des cas mondiaux.

Cet appel a été lancé samedi lors d'une conférence de presse conjointe de l'Union africaine (UA) et de l'Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA) en marge du 39e sommet de l'UA qui se tient actuellement à Addis-Abeba, capitale de l'Ethiopie.

Selon l'UA, le continent compte 96% des cas de paludisme dans le monde et 97% des décès liés à cette maladie. Les progrès de l'Afrique dans la lutte contre cette maladie stagnent depuis 2015.

"Depuis des décennies, nous luttons contre le fléau du paludisme et nous avons sauvé des millions de vies", a déclaré Duma Boko, président du Botswana et président de l'ALMA, lors de la conférence de presse. "Cependant, les progrès restent au point mort et le continent ne peut se permettre d'attendre pour agir."

M. Boko a déclaré qu'en 2024, l'Afrique avait enregistré environ 270 millions de cas et près de 600.000 décès, avertissant qu'une "tempête parfaite" de menaces mettait désormais en péril les systèmes de santé. Il a souligné que les perturbations du financement bilatéral et les promesses non tenues avaient créé des lacunes soudaines, obligeant les pays à réduire leurs subventions.

"Si nous laissons persister une réduction de 30% du financement de la lutte contre le paludisme, nos modèles prévoient 397.000 décès supplémentaires d'ici 2030", a déclaré M. Boko. "Nous risquons également de perdre 37 milliards de dollars en PIB, ce qui porterait un coup dur à notre transformation économique que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre."

Il a souligné que l'Afrique devait mener la lutte en élaborant des plans de financement durables. "Nous devons traiter le paludisme non seulement comme un problème de santé courant, mais aussi comme un pilier central de notre souveraineté sanitaire", a-t-il ajouté.

Fondée en 2009, l'ALMA est une coalition novatrice de chefs d'Etat et de gouvernement africains qui travaillent au-delà des frontières, avec pour objectif commun de parvenir à une Afrique sans paludisme d'ici 2030 grâce à une action coordonnée.

Qualifiant la lutte de l'Afrique contre le paludisme de "test de leadership et de détermination", la commissaire de l'UA chargée de la santé, des affaires humanitaires et du développement social, Amma Twum-Amoah, a noté que seuls cinq pays de l'UA étaient en bonne voie pour atteindre les objectifs d'élimination fixés dans le cadre actuel.

"Ces chiffres sont plus que des statistiques", a fait remarquer la commissaire. "Ils constituent une alerte morale. Ils sont un avertissement en matière de développement. Ils sont un test pour notre leadership."

Elle a souligné que les progrès étaient freinés par des risques structurels, le resserrement du financement mondial et le changement climatique, et que l'investissement dans l'élimination du paludisme était un investissement dans la puissance économique. Elle a appelé les Etats membres à agir de manière décisive pour mobiliser les ressources nationales dans un contexte de soutien imprévisible de la part des partenaires.

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Source: Agence de presse Xinhua
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