Faire taire les armes demeure un défi en Afrique (chef de la Commission de l'UA)
Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Mahamoud Ali Youssouf, a exprimé samedi son inquiétude quant à l'incapacité de l'Afrique à faire face aux menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité dans différentes régions du continent.
Le chef de la Commission de l'UA a tenu ces propos lors de la séance d'ouverture de la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA, qui se tient samedi et dimanche au siège de l'UA à Addis-Abeba, capitale de l'Ethiopie.
"Notre sommet se déroule dans un contexte géopolitique de crise, tant sur le continent qu'à travers le monde. Faire taire les armes sur notre continent demeure un défi", a déclaré M. Youssouf aux dirigeants africains.
Reconnaissant la fragilité politique et institutionnelle de plusieurs pays africains comme une source de préoccupation pour le continent, il a déploré le fait que "les conflits ouverts et latents deviennent chroniques".
"Des changements de gouvernement anticonstitutionnels refont surface, nous rappelant les jours sombres qui ont suivi l'indépendance", a-t-il poursuivi.
Faisant ressortir la situation au Soudan, dans l'est de la République démocratique du Congo et en Somalie, entre autres, M. Youssouf a constaté que "nos peuples continuent de payer un lourd tribut à l'instabilité".
Par ailleurs, le président de l'organisation continentale composée de 55 membres a noté que les récents "bouleversements de l'ordre international ont certainement un impact significatif sur les affaires du continent".
Notant que le multilatéralisme est "mis à rude épreuve par la montée de l'unilatéralisme et du protectionnisme", il a estimé que l'Afrique devait renforcer son unité continentale pour résister aux chocs extérieurs.
"Les grands blocs politiques et économiques se préparent à cette polarisation mondiale. L'Afrique fait certes partie du Sud global, mais l'Afrique a son caractère et son identité propres", a-t-il fait remarquer.
"Face à cette situation, l'Afrique doit se renforcer en accélérant ses programmes d'intégration politique et économique. Les institutions panafricaines doivent redoubler d'efforts et de détermination. L'Agenda 2063 et ses programmes phares doivent nous guider vers l'Afrique que nous envisageons : forte, autonome et prospère", a affirmé M. Youssouf.
Le sommet de deux jours, qui rassemble les dirigeants des membres de l'UA, a été lancé sous le thème 2026 de l'UA : "Assurer la disponibilité durable de l'eau et des systèmes d'assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l'Agenda 2063".
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a pour sa part souligné la nécessité de tirer parti du dividende démographique africain, élément essentiel à un développement holistique.
"Aujourd'hui, de nombreuses économies africaines comptent parmi les plus dynamiques au monde", a noté Abiy Ahmed. "Mais la croissance seule ne suffit pas. Notre plus grande richesse, c'est notre population. D'ici 2035, l'Afrique comptera plus de jeunes actifs que le reste du monde réuni. Cette réalité démographique doit être exploitée à bon escient. Les chiffres seuls ne suffiront pas à assurer la prospérité."
La séance d'ouverture a réuni les chefs d'Etat et de gouvernement africains, ainsi que les dirigeants d'organisations continentales et internationales, dont le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.








