De la sécheresse à l'espoir : la coopération agricole Chine-Zimbabwe redynamise un village rural (REPORTAGE)
Des rangées de panneaux solaires scintillent sous le soleil de midi, tandis que des pompes fonctionnent silencieusement, acheminant de l'eau souterraine limpide à travers des conduites vers les champs alentour, où le maïs est déjà en panicule et où les patates douces sont en pleine tubérisation.
Le village de Zindi, situé dans la province du Mashonaland central, dans le nord du Zimbabwe, a connu ces dernières années une transformation rapide de son agriculture et des moyens de subsistance de ses habitants, à mesure que la coopération agricole entre la Chine et le Zimbabwe s'est développée.
Weveson Zindi, chef du village, a confié à Xinhua que la majorité des habitants, engagés dans une agriculture de subsistance, avaient longtemps souffert de pénuries chroniques d'eau et d'une électricité instable — une situation aggravée par les sécheresses récurrentes frappant le pays.
"Lorsque la sécheresse arrivait, il n'y avait que très peu à récolter", a-t-il expliqué.
Le changement est intervenu en 2024 avec le lancement sur place, du projet de village de démonstration agricole réalisé avec l'aide chinoise, qui a permis au village de bénéficier de l'expertise d'ingénieurs agricoles chinois de haut niveau.
Après avoir pris connaissance de la pénurie d'eau dans le village, les experts chinois ont entrepris de forer des puits, d'installer des pompes et des conduites alimentées par l'énergie solaire, et de mettre en place un système d'irrigation capable de fournir 55.000 litres d'eau par jour.
"Grâce aux forages, nous pouvons avoir de l'eau jusque dans nos foyers, et avec le système d'irrigation, nous pouvons arroser nos jardins", a indiqué M. Zindi, se félicitant que l'accès à un approvisionnement en eau stable a redonné vie à des terres autrefois stériles.
Parallèlement, les experts chinois ont introduit auprès des agriculteurs locaux l'utilisation scientifique des engrais organiques et les ont aidés à transformer progressivement des sols sableux en terres agricoles productives. Ils ont également formé les habitants à des compétences professionnelles, notamment à la gestion et à l'entretien des équipements agricoles mécanisés.
"Nous nous sommes concentrés ici sur trois domaines clés : les cultures de base, la production maraîchère et l'élevage. Plus important encore, nous avons transmis des compétences et des connaissances, afin qu'ils puissent suivre leur propre voie de développement", a indiqué Zhao Ke, chef de la quatrième équipe d'experts agricoles chinois au Zimbabwe.
Il a souligné qu'en s'inspirant de l'expérience chinoise, la revitalisation rurale nécessitait non seulement des infrastructures, mais aussi de nouvelles approches de gestion et une participation active des communautés.
"Nous avons beaucoup appris des Chinois. Ils nous ont enseigné de nombreuses techniques agricoles. Aujourd'hui, nous pouvons cultiver différents légumes comme le poivron vert, le piment et le sésame, et nous en tirons des bénéfices", a témoigné Handna Gwanzu, une villageoise.
Pour elle, ces changements ont non seulement permis aux familles de payer les frais de scolarité de leurs enfants, mais ont aussi renforcé leur confiance dans le développement agricole du pays.
"Nous apprécions l'expérience partagée par les experts chinois et nous pensons que de plus en plus d'agriculteurs locaux à travers le pays en bénéficieront", a-t-elle ajouté.








