La Côte d'Ivoire confirme son statut de leader mondial de la noix de cajou avec une production record (PAPIER GENERAL)
La Côte d'Ivoire confirme sa place de leader mondial dans la production et l'exportation de noix de cajou, passant de 702.000 tonnes en 2015 à une production record de 1.549.221 tonnes de noix brutes de cajou lors de la campagne 2025.
"Ce bond qualitatif et quantitatif est le fruit d'une stratégie rigoureuse de suivi des vergers et d'un encadrement technique renforcé auprès des producteurs", a salué Mamadou Berté, directeur général du Conseil du coton, de l'anacarde et du karité (CCAK), l'organe parapublic de gestion de la filière, lors de la 2e édition des Journées nationales du producteur du coton, de l'anacarde et du karité organisée le 7 février dernier à Yamoussoukro.
Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette performance "exceptionnelle", qui "distance les concurrents africains et asiatiques".
Depuis 2013, la Côte d'Ivoire a adopté une stratégie globale fondée sur des réformes "profondes et audacieuses" visant à restructurer la filière anacarde, avec la mise en place d'un cadre réglementaire destiné à augmenter les revenus des producteurs, encourager la transformation locale et maximiser la valeur ajoutée sur place.
Ces réformes tiennent notamment à la fixation d'un prix minimum garanti bord-champ, au regroupement des producteurs en coopératives pour une meilleure traçabilité, à l'organisation de ventes groupées pour fluidifier l'évacuation des produits et sécuriser les revenus, ainsi qu'à l'incitation à transformer sur place une part croissante de la production nationale.
La lutte contre la fuite de la production vers les pays limitrophes, via le renforcement de la surveillance aux frontières terrestres, a également contribué à accroître les volumes.
La stratégie, soutenue par une pluviométrie bien répartie dans les principales zones de production et par un prix incitatif aux producteurs, a permis à la Côte d'Ivoire de se hisser au premier rang mondial de la production et de l'exportation de noix de cajou.
En outre, la mise en place d'un écosystème favorable à la transformation locale, avec l'émergence de zones agro-industrielles dédiées à l'anacarde dans les régions productrices, a fait passer le taux de transformation locale de 2% en 2011 (moins de 10.000 tonnes transformées) à plus de 42% en 2025 (plus de 660.000 tonnes transformées).
La Côte d'Ivoire compte actuellement 37 usines, dont 24 détenues à plus de 50% par des entrepreneurs ivoiriens. Le secteur offre près de 20.000 emplois directs, dont environ 66% occupés par des femmes.
L'ANACARDE, UN VECTEUR DE DEVELOPPEMENT
La culture de l'anacarde est concentrée dans les régions du nord, du nord-ouest, du centre et du centre-nord, sur une superficie estimée à 1,4 million d'hectares.
La Côte d'Ivoire compte plus de 420.000 producteurs de noix de cajou, dont l'activité fait vivre 2,5 millions de personnes, avec des recettes d'exportation ayant dépassé 1.000 milliards de francs CFA (environ 1,8 milliard de dollars) en 2025.
Pour le Premier ministre Robert Beugré Mambé, l'anacarde n'est plus uniquement une source de revenus pour les producteurs, mais "un véritable vecteur de développement et de transformation sociale" dans les zones de production.
Dans les principales régions productrices, l'anacarde est devenu un moteur économique majeur, générant des revenus importants pour les populations rurales et améliorant leurs conditions de vie, notamment à travers la construction de maisons en dur, l'achat d'équipements et la scolarisation des enfants.
PERSPECTIVE POUR LA CAMPAGNE 2026
Pour la campagne de commercialisation 2026, ouverte officiellement samedi, le prix plancher bord-champ du kilogramme de noix de cajou est fixé à 400 francs CFA, en baisse de 25 francs CFA par rapport à la campagne écoulée.
Le ministre de l'Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a expliqué cette baisse par un repli du marché international, accentué par des mesures tarifaires restrictives des Etats-Unis, ainsi que par la baisse du dollar, passée d'environ 620 FCFA en 2025 à 550 FCFA aujourd'hui, réduisant mécaniquement les marges de manœuvre financières.
Pour M. Koné, le prix d'achat de la campagne 2026 est un "prix prudent mais protecteur", qui s'impose afin de préserver l'écoulement de toute la production nationale et de sécuriser les revenus des producteurs.
Le ministre n'a pas exclu la possibilité d'une "révision à la hausse" du prix si la situation internationale s'améliorait. Il a insisté sur l'engagement du gouvernement à intervenir financièrement pour soutenir le pouvoir d'achat des producteurs.
"En fixant le prix de 400 FCFA/kg, le gouvernement entend maintenir la position de leader mondial de la Côte d'Ivoire, tout en garantissant une rémunération attractive à ses braves paysans", a-t-il conclu.








