La Russie accepte une Ukraine neutre et bienveillante comme futur voisin (MAE)
L'Ukraine doit être "un Etat neutre et bienveillant" pour être le voisin de la Russie à long terme, a déclaré jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans une interview accordée à la chaîne d'information russe RT.
"L'Ukraine doit être un pays amical. Pas nécessairement un allié, mais un Etat neutre et bienveillant", a-t-il déclaré.
"Cela, bien sûr, implique le respect non seulement des droits des personnes vivant sur le territoire qui continuera de faire partie de l'Ukraine, non seulement le respect de leurs droits d'accès aux nécessités de base, telles que le chauffage, la nourriture et l'eau, mais aussi le respect, pour ainsi dire, de leurs droits humains fondamentaux, comprenant la langue, l'éducation et la religion", a précisé M. Lavrov.
Pour le dire à nouveau, l'Ukraine qui signera les accords ne doit pas enfreindre le droit international et la Constitution ukrainienne, qui garantit les droits des minorités ethniques, a-t-il ajouté.
La Russie a clairement fait savoir à plusieurs reprises à Washington que pour Moscou, la priorité dans le règlement du conflit ukrainien n'était pas le territoire, mais les personnes, a souligné M. Lavrov. "Notre priorité, ce sont les personnes qui vivent sur ces territoires. Les Russes qui parlent russe et élèvent leurs enfants dans cette langue, qui ont développé ces territoires pendant des siècles."
Le plan de paix ukrainien auquel fait référence le président ukrainien Volodymyr Zelensky et dont la Russie n'a vu que certaines parties de façon fragmentée, ne fait aucune mention du rétablissement des droits de l'ethnie russe et des autres minorités nationales, ni du respect des libertés religieuses, a regretté M. Lavrov.
Il a souligné que les libertés linguistiques et religieuses étaient inscrites dans la Charte des Nations Unies. "Elles ne peuvent être utilisées comme monnaie d'échange."
Le deuxième cycle de négociations entre la Russie et l'Ukraine, sous l'égide des Etats-Unis, s'est achevé jeudi à Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis. Les deux parties sont convenues d'un échange de prisonniers de grande envergure, mais n'ont pas réussi à réaliser de progrès substantiels sur des questions fondamentales telles que des arrangements territoriaux et un cessez-le-feu.
Le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien, Roustem Oumerov, a déclaré que la délégation ukrainienne recherchait une "paix digne et durable", sans rendre de résultats spécifiques publics.








