La volonté effrontée de Washington d'enfreindre le droit international (COMMENTAIRE)
Le président vénézuélien Nicolas Maduro a comparu lundi devant le tribunal fédéral de Manhattan après avoir été capturé de force par les forces spéciales américaines sur le sol vénézuélien le week-end dernier, marquant ainsi la dernière évolution en date de l'atteinte publique de Washington au droit international et à la souveraineté nationale.
Enlever le chef d'Etat d'un pays souverain et le traduire devant un tribunal étranger pour un soi-disant procès n'a rien à voir avec l'application de la loi ; il s'agit simplement d'une démonstration flagrante de la volonté des Etats-Unis d'exercer leur pouvoir brut.
L'opération militaire éhontée de Washington contre le Venezuela crée un dangereux précédent : toute nation disposant d'un pouvoir suffisant peut imposer unilatéralement sa volonté à une autre, réduisant ainsi l'ordre international à un combat brutal de force.
Dans le système international réel, aucun pays ne peut légitimement agir en tant que gendarme international, et aucun pays ne peut se nommer lui-même juge international. Le droit international ne reconnaît pas un tel rôle. Le pouvoir de faire respecter la justice au-delà des frontières appartient aux institutions multilatérales, et non aux actes de coercition unilatéraux menés au moment et à l'endroit choisis par un pays.
En fait, Washington a lui-même torpillé sa revendication de légalité, exposant volontairement sa cupidité pour les ressources naturelles. Peu après son opération militaire contre le Venezuela, le président américain Donald Trump a publiquement exhorté la présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodriguez à accorder aux Etats-Unis un "accès total", en particulier aux ressources pétrolières du Venezuela.
Cette exigence sans détour confirme ce que le monde soupçonnait depuis longtemps : l'opération n'a jamais été motivée par la justice, mais par une manœuvre hardie visant à obtenir un contrôle stratégique et à piller les ressources économiques. La rhétorique sur l'application de la loi n'est qu'un vernis cynique pour une politique d'extraction des ressources et de domination impériale.
Malheureusement, ce n'est pas un cas isolé. Des interventions répétées en Amérique latine aux invasions militaires de pays du Moyen-Orient menées sans autorisation internationale, le recours unilatéral à la force est un instrument familier de la doctrine étrangère des Etats-Unis, couramment utilisé par les décideurs politiques américains comme chose évidente.
Le monde n'a pas besoin d'un gendarme international, et encore moins d'un gendarme qui considère la justice comme superflue. Ce dont le monde a vraiment besoin, ce sont des membres responsables de la communauté internationale, des nations qui respectent la souveraineté, se conforment au droit international et établissent les responsabilités par des moyens multilatéraux.
La sécurité collective et les droits légitimes de toutes les nations, grandes ou petites, doivent être protégés sur la base du droit international, et non de la loi de la jungle.








