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80 ans plus tard, le monde doit préserver l'ordre d'après-guerre et la victoire de la Seconde Guerre mondiale (COMMENTAIRE)

Par : 梁辰 |  Mots clés : Japon-militarisme,commentaire
French.china.org.cn | Mis à jour le 22-12-2025
Agence de presse Xinhua | 22. 12. 2025

Il y a 80 ans, le monde remportait une grande victoire dans la guerre contre le fascisme. Au prix de dizaines de millions de vies, l'humanité a écrasé les forces fascistes, défendu la civilisation humaine et, au milieu des ruines de la guerre, construit l'ordre international d'après-guerre avec les Nations Unies en son centre, dans l'espoir d'empêcher de futures calamités.

Pourtant, alors que le monde célèbre le 80e anniversaire de la victoire de la grande guerre, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a choisi d'aller à contre-courant de l'histoire. S'exprimant devant la Diète, elle a établi un lien entre la "situation menaçant la survie" du Japon et une "situation d'urgence à Taiwan", laissant entendre le recours à la force contre la Chine.

Ses propos ont suscité un choc et une inquiétude généralisés. Ils constituent non seulement une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine, mais aussi un défi ouvert à l'ordre international d'après-guerre, envoyant un message profondément dangereux et profondément erroné au monde entier.

La conviction de tous ceux qui chérissent la paix est sans équivoque : toute tentative visant à blanchir l'histoire de l'agression, à ébranler l'ordre d'après-guerre ou à flirter avec la résurgence du militarisme est vouée à se heurter à une opposition ferme de la communauté internationale et est vouée à l'échec. La volonté du peuple chinois de préserver la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale est inébranlable, et sa détermination à défendre la victoire durement acquise de la Guerre mondiale antifasciste reste inébranlable.


DES FAITS HISTORIQUES INCONTESTABLES


Au musée de Nanjing, dans la province chinoise du Jiangsu (est), une horloge murale ancienne est exposée dans une vitrine, les aiguilles des heures et des minutes figées à l'heure fatidique de 9 heures. Sur le cadran, on peut lire l'inscription "Horloge utilisée lors de la cérémonie de signature de la capitulation japonaise sur le théâtre chinois".

La cérémonie de signature a eu lieu à Nanjing le 9 septembre 1945. Yasuji Okamura, alors commandant en chef de l'armée expéditionnaire japonaise en Chine, a remis à la Chine l'acte officiel de capitulation du Japon. Sept jours auparavant, sur l'USS Missouri, un cuirassé américain, dans la baie de Tokyo, le ministre japonais des Affaires étrangères de l'époque, Mamoru Shigemitsu, avait déjà signé la capitulation du Japon devant les Alliés, dont la Chine.

La défaite du Japon a été un tournant historique majeur qui a conduit à l'établissement de l'ordre international d'après-guerre, qui codifie le retour de Taiwan à la Chine.

Taiwan fait partie du territoire sacré de la Chine depuis l'Antiquité. Le Japon a déclenché la première guerre sino-japonaise en 1894, puis a contraint le gouvernement Qing à signer le traité inégal de Shimonoseki, qui a conduit à la colonisation de Taiwan par le Japon pendant 50 ans, le chapitre le plus sombre de l'histoire de l'île, marqué par d'innombrables atrocités.

En décembre 1943, la Chine, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont publié la Déclaration du Caire, qui stipulait que tous les territoires que le Japon avait volés à la Chine, y compris Taiwan et les îles Penghu, devaient être restitués à la Chine. Le terme "restituer" signifiait à la fois reconnaître les faits historiques et revendiquer légalement que Taiwan appartenait à l'origine à la Chine.

En juillet 1945, les trois pays ont signé la Proclamation de Potsdam, que l'Union soviétique a reconnue la suite. Elle réitérait : "Les termes de la Déclaration du Caire seront appliqués et la souveraineté japonaise sera limitée aux îles de Honshu, Hokkaido, Kyushu, Shikoku et aux îles mineures que nous déterminerons".

Ce document juridiquement contraignant fournissait une base juridique inébranlable pour le retour de Taiwan à la Chine. Dans ses documents de capitulation, le Japon s'engageait à "appliquer de bonne foi les dispositions de la Proclamation de Potsdam".

Le 25 octobre de la même année, le gouvernement chinois annonçait qu'il reprenait l'exercice de sa souveraineté sur Taiwan, et la cérémonie d'acceptation de la capitulation du Japon dans la province de Taiwan se tenait à Taipei. A partir de ce moment, la Chine a récupéré Taiwan de jure et de facto grâce à une série de documents ayant force juridique internationale.

En octobre 1971, la 26e session de l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté à une majorité écrasante la résolution 2758, qui décide de rétablir tous les droits de la République populaire de Chine et de reconnaître les représentants de son gouvernement comme les seuls représentants légitimes de la Chine auprès des Nations Unies.

Cette résolution a réglé une fois pour toutes les questions politiques, juridiques et procédurales relatives à la représentation de la Chine aux Nations Unies, et elle couvrait l'ensemble du pays, y compris Taiwan. Elle stipulait également que la Chine ne disposait que d'un seul siège aux Nations Unies, et qu'il n'existait donc pas "deux Chines" ou "une Chine, un Taiwan".

Le principe d'une seule Chine est non seulement devenu un consensus international, mais il a également jeté les bases politiques de la normalisation des relations sino-japonaises. La déclaration conjointe sino-japonaise de 1972 stipule explicitement que "le gouvernement japonais reconnaît le gouvernement de la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légal de la Chine" et que "le gouvernement de la République populaire de Chine réaffirme que Taiwan est une partie inaliénable du territoire de la République populaire de Chine. Le gouvernement japonais comprend et respecte pleinement cette position du gouvernement de la République populaire de Chine, et maintient fermement sa position en vertu de l'article 8 de la Proclamation de Potsdam".

Cette position a été explicitement réaffirmée dans trois documents politiques ultérieurs signés par la Chine et le Japon. Ils constituent l'engagement solennel pris par le gouvernement japonais et les obligations internationales qu'il doit remplir en tant que pays vaincu de la Seconde Guerre mondiale.

Par conséquent, les déclarations provocatrices de Mme Takaichi concernant Taiwan peu après son entrée en fonction ont marqué une série de "premières" pour un dirigeant japonais depuis la Seconde Guerre mondiale. C'est la première fois depuis la défaite du Japon en 1945 qu'un dirigeant japonais défend officiellement l'idée qu'"une situation d'urgence à Taiwan est une situation d'urgence pour le Japon" et la lie à l'exercice du droit d'autodéfense collective ; c'est la première fois que le Japon exprime son ambition d'intervenir militairement dans la question taiwanaise ; et c'est la première fois que le Japon profère une menace de recours à la force contre la Chine.

Ces propos provocateurs constituent une grave violation du droit international et des normes fondamentales régissant les relations internationales, compromettent sérieusement l'ordre international d'après-guerre et contreviennent à l'esprit du principe d'une seule Chine et aux quatre documents politiques entre les deux pays. Ils ont également gravement compromis le fondement politique des relations sino-japonaises et profondément offensé le peuple chinois.

Le "Traité de San Francisco" cité par Mme Takaichi a été signé sans la participation de parties importantes de la Seconde Guerre mondiale, telles que la République populaire de Chine et l'Union soviétique, afin de conclure un accord de paix séparé avec le Japon. Ce document va à l'encontre de la disposition interdisant de conclure un armistice ou une paix séparée avec les ennemis, inscrite dans la Déclaration des Nations Unies signée en 1942 par 26 pays, dont la Chine, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Union soviétique, et viole la Charte des Nations Unies et les principes fondamentaux du droit international.

Les faits historiques ne peuvent être modifiés. Le statut de Taiwan en tant que partie inaliénable de la Chine est bien documenté, vérifiable et juridiquement fondé. Il ne changera pas avec le temps et ne sera pas affaibli par des manipulations politiques.

Le Japon doit assumer son histoire d'agression, réfléchir profondément à ses crimes et présenter des excuses sincères. Les propos erronés de Mme Takaichi sur Taiwan, présentés comme une réponse à la "situation menaçant la survie" du Japon, ainsi que ses menaces d'intervention militaire, remettent ouvertement en cause les résultats victorieux de la Seconde Guerre mondiale, cherchant essentiellement à nier l'ordre international d'après-guerre et à faire revivre le militarisme japonais.


LE SPECTRE DU MILITARISME


Le fait que le Japon n'ait jamais complètement éliminé l'idéologie militariste après la guerre a conduit à l'émergence de personnalités telles que Mme Takaichi. Depuis des décennies, les forces de droite japonaises complotent pour rétablir leurs programmes.

Après la défaite et la capitulation du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale, la nation, qui avait été le principal instigateur de l'agression, aurait dû faire un examen de conscience approfondi. La Proclamation de Potsdam stipulait clairement qu'"il fallait éliminer pour toujours l'autorité et l'influence de ceux qui avaient trompé et induit en erreur le peuple japonais pour l'entraîner dans la conquête du monde".

Cependant, avec le début de la Guerre froide, la politique de Washington à l'égard du Japon a radicalement changé, passant de l'affaiblissement et de la démilitarisation du Japon à sa promotion et à son réarmement. En conséquence, le jugement du militarisme japonais est resté inachevé. Une politique visant à expulser les militaristes des sphères politique, économique et publique a également été suspendue, permettant à de nombreuses figures de l'époque de la guerre de revenir au pouvoir.

Le cas le plus emblématique est celui de Nobusuke Kishi. Militariste résiduel qui a occupé le poste de ministre du Commerce et de l'Industrie dans le cabinet de Hideki Tojo et qui a été détenu comme suspect de crimes de guerre de classe A, M. Kishi a fait un retour inattendu dans la politique et est devenu Premier ministre du Japon en 1957. Son ascension a marqué la "renaissance" des forces militaristes dans le Japon d'après-guerre. Atsushi Koketsu, professeur émérite à l'université de Yamaguchi, a observé que le système politique japonais d'après-guerre avait été en partie établi par ceux qui avaient autrefois mené une guerre d'agression, ajoutant que leur influence se poursuivait encore aujourd'hui.

En conséquence, les forces de droite japonaises ont pris de l'assurance et se sont développées. Pendant des décennies, elles ont œuvré à la renaissance du militarisme, au déni de l'histoire agressive du Japon et à la libération des contraintes de l'ordre international d'après-guerre.

Leurs tentatives se sont manifestées par des actions telles que la visite du sanctuaire Yasukuni. Pendant la guerre, Yasukuni a servi d'outil d'endoctrinement militariste, glorifiant la "loyauté envers l'empereur". Après que 14 criminels de guerre de classe A, dont Hideki Tojo, y aient été secrètement inhumés en 1978, le sanctuaire est devenu un symbole de la glorification de la guerre d'agression menée par le Japon. Depuis lors, des politiciens japonais n'ont cessé de se rendre au sanctuaire. Mme Takaichi elle-même l'a publiquement qualifié de "sanctuaire de la paix" et s'y est rendue presque chaque année ces dernières années.

Afin de manipuler l'éducation publique et l'opinion populaire, la droite japonaise promeut depuis longtemps le révisionnisme historique pour "blanchir" les crimes de guerre. Elle affirme que le Japon a mené la guerre pour "se préserver et se défendre". Elle tente également de discréditer la reconnaissance des crimes de guerre en la qualifiant de "vision masochiste de l'histoire". En 1997, des universitaires de droite ont fondé la Société japonaise pour la réforme des manuels d'histoire, qui a collaboré avec des politiciens de droite pour faire pression en faveur d'une révision des manuels scolaires. Des termes tels que "invasion" de la Chine ont été adoucis en "avancée" ou "entrée", tandis que des atrocités telles que le massacre de Nanjing et le recrutement forcé de "femmes de réconfort" ont été qualifiées de "discutable".

Ces partisans de droite cherchent également à saisir toutes les occasions pour "libérer" l'armée japonaise. La pierre angulaire de la constitution pacifiste du Japon est l'article 9, qui renonce au droit de la nation de mener une guerre ou de recourir à la force militaire pour résoudre des conflits internationaux. Pendant des décennies, cet article a constitué une contrainte fondamentale pour les efforts militaires du Japon.

Cependant, les groupes de droite ont travaillé sans relâche pour affaiblir cette clause. Après la fin de la guerre du Golfe, le Japon a envoyé des dragueurs de mines dans la région du Golfe, marquant ainsi le premier déploiement à l'étranger des Forces d'autodéfense (FAD). Pendant la guerre en Afghanistan, le Japon a envoyé des navires de guerre pour approvisionner en carburant les forces américaines, ce qui a représenté le premier déploiement des FAD à l'étranger en temps de guerre. Lors de la guerre en Irak, des membres des FAD ont été déployés sur le territoire irakien, ce qui a constitué leur première intervention à l'étranger en pleine zone de conflit.

Le champ d'action des forces armées japonaises n'a cessé de s'étendre, vidant progressivement de leur substance les principes de la constitution pacifiste.

Cette tendance s'est nettement accélérée sous le gouvernement de Shinzo Abe. En 2015, le gouvernement japonais a fait adopter une nouvelle loi sur la sécurité permettant au Japon d'exercer une autodéfense collective lorsque des pays "étroitement liés au Japon" sont attaqués. Cela a ouvert la voie juridique au passage du Japon de la défense à l'offensive.

Aujourd'hui, Mme Takaichi, qui se présente comme l'héritière politique de M. Abe, tente de reprendre cette réinterprétation déjà dangereuse et de la pousser encore plus loin, vers un territoire encore plus risqué pour le Japon et la région. A moins que le Japon n'affronte cet héritage non résolu avec honnêteté et retenue, le spectre du militarisme continuera à s'infiltrer dans sa politique, avec des conséquences qui s'étendent bien au-delà de ses frontières.

L'ascension politique de Mme Takaichi s'est nourrie du terreau toxique du révisionnisme historique. Qu'il s'agisse de remettre en question la déclaration Murayama, considérée comme le summum des excuses du Japon pour ses actes répréhensibles avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, de nier le massacre de Nanjing ou de glorifier les symboles militaristes, elle s'est alignée sur les factions qui refusent de reconnaître les agressions passées du Japon. Plus alarmant encore, les médias japonais ont révélé que Mme Takaichi avait été photographiée avec un dirigeant d'un groupe néonazi au Japon.

Depuis des décennies, les politiciens de droite japonais comme Mme Takaichi restent prisonniers d'une vision du monde vieille d'un siècle, incapables - ou refusant - de dépasser la mentalité qui a autrefois alimenté l'agression du Japon. Leur perception de la Chine n'est pas définie par les faits ou les développements contemporains, mais par la nostalgie des ambitions impérialistes, le déni des atrocités commises pendant la guerre et le mépris des engagements solennels pris par le Japon lors de la normalisation de ses relations avec la Chine.

L'administration Takaichi semble également désireuse de détourner l'attention des défis nationaux, notamment la domination des minorités, le recul du soutien au Parti libéral démocrate de Mme Takaichi et le mécontentement à l'égard de la gouvernance, en mettant en scène une politique étrangère conflictuelle.

Poussée par de multiples facteurs, Mme Takaichi a accéléré son programme dangereux. Non seulement elle a tenu des propos imprudents concernant Taiwan, mais elle a également fait pression pour une augmentation drastique des dépenses de défense, cherché à réviser des documents clés en matière de sécurité, tenté d'assouplir davantage les restrictions sur les exportations d'armes, laissé entendre qu'elle envisageait de développer des sous-marins à propulsion nucléaire, et même évoqué la révision des trois principes non nucléaires du Japon.

Face à des faits historiques et juridiques évidents, Mme Takaichi n'a ni reconnu ses erreurs ni retiré ses propos fallacieux, mais les a au contraire intensifiés. Cela démontre clairement que ses déclarations sur Taiwan n'étaient en aucun cas un dérapage momentané, mais une révélation délibérée de ses intentions politiques. Certaines voix éclairées au Japon ont fait remarquer que Mme Takaichi commettait au moins deux erreurs de jugement fatales.

Premièrement, elle a mal évalué le contexte international. Un éditorial du Asahi Shimbun a souligné avec acuité qu'à un moment où les Etats-Unis cherchent à stabiliser leurs relations avec la Chine, les propos de Mme Takaichi "manquent de perspective globale", ébranlant les fondements de la diplomatie japonaise. D'autres commentateurs ont noté que Mme Takaichi tentait d'associer les Etats-Unis à son programme risqué et de faire "payer la note" à Washington, ce qui n'est rien d'autre qu'un pari politique dangereux.

Deuxièmement, elle a mal évalué la détermination de la Chine. La question de Taiwan est au cœur des intérêts fondamentaux de la Chine et constitue une ligne rouge à ne pas franchir. En remettant en cause les intérêts fondamentaux de la Chine, elle s'expose à une réponse ferme et résolue de la part de la partie chinoise.


CRIMES DE GUERRE IMPUNIS


La vive réaction de la Chine n'est pas surprenante. Le discours sur la "crise menaçant la survie" est bien connu du peuple chinois. Les agresseurs impérialistes japonais ont utilisé un prétexte similaire pour lancer une guerre d'agression de 14 ans contre la Chine. En 1931, les militaristes japonais, affirmant que "la Mandchourie et la Mongolie sont vitales pour le Japon", ont orchestré l'incident du 18 septembre afin d'occuper le nord-est de la Chine. En 1937, ils ont répété cette tactique avec l'incident du 7 juillet, lançant une guerre d'agression à grande échelle contre la Chine.

Les récentes déclarations de Mme Takaichi présentent une similitude alarmante avec la rhétorique utilisée par l'establishment militaire japonais avant la Seconde Guerre mondiale. A l'époque, l'affirmation selon laquelle "la Mandchourie et la Mongolie sont vitales pour le Japon" avait servi de prétexte à l'agression de Tokyo. Aujourd'hui, la rhétorique selon laquelle "une situation d'urgence à Taiwan est une situation d'urgence pour le Japon" vise à intégrer Taiwan, qui appartient à la Chine, dans le soi-disant "périmètre de sécurité" du Japon. De telles manœuvres dangereuses sentent le militarisme à plein nez.

En minimisant l'agression japonaise pendant la guerre tout en amplifiant l'impact des bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, les forces de droite du pays tentent de se présenter non plus comme les auteurs des crimes, mais comme les victimes.

Le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient l'a clairement établi il y a longtemps : le Japon a commis des crimes contre la paix, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Comme l'a déclaré Telford Taylor, procureur principal au Tribunal international pour les crimes de guerre à Nuremberg, les bombardements atomiques ont mis fin à une guerre dont le gouvernement japonais était directement responsable.

Cependant, les groupes de droite au Japon continuent de répandre le mensonge selon lequel le pays cherchait à "libérer l'Asie" et à construire une "sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale". L'histoire montre que leur "coprospérité" signifie massacres, pillages, travaux forcés et spoliation culturelle. Rien qu'en Chine, 35 millions de soldats et de civils chinois ont été tués ou blessés pendant la guerre, sans parler des innombrables villes et villages réduits en ruines et des dizaines de millions de personnes déplacées pendant l'agression japonaise.

En essayant d'échapper à ses crimes de guerre, le Japon se soustrait à des obligations clairement définies par le droit international. Que ce soit l'affirmation de M. Abe selon laquelle les Japonais "ne peuvent plus supporter le sort de devoir continuer à présenter des excuses" ou la pression accrue de Mme Takaichi pour rompre avec l'ordre international d'après-guerre, ces politiciens japonais s'efforcent d'échapper à leur responsabilité historique.

Après la Seconde Guerre mondiale, les dirigeants allemands ont pris des mesures concrètes pour indemniser les victimes et sensibiliser les générations futures au passé guerrier de l'Allemagne. Comme l'a fait remarquer l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, c'est en affrontant l'histoire avec prudence et introspection que l'on gagne le respect.

Le 1er décembre, le gouvernement allemand a annoncé la construction d'un mémorial dédié aux victimes polonaises du régime nazi. Lors de récentes discussions avec le Premier ministre polonais Donald Tusk en visite à Berlin, le chancelier allemand Friedrich Merz a réaffirmé que le souvenir de la Seconde Guerre mondiale n'était pas un chapitre clos, mais une responsabilité permanente.

"Le passé ne s'achève jamais", a déclaré M. Merz, soulignant que se souvenir et accepter l'histoire "ne sera jamais achevé" et que l'Allemagne assume sa responsabilité historique.

L'histoire montre que nier ou blanchir l'agression aura un effet négatif considérable sur l'avenir d'un pays. Comment une nation qui refuse de reconnaître son histoire peut-elle gagner la confiance ou le respect de la communauté internationale ?


L'ENGAGEMENT DE LA CHINE EN FAVEUR DE LA PAIX ET DE LA JUSTICE


Il est clair qu'un Japon qui refuse de réfléchir véritablement à son passé tout en accélérant son expansion militaire risque de redevenir une source d'instabilité régionale. La position régressive de Mme Takaichi a déjà suscité de vives critiques tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

Au Japon, l'abandon par Mme Takaichi de l'engagement pris par le pays après la guerre en faveur de la paix et sa remise en cause du consensus social ont renforcé les craintes du public que le pays ne répète les erreurs du passé et ne soit à nouveau entraîné dans les flammes de la guerre. Plusieurs anciens Premiers ministres l'ont ouvertement critiquée pour avoir outrepassé ses fonctions, tandis que de nombreux législateurs et groupes civiques ont remis en question ses qualifications pour occuper le poste de Premier ministre. Des universitaires et des médias ont averti que ses actions imprudentes risquaient d'isoler le Japon sur le plan diplomatique et de nuire à son économie.

Au niveau régional, les initiatives dangereuses du gouvernement Takaichi ont sapé l'ordre international d'après-guerre qui a longtemps garanti une paix et un développement durables dans la région Asie-Pacifique. Des pays tels que la Russie, la République de Corée et le Myanmar ont exprimé leurs critiques.

Sur la scène mondiale, les propos de Mme Takaichi établissant un lien entre une "situation menaçant la survie" du Japon et la question de Taiwan ont une fois de plus ravivé les souvenirs douloureux du militarisme dans la communauté internationale. Comme l'a fait remarquer Robert Barwick, président national du Parti des citoyens australiens, les propos de Mme Takaichi compromettent "à la fois la sécurité du Japon et celle de toute la région".

Le monde d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celui d'hier, et la Chine d'aujourd'hui n'est plus ce qu'elle était il y a un siècle.

Le peuple chinois a toujours chéri la paix et reste déterminé à œuvrer pour une réunification pacifique. Cependant, sur les questions importantes concernant la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale, la Chine ne cédera jamais et ne fera aucun compromis. Toute tentative d'ingérence dans les affaires intérieures de la Chine ou d'entrave à sa réunification nationale sera accueillie par des contre-mesures décisives.

Il y a 80 ans, face au militarisme japonais, le peuple chinois s'est battu pour la survie de la nation, le renouveau national et la cause de la justice humaine. Aujourd'hui, la Chine est encore plus capable et plus déterminée à préserver la paix durement acquise.

La paix et le développement sont les tendances dominantes de notre époque et l'aspiration commune de tous les peuples. En tant que membre fondateur des Nations Unies et membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, la Chine se tiendra fermement du bon côté de l'histoire. Avec tous les pays et tous les peuples attachés à la paix, la Chine préservera l'ordre international d'après-guerre, défendra la victoire de la Seconde Guerre mondiale et veillera à ce que le drapeau de la paix et de la justice continue de flotter haut.

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Source: Agence de presse Xinhua
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