La rhétorique toxique de la PM japonaise Takaichi sur Taiwan trouve son origine dans la poursuite du révisionnisme historique et de la résurgence du militarisme (COMMENTAIRE)
Les propos ehontés de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi sur Taiwan ne sont pas seulement une démonstration de force irresponsable ; ils constituent un sérieux avertissement que les démons militaristes du Japon sont une fois de plus convoqués.
Sa suggestion caractérisée d'une possible intervention militaire dans le détroit de Taiwan n'est pas un éclat de voix isolé, mais le dernier symptôme d'un projet politique visant à ramener le Japon sur une trajectoire dangereuse.
L'ascension politique de Mme Takaichi s'est nourrie du terreau toxique du révisionnisme historique. Qu'il s'agisse de remettre en question la déclaration de Murayama, considérée comme le pinacle des excuses du Japon pour ses fautes avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, de nier le massacre de Nanjing ou de glorifier les symboles militaristes, elle s'est alignée sur des factions refusant de reconnaître les agressions passées du Japon.
Une telle vision du monde la rend insensible à l'histoire moderne profonde et douloureuse qui façonne la question taiwanaise, aveugle aux crimes commis par le Japon pendant sa domination coloniale sur Taiwan et tout à fait inconsciente de la détermination inébranlable de 1,4 milliard de Chinois à s'opposer à toute ingérence extérieure.
Plus alarmant encore est le regain de la pensée militariste. Soutenue par des factions révisionnistes qui rêvent de restaurer la "gloire" impériale, Mme Takaichi s'est empressée d'étendre les ambitions militaires du Japon en poussant à une augmentation extraordinaire des dépenses de défense et à un assouplissement des restrictions sur les exportations d'armes. Le récent signal consistant à ne serait-ce qu'envisager de revoir les principes non nucléaires de longue date du Japon est une tentative indéniable d'étendre l'empreinte militaire du pays bien au-delà des restrictions imposées après la guerre.
En liant cette résurgence militariste à la question de Taiwan, Mme Takaichi manifeste son intention la plus dangereuse : utiliser la question de Taiwan comme prétexte pour justifier la rupture stratégique du Japon. Sa rhétorique provocatrice n'est donc pas seulement un affront à la souveraineté de la Chine, mais un stratagème calculé pour redéfinir l'identité sécuritaire du Japon et normaliser son expansion militaire.
Cette voie est périlleuse. La résurgence du militarisme sous le couvert d'une rhétorique invraisemblable évoquant une "situation menaçant la survie" risque de bouleverser des décennies de paix en Asie de l'Est et de plonger le Japon dans des conflits de sa propre fabrication.
Le Japon doit résister à ces pulsions dangereuses. Laisser des fantasmes militaristes dicter sa politique est une recette infaillible pour semer l'instabilité régionale et se retournerait en fin de compte contre lui.








