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L'Iran ne se pliera pas aux exigences "illégales" de l'Occident, selon un diplomate de haut rang (INTERVIEW)

Par : 张平平 |  Mots clés : Iran-nucléaire-E3-INTERVIEW
French.china.org.cn | Mis à jour le 04-09-2025
Agence de presse Xinhua | 04. 09. 2025

L'Iran ne cédera pas aux demandes "illégales" de l'Occident, y compris certains Etats européens, visant à priver le pays de ses droits nucléaires "inaliénables", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

"Tant que nous sommes membres du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), nous devrions pouvoir jouir de nos droits", a-t-il indiqué dans une interview exclusive à Xinhua, en référence au droit de tous les signataires du TNP de développer et d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques. "L'Iran ne va pas céder à leurs demandes illégales."

Il a tenu ces propos après que la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, connus sous le nom de E3, ont annoncé le 28 août avoir notifié au Conseil de sécurité des Nations Unies leur décision de déclencher le mécanisme de "snapback", qui lance un processus de 30 jours pour rétablir les sanctions précédemment levées de l'ONU contre l'Iran.

L'E3 a soutenu que sa décision de déclencher ce mécanisme était basée sur des "preuves factuelles claires" de la non-exécution par l'Iran de ses engagements au titre de l'accord nucléaire de 2015, connu sous le nom de Plan d'action global commun (JCPOA), y compris son retrait des mesures de surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le refus d'accès à l'AIEA est survenu après qu'Israël a lancé en juin des frappes aériennes majeures contre l'Iran, visant notamment ses sites nucléaires, durant lesquelles les Etats-Unis ont bombardé les installations nucléaires iraniennes sous la supervision de l'AIEA.

L'Iran et l'E3 avaient tenu plusieurs cycles de discussions depuis le conflit de douze jours entre Israël et l'Iran, qui avait déraillé les pourparlers nucléaires indirects entre Téhéran et Washington commencés en avril. Pourtant, l'E3 exigeait que l'Iran reprenne les pourparlers avec les Etats-Unis et accorde l'accès aux inspecteurs de l'AIEA en échange d'un report du retour rapide des sanctions, ce que Téhéran a jugé "plein de préconditions irréalistes".

M. Baghaï a soutenu que depuis le retrait des Etats-Unis du JCPOA en 2018 et le rétablissement des sanctions, l'E3 n'a pas rempli ses obligations et n'a donc aucune base juridique pour déclencher les mécanismes de règlement des différends.

"De notre point de vue, les trois pays européens agissent simplement sur instruction des Etats-Unis", a-t-il jugé, ajoutant que la réintroduction des sanctions violait le JCPOA et la résolution 2231 du Conseil de sécurité.

En vertu du mécanisme de "snapback", les sanctions sont rétablies après 30 jours, sauf si elles sont bloquées par une résolution du Conseil de sécurité, ce qui nécessite neuf voix et aucun veto des membres permanents.

Il a ajouté que l'Iran avait engagé un processus diplomatique avec les Etats-Unis sur son programme nucléaire et la levée des sanctions américaines, et qu'il y était engagé et agissait de bonne foi lorsque le principal allié des Etats-Unis, Israël, a attaqué l'Iran.

Les Etats-Unis ont également rejoint Israël pour attaquer les installations nucléaires pacifiques de l'Iran, a dénoncé M. Baghaï, accusant les Américains de trahir la diplomatie en utilisant une "force illégale" contre l'Iran.

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Source: Agence de presse Xinhua
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