Les Houthis du Yémen promettent des représailles après la mort du chef de leur gouvernement dans une frappe aérienne israélienne (SYNTHESE)
Des hauts dirigeants du groupe des Houthis du Yémen ont promis samedi de riposter contre Israël après que le groupe a confirmé plus tôt dans la journée que Ahmed Al-Rahawi, le Premier ministre du gouvernement qu'ils soutiennent, ainsi que plusieurs autres ministres, ont été tués jeudi à Sanaa dans des frappes aériennes israéliennes.
Plus tôt dans la journée, le groupe a reconnu dans un communiqué que les responsables ont été atteints lors d'un atelier examinant les activités du gouvernement au cours de l'année passée, ajoutant que plusieurs autres ministres ont été blessés et sont encore à l'hôpital.
Le communiqué n'a toutefois pas précisé combien de ministres ont été tués.
Parallèlement, la chaîne de télévision al-Masirah TV, dirigée par les Houthis, a annoncé que Mohammed Miftah, le vice-Premier ministre du groupe, a été nommé pour diriger un gouvernement intérimaire à Sanaa.
Après la confirmation de la mort des hauts responsables du groupe, Mahdi al-Mashat, chef du Conseil politique suprême, le plus grand organisme gouvernemental des Houthis à Sanaa, a averti dans un discours diffusé par Al-Masirah TV qu'"Israël devrait s'attendre à des jours sombres".
Selon l'agence de presse Saba dirigée par les Houthis, Mohammed Nasser al-Atifi, le ministre de la Défense houthi, a assuré que les forces "étaient prêtes à tous les niveaux à affronter" Israël, tandis que Mohammed Abdulkarim al-Gumari, le chef militaire des Houthis, a affirmé que "l'agression israélienne sur des sites civils ne restera pas sans châtiment".
Le groupe avait initialement démenti que les frappes aériennes israéliennes de jeudi aient causé des pertes, malgré des informations faisant déjà état de la mort d'Ahmed al-Rahawi.
De son côté, l'Etat hébreu a déclaré que son armée de l'air a effectué une "opération importante" ciblant une réunion du gouvernement houthi à Sanaa tandis que ses membres regardaient un discours d'Abdulmalik al-Houthi, le chef du groupe, sur la guerre à Gaza. Selon une source houthie, des avions de guerre israéliens ont lancé 10 frappes aériennes sur un immeuble du sud de Sanaa où la réunion se tenait.
Samedi, l'Iran, qui est supposé avoir des liens étroits avec les Houthis, a fermement condamné les récentes frappes aériennes israéliennes contre le groupe.
Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du nord du Yémen, ont mené des attaques de drones et de missiles contre Israël depuis novembre 2023 dans ce qu'ils décrivent comme une manifestation de solidarité avec les Palestiniens dans la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza. La plupart des projectiles ont été interceptés par la défense aérienne de l'Etat hébreu.
Tsahal a répondu avec des frappes sur des zones tenues par les Houthis, ciblant les aéroports, les centrales électriques et les ports de Sanaa et de la ville portuaire sur la mer Rouge de Hodeidah. Les frappes aériennes de jeudi auraient porté les coups les plus durs au groupe.
Les Houthis se sont emparés de Sanaa en 2014, forçant le gouvernement yéménite internationalement reconnu à s'enfuir en exil vers Aden. Depuis lors, le groupe a pris le contrôle d'une grande partie du nord du Yémen, notamment Sanaa et Hodeidah, et a établi un gouvernement non reconnu dans la capitale.








