share

Droits de douane américains : confusion mondiale et quête de résilience (PAPIER D'ANGLE)

Par : 王文晔 |  Mots clés : droits de douane,USA,Europe,Afrique
French.china.org.cn | Mis à jour le 27-08-2025
Agence de presse Xinhua | 27. 08. 2025

Les hausses tarifaires proposées par les Etats-Unis entraîneront une augmentation des coûts, une baisse des bénéfices et une perturbation des chaînes d'approvisionnement. Voilà les inquiétudes croissantes des exposants présents aux récents salons de la mode à Las Vegas.

"Tout le monde s'inquiète de ce qui va se passer", a affirmé à Xinhua Christine Loule, vice-présidente des ventes et du merchandising chez Tribal Fashion, une marque montréalaise de prêt-à-porter.

"Nous espérons que le gouvernement parviendra à un accord sur les droits de douane", a souhaité Sami Saadia, PDG de Kids World of USA. "Ce sont les clients qui supporteront la hausse des coûts".

Des opinions similaires ont été exprimées ailleurs dans le monde : les partenaires de Washington, sous pression, ont fait part de leurs préoccupations à ce sujet, dans divers secteurs.


DES COLIS EUROPEENS EN SUSPENS


Le weekend dernier, de nombreux opérateurs postaux européens ont suspendu la plupart des envois de colis vers les Etats-Unis, citant l'incertitude, la confusion et la hausse des coûts liés aux prochaines réglementations douanières américaines sur les importations de faible valeur.

Cette décision fait suite à un décret signé par le président américain Donald Trump le mois dernier, qui s'apprête à abolir la règle ancienne dite "de minimis" qui permettait d'importer sans avoir à s'acquitter de droits des marchandises de faible valeur jusqu'à un prix pouvant atteindre 800 dollars. Dans le cadre des nouvelles dispositions, qui entreront en vigueur à compter du 29 août, tous les articles importés seront désormais soumis à une autorisation douanière et à des droits de douane.

La suspension fait déjà sentir ses effets dans les réseaux de vente au détail et de logistique en ligne. "En raison de la fin de la loi américaine 'de minimis', je ne pense pas pouvoir envoyer de colis aux Etats-Unis", a écrit récemment Shed Maid, une fabricante de bijoux basée au Royaume-Uni, sur son compte Tiktok.

Ce n'est pas le seul secteur à être touché. Selon l'Union européenne (UE), l'automobile ainsi que les vins et spiritueux, deux marques européennes, ont également été ciblés par les droits de douane américains qui passent à 15%.

Après l'annonce de l'accord entre l'UE et les Etats-Unis, fin juillet, la directrice générale du lobby européen des constructeurs automobiles (ACEA), Sigrid de Vries, avait ainsi pointé du doigt "l'effet négatif pour le secteur" des droits de douane à 15%.

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) français a quant à elle fait part de son "immense déception", prédisant de "grosses difficultés" pour la filière, qui n'a pas réussi à obtenir d'exemption, selon l'AFP.


L'AFRIQUE EN QUETE DE RESILIENCE


Le 31 juillet, la Maison Blanche a annoncé l'imposition de nouveaux taux de droits de douane aux produits exportés vers les Etats-Unis par 69 partenaires commerciaux. La plupart des économies africaines sont désormais soumises à des droits de douane de 15%, tandis que l'Afrique du Sud et d'autres pays font face à des droits allant jusqu'à 30%.

S'exprimant dans des médias locaux en juillet, Lesetja Kganyago, gouverneur de la banque centrale sud-africaine, avait prévu que l'agriculture serait durement touchée. "L'impact se fait sentir sur les agrumes, les raisins de table et les vins".

"Les récentes mesures tarifaires prises par les Etats-Unis à l'encontre des produits africains ont mis en évidence la nécessité de diversifier nos marchés d'exportation", a souligné néanmoins le président sud-africain Cyril Ramaphosa jeudi dernier lors d'un événement international.

La nouvelle politique tarifaire américaine a radicalement transformé le cadre de la Loi sur la croissance et l'opportunité de l'Afrique (Africa Growth and Opportunity Act, AGOA), en vigueur depuis 25 ans, en le faisant passer d'un mécanisme de préférences fondé sur la coopération en matière de développement à un système de commerce réciproque et de droits de douane punitifs.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est en train de devenir un important tampon contre les fluctuations des marchés extérieurs. Selon le rapport de la Banque africaine d'import-export, en 2024, le volume des échanges commerciaux de marchandises en Afrique a rebondi de 13,9% ; le commerce intra-africain a augmenté de 12,4%, totalisant 220,3 milliards de dollars, témoignant d'une forte reprise.

En plus des échanges intra-africains, ceux entre le continent et ses autres partenaires, notamment le Sud global et l'Europe, demeurent dynamiques. En 2024, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique a atteint 295,6 milliards de dollars, marquant un nouveau record pour la quatrième année consécutive. Et le commerce entre l'Europe et l'Afrique représentait 34,3% du commerce mondial africain, avec un volume stable.

Chloé Maluleke, experte sud-africaine des questions liées aux BRICS, a souligné : "La vraie résilience provient de l'intégration, de la production et de la prise de décisions autonomes." L'Afrique démontre par ses actions qu'elle est capable de gagner une position plus favorable dans le nouvel ordre commercial mondial grâce à l'intégration et à la diversification de ses marchés.

Suivez China.org.cn sur Twitter et Facebook pour rejoindre la conversation.
Source: Agence de presse Xinhua
Retournez en haut de la page