Le MAE néerlandais démissionne après le blocage de mesures contre Israël concernant Gaza
Caspar Veldkamp, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, a démissionné vendredi, affirmant qu'il n'était pas en capacité de faire passer des mesures plus strictes contre Israël concernant la ville de Gaza et la Cisjordanie en raison de l'opposition des autres ministres.
Il a annoncé sa décision à La Haye à la suite d'une réunion du Conseil des ministres.
"Je vois que je ne peux pas prendre de mesures supplémentaires suffisamment significatives pour accentuer la pression sur Israël", a-t-il déclaré aux journalistes.
Il a ajouté que même si les Pays-Bas n'avaient "aucune raison d'avoir honte", il a rencontré une opposition persistante au sein du gouvernement contre son souhait de faire adopter des mesures plus strictes concernant la ville de Gaza et la Cisjordanie.
Membre du parti Nouveau Contrat Social (NSC), M. Veldkamp avait été critiqué après avoir proposé une éventuelle interdiction commerciale des produits des colonies israéliennes dans une lettre au Parlement.
Cette décision n'avait toutefois pas été coordonnée avec ses collègues ministres et a rencontré la résistance de partenaires de la coalition, notamment le Parti populaire pour la Liberté et la Démocratie (VVD) et le Mouvement des Agriculteurs-Citoyens (BBB).
Au cours du débat parlementaire de jeudi, les partis d'opposition de gauche ont en revanche fait valoir que le gouvernement n'en faisait pas suffisamment. Le Parti Socialiste (SP), soutenu par le Parti pour les Animaux (PvdD) et le parti migrant Denk, a ainsi déposé une motion de défiance contre le ministre, mais sa démission a rendu celle-ci inutile.
Précédemment, M. Veldkamp avait déclaré fin juillet deux ministres du gouvernement israélien personæ non gratæ et ordonné leur inclusion dans le système d'information Schengen en tant qu'individus indésirables, citant leur "incitation répétée à la violence des colons contre la population palestinienne..."
Le départ du ministre néerlandais des Affaires étrangères fait peser une incertitude supplémentaire sur le gouvernement néerlandais déjà fragile et qui détient le statut de gouvernement intérimaire depuis le 3 juin, lorsque le Parti pour la Liberté (PVV), une formation d'extrême droite, a quitté la coalition pour des désaccords sur la politique d'asile. De nouvelles élections sont prévues pour le 29 octobre, et nul ne sait pour l'heure si le NSC continuera de soutenir l'administration actuelle après la démission de l'un de ses principaux ministres.








