share

L'Europe souhaite accueillir des chercheurs reconnus repoussés par l'instabilité académique américaine

Par : 王文晔 |  Mots clés : instabilité académique américaine,chercheurs,accueillir,propre éducation supérieure,expulsion début mars,difficulté actuellement basés,coupes budgétaires importantes,cambridge tente également,ministre français chargé,contexte déjà tendu,chercheurs américains,france,interrogent déjà,chercheur français,a réaffirmé,unis
French.china.org.cn | Mis à jour le 27-03-2025
Agence de presse Xinhua | 27. 03. 2025

Après le refus d'entrée suivi de l'expulsion début mars par les Etats-Unis d'un chercheur français, accusé d'être en possession "d'informations confidentielles", le ministre français chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, a réaffirmé sa défense de la liberté d'opinion, de la recherche libre et des libertés académiques, ce qui rappelle la volonté française d'accueillir "un certain nombre de chercheurs américains reconnus" qui "s'interrogent déjà sur leur avenir aux Etats-Unis".

Dans un contexte déjà tendu entre la communauté scientifique et l'administration Trump, qui procède à des coupes budgétaires importantes et impose de la censure sur certains projets de recherche financés par le gouvernement fédéral, la France, ensemble avec de nombreux pays de l'ancien Continent, ne cachent pas l'intention d'en profiter, afin de faire prospérer leur propre éducation supérieure et d'inverser la tendance historique de la "fuite des cerveaux" vers les Etats-Unis.

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de France a indiqué sur son site officiel être en lien avec ses nombreux partenaires aux Etats-Unis pour les soutenir et les accompagner dans la période difficile qu'ils traversent. Au Royaume-Uni, l'Université de Cambridge tente également d'attirer des chercheurs américains dans des domaines tels que la bio-pharmacie et l'intelligence artificielle.

En outre, dans le cadre du programme intitulé "Safe place for science" ("un espace sûr pour la science"), l'Université d'Aix-Marseille prévoit un budget pouvant atteindre 15 millions d'euros, en partenariat avec des institutions locales, afin d'accueillir une quinzaine de chercheurs américains. Le programme a déjà reçu plus de cinquante candidatures. La Fondation Arc, dédiée à la recherche sur le cancer, a débloqué 3,5 millions d'euros "pour offrir aux chercheurs en difficulté actuellement basés aux Etats-Unis, l'opportunité de poursuivre leurs travaux en France".

Selon l'AFP, l'école d'ingénieurs CentraleSupélec lancera également un programme pour accueillir des chercheurs basés aux Etats-Unis et financer des travaux qui ne pourraient plus y être menés en raison de la politique de l'administration Trump. De son côté, l'Université Paris Sciences & Lettres (PSL) accueillera plus de 30 chercheurs américains confrontés à des difficultés de financement de leurs recherches, selon le quotidien La Tribune.

D'après un sondage mené en mars 2024 par l'Université Monmouth, 34% des Américains envisagent de déménager hors du pays. Les données du Pew Research Center montrent en 2023 que 65% des personnes interrogées se disent épuisées par la politique. Ce climat politique et social de plus en plus fâcheux, combiné aux difficultés du milieu académique, pousse les chercheurs à essayer de retrouver un environnement plus stable.

L'Institut Pasteur, basé à Paris, a indiqué recevoir "quotidiennement des demandes" de postes de la part de scientifiques français ou européens aujourd'hui outre-Atlantiques, "ou même d'Américains", selon sa directrice générale Yasmine Belkaïd, qualifiant le phénomène de "triste opportunité" pour la recherche française. Un porte-parole de l'Université de Barcelone, en Espagne, a déclaré au magazine Science que l'université avait reçu cette année un grand nombre de demandes en provenance des Etats-Unis, principalement de la part de chercheurs souhaitant retourner en Europe.

Johanna Joyce, oncologue à l'Université de Lausanne (Suisse) et présidente élue de l'Association européenne pour la recherche sur le cancer, a déclaré que le nombre de candidatures spontanées en provenance de chercheurs américains pour son laboratoire avait quintuplé depuis le mois de janvier de cette année. Cela suggère que "l'avenir de nombreux scientifiques aux Etats-Unis et dans le monde est rapidement devenu très incertain".

Suivez China.org.cn sur Twitter et Facebook pour rejoindre la conversation.
Source: Agence de presse Xinhua
Retournez en haut de la page